ARTHIK
binct du comte , et quelques objets de peu de valeur, que je priai le curé d'accepter; car^ selon la volonté du comte , qu'on trouva consignée dans son testament, à l'exceplion de tous les portraits qui furent brûlés, le prix de la maison et de ses dépendances devait appartenir à la commune de *** et être employé à secourir les pauvres.
Je quittai ce village, bien préoccupé de ce récit ; j'avais envoyé chez moi le meuble de marqueterie que j'avais acheté à ***.
Un jour que je l'examinais avec une triste curiosité, J'y découvris un double fond; dans ce seciet, je trouvai un assez volumineux manuscrit : c'était le journal du comte...
Ces fragments m'ont paru remarquables par leur esprit d'analyse et par une succession d'aventures d'une donnée fort simple, fort naturelle , et digne peut-être d'intérêt et d'étude , en cela qu'elles retracent des faits communs à la vie de presque tous les hommes.
Ce sont ces fragments qui vont suivre et
que je donne clans toute la naïveté de l'étrange scepticisme qu'ils dévoilent.
Ces sortes de mémoires embrassent une période de douze années.
Bien qu'ils racontent la vie de cet inconnu depuis l'âge de vingt ans, et qu'ils semblent par la date se continuer jusqu'au jour qui précéda sa fin , on voit par une note que le récit des sept premières années fut écrit par le comte , seulement environ cinq ans avant sa mort , tandis que les cinq dernières années sont au contraire écrites comme un journal, presque jour par jour, et selon les événements.
L'écriture de ce journal était fine, correcte, souvent courante et hâtée, comme si la main et la pensée eussent été souvent emportées par l'entraînement des souvenirs. D'autres fois elle était pour ainsi dire calme et acérée, comme si une main de fer l'eût tracée. Sur les marges de ce manuscrit on voyait une infinité de portraits , de silhouettes, esquissés à la plume, avec autant de faci-
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lité que de grâce et qui devaient être d'une ressemblance frappante; enfin, intercalées dans le récit, on trouve çà et là un assez grand nombre de lettres d'écritures différentes qui étaient pour ainsi dire les pièces justificatives de ce singulier manuscrit.