IITHUR, OU SEIZE ANS APRÈS
marie, avec effroi.
y Que dites-vous?
LORD MELVIL
Je dis que c'est une fatale pensée que celle qui vous inspira en venant en Angleterre.
Oh ! pouvez-vous parler ainsi, mon Dieu ! Mais vous ne savez donc pas toutee que j'ai souffert? La douleur a égaré ma raison, j'ai été folle, mylord, oui , folle. J'appelais Arthur à grands cris , je croyais le voir partout, la nuit, le jour. Oh! j'ai été bien malheureuse, allez! et maintenant que je l'ai retrouvé, maintjnant qu'il est près de moi, vous dites que c'est une pensée fatale qui a inspiré la pauvre Marie! Ah! mylord, vous ne comprenez pas le cœur d'une mère, et vous n'avez jamais aimé votre enfant.
LORD MELVIL
Je n'ai jamais aimé mon enfant! mais c'est cet amour qui m'a égaré, qui m'a rendu plus coupable encore envers vous.
marie, doucement.
Oh ! ne parlons plus de vos torts : il y a longtemps que je vous les ai pardonnes.
LORD MELVIL
Et moi , j'ai voulu , pour acquérir quelques droits à ce pardon de la mère, redoubler d'amour pour le fils. Ah! Marie, vous le verrez, demandezlui de quels soins j'ai entouré son enfance, avec , quelle tendresse j'ai veillé sur lui, avec quelle joie je l'ai vu grandir sous mes yeux !
MARIE
Je ne l'ai pas vu, moi !
LORD MELVIL
Comme je le regardais avec ivresse quand il sommeillait dans son berceau ! comme mon cœur battait en contemplant ses traits si doux !
11 est bien beau, n'est-ce pas?
LORD MELVIL
Puis, quand il est devenu un homme, c'est moi qui lui ai mis au cœur tous les nobles sentiment, c'est moi qui l'ai formé à toutes les vertus, il est mon orgueil, mon espoir. Maintenant, Marie, sa vie est la mienne : vivre sans lui, je ne le pourrais pas! Oh! vous voyez bien que je l'aime autant que vous.
MARIE
Eh bienl nous l'aimerons à nous deux, Lionel I Allons, conduisez-moi vers lui, que je l'embrasse, que je le presse contre mon cœur !
lord melvil, la retenant.
Arrêtez.
MARIE
y Je veux le voir.
LORD MELVIL
Au nom du ciel, Marie, ne lui dites pas encore qu'il est votre fils !
MARIE
Ne pas lui dire qu'il est mou fils ! et pourquoi ? |
LORD MELVIL
Pourquoi? mais vous ne voyez pas que c'est la honte que vous appelez sur son front, et que vous exposez la mère à rougir devant son fils ! marie, avec désespoir.
C'est vrai, mon Dieu! Mais que m'importe ce monde qui m'a rejetée de son sein I Lui dois-je donc le sacrifice de toute ma vie? Non, j'ai été trop malheureuse! je veux voir mon fils, je veux le voir.
LORD MELVIL
^ Par pitié pour lui, pour tous trois, attendez.
MARIE
Mais il y a seize années que j'attends.
LORD MELVIL
Je ne vous domande qu'un jour , un seul jour de silence , Marie... le sacrifice ne sera accompli qu'à moitié, car vous me suivrez au château.
MARIE
Avec lui?
LORD MELVIL
Avec lui, vous ne le quitterez pas, vous le verrez à chaque heure, à chaque instant, vous dormirez auprès de lui, et demain...
MARIE
Demain, pas plus tard...
LORD MELVIL
Demain, je vous le jure sur l'honneur, notre sort à tous sera fixé.
MARIE
J'attendrai, mylord.
Brtiit en dehors.
LORD MELVIL
Écoutez, on vient.
On distingue la voix d'Arthur.
MARIE
Cette voixl
LORD MELVIL
C'est la sienne.
marie, avec un cri.
Ah ! enfin.
LORD MELVIL
Songez à ce que vous m'avez promis.
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