SCENE PREMIERE
JÉRÔME DUFLOT, seul, arrivant du fond, sa serviette encore attachée à son cou.
J'ai bien déjeuné, mais fort bien, fort bien déjeuné : un bifteack pour trois, au moins, que j'ai dévoré. Ah! les scélérats, qu'ils font bien ces sortes de choses!
Air : J'ai vit le Parnasse. Aussi de c' peuple maritime, Moi, je ne dirai plus de mal, Et dès ce moment je l'estime, Malgré mon esprit national.
Oui, si désormais je le fronde, Qu'on n' me donne plus que du pain sec ! C'est le plus grand peuple du monde...
Pour le rosbif et le bifteack.
Par exemple, ils voulaient me mettre des pommes de terre autour... merci! ils ne savent pas qu'il y a seize ans que je m'empâte de cet ignoble tubercule. Tous les autres naufragés sont partisses uns en bateaux, à vapeur ou par les chemins de fer, les autres dans la voiture publique qu'ils appellent le Slage-coach, au lieu de dire tout bonnement la diligence Laffitte et Caillard, comme à Paris. Ma cousine et moi, nous sommes restés. Pourquoi ça? est-ce quil y aurait du mystère? est-ce qu'on voudrait nous empêcher de commencer nos recherches? Ce Jobson, qui nous a suivis au château, ne me paraît pas un homme naturel! il me semble que j'ai déjà vu cette tête-là quelque part, et je ne serais pas du tout étonné que ce fût le propriétaire du bouton accusateur. Mais voyez un peu ma cousine qui va se promener dans un pareil moment... la v'iàqui revient, c'est bien heureux, bras dessus bras dessous avec ce beau jeune homme qui l'a sauvée. Elle rit, Dieu me pardonne! est-ce que déjà elle ne penserait plus à son petit? ah ! je le vois bien, il n'y a que moi qui aie véritablement le cœur d'une mère.