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Article Sųcruta

nant pendant qu’on nettoie l’autre. Les premiers bassins de chaque série communiqueront avec les seconds au moyen d’un déversoir de superficie établi sur la crête parfaitement horizontale du mur de séparation. Un semblable déversoir sera établi sur le mur d’aval des seconds bassins. En amont de chaque déversoir et à une distance de 10 centimètres, on placera de champ, sur toute la largeur des bassins, un madrier de 20 centimètres de hauteur, plongeant de moitié dans l’eau, afin d’arrêter les écumes et les corps flottants.

Dans le mur de séparation des bassins de chaque série on établira urie ouverture dont le radier sera à 70 ou 80 centimètres en contre-haut du fond, afin de pouvoir déverser alternativement dans un bassin curé l’eau surnageant le dépôt dans le bassin continu en fonction. Chaque ouverture sera feritfée par une vanne.

Le curage alternatif des bassins se fera aussi fréquemment que le nécessitera leur étal d’envasement ; /

4° L’eau ainsi épurée pourra être déversée directement à la rivière, ou dans un fossé intermédiaire, mais en état de la retenir complètement avec un écoulement facile et rapide, et d’empêcher son déversement sur les chemins.

IL En ce qui concerne les autres eaux résiduaires, il faut, avons-nous dit, s’arranger de façon à pouvoir les déverser en totalité ou en partie sur des surfaces en culture.

Mais, en cas d’impossibilité pour une telle utilisation immédiate, il est indispensable de proscrire tout mélange de ces eaux avec l’eau de lavage des betteraves, l’écoulement des premières vers les cours d’eau ou fossés ne devant jamais être autorisé qu’après un traitement préalable ayant pour objet de les débarrasser de leur cause spéciale d’insalubmté. ,

Lorsqu’on fait passer ces eaux par les bassins de dépôt destinés à l’eau de lavage des betteraves, des dépôts de matières organiques ne tardent pas à se former au fond de ces bassins ; ces dépôts entrent en fermentation au bout de quelques jours, surtout pendant les chaleurs de l’été, et chargent l’eau elle-même de matières organiques solubles. Celles-ci suffiraient pour corrompre les cours d’eau, alors même que les déversoirs des bassins n’y verseraient aucun détritus organique soluble.

Un pareil mélange ne saurait non plus être autorisé après clarification par une précipitation préalable à la chaux. L’expérience a démontré, en effet, que cette précipitation n’est pas complète et que les eaux ainsi clarifiées ne tardent pas à se corrompre.

Ce qu’il faut donc prescrire, c’est la conservation de toutes les eaux, autres que celle provenant du lavage des betteraves, sur le terrain des industriels.

L’eau de lavage des sacs, l’eau de lavage des chaudières à défécation, l’eau de lavage des ateliers, sont les plus chargées de matières organiques et par conséquent les plus dangereuses. Elles seront reçues dans des réservoirs ou bassins, cimentés, curés fréquemment, où on pourra les traiter préalablement par la chaux, avant de les enlever pour les utiliser pour l’agriculture.

L’eau de lavage des noirs sera reçue dans des bassins spéciaux en maçonnerie jusqu’à décantation et de là dans un dernier bassin pour y être saturée par de la chaux, et pourra alors être écoulée hors de la fabrique sans passer par les bassins de dépôt.

Quant aux eaux chaudes de la machine ou de la condensation, elles ne pourront sortir de la fabrique qu’après avoir été refroidies préalablement et réoxy-

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gênées en circulant dans une rigole longue, large et peu profonde, dont le plaf(5U«l,sera parsemé d’obstacles ou chicanes. Alexandre Layet.

SL'CRIF.R de MO\T\(niK... .CLom vulgairr donné, dit-on, aux Antilles

françaises, àl 'Hedwigia balsarrÿfmrtf Sw* 'ÎBmrmccupaham ifcra Pers. — Tetragastris ossea [part.] Gjuwwfy, ou Bois-cochon des créoles. "Cppotulaufqdusieurs auteurs affirrytfrtf que le véritable Bois-cochon de Saint-Domingue est une Clusiacée,' le" Symphonia globulifera L. f., le Hog-gum-lree de Bancroft.

H. Bn.

Sl’ÇRlTA. Le nom de Suçruta, qui a, dans l’iiisloire de la littérature médicale de l’Inde et, on peut le dire aussi, dans l’histoire générale de la littérature de la Péninsule, une véritable renommée, est celui de l’auteur, réel ou supposé, auquel on attribue l’ouvrage considérable intitulé Y Ayurveda. Ainsi que nous l’avons déjà exposé ailleurs, cette expression dont le sens propre est science de la vie, biologie, n’est pas exclusivement appliquée à l’Ayurvéda de Suçruta. L’extension considérable du sens du mot n’était guère compatible avec une restriction aussi étroite de son emploi. L’Ayurvéda, c’est à proprement parler l’ensemble des sciences se rattachant à l’art de guérir, y compris une partie des connaissances auxquelles nous appliquons aujourd’hui la dénomination, assez mal choisie d’ailleurs, de sciences accessoires. L’Ayurvéda comprend l’anatomie, la physiologie, la pathologie médicale et chirurgicale, la toxicologie, la matière médicale, etc. Sous ce rapport, le traité attribué à Suçruta est un traité complet et d’un caractère encyclopédique.

Nous avons fait connaître déjà ( voy . Ayurvéda) que l’Ayurvéda, considéré dans ses rapports avec l’ensemble de la littérature indienne, est rangé au nombre des appendices à la littérature védique, comme un Upavéda, c’est-à-dire un véda secondaire, et à ce titre est annexé à l’Atharvavéda, qui est le quatrième véda, avec trois autres Upavédas, qui sont le Dhanurvéda, ou science de la guerre, le Gândharvavéda, ou science de la musique, et l’Arthaçâstram, ou technologie. C’est donc avec juste raison que Weber, dans son histoire de la littérature indienne, dit que les Indous eux-mêmes ne désignent pas sous ce nom un traité plutôt qu’un autre, comme cela a été plusieurs fois écrit. L’erreur tenait sans doute à cette particularité, que nous retrouverons dans l’histoire bibliographique du Suçruta, que pendant quelque temps son ouvrage a été à peu près le seul connu des orientalistes.

C’est donc sans étonnement que nous rencontrons dans la littérature médicale de l’Inde d’autres ouvrages que celui qui est attribué à Suçruta, portant comme lui le titre d’ Ayurvéda, soit qu’il s’agisse d’œuvres d'importance médiocre, comme l’Ayurvéda Prakâça, attribué à Madhâva, qui n’est qu’un court manuel de pathologie médicale, comme l’Ayurvéda Siddhànta Sambhodhanî, ou exposition des principes de l’art médical, dont le manuscrit indique Kàmeçvara comme le nom de l’auteur, ou même de nulle importance, comme l’Ayurvéda signalé dans les Notices de manuscrits sanscrits publiées par ordre du gouvernement de l’Inde (Notices of scr. mss ., etc., par Bàjendralàla Mitra, t. I, p. 220, n° 390), soit enfin qu’il s’agisse d’œuvres plutôt pseudo-historiques que scientifiques, connue l’Ayurvédâgamana, Révélation de l'Ayurvéda, œuvre unique en son genre, sans doute, qui ne semble connue jusqu’alors que par le seul manuscrit décrit dans les mêmes notices (op. cit., t. II, p. 39, n° 618) et

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consacrée à une histoire quelque peu fabuleuse de la médecine indienne, depuis le jour où Brahma daigna la révéler aux hommes, jusqu’après l’apparition de Dhanvantari et de l’école qu’il fonda à Bénarès ( voy . Dhanvantari).

L’Ayurvéda de Suçruta est aussi désigné parfois sous le nom de Suçrutasamhitâ, de Samhitâ, qui signifie proprement collection, compilation : ce mot correspond ainsi assez exactement au titre fréquemment employé de nos jours d 'œuvres complètes de tel ou tel auteur. Il est donc tout naturel qu’on rencontre dans la littérature médicale de l’Inde d’autres ouvrages indiqués de même, commela Caraka Samhitâ, œuvre de Caraka, l'Atréya Samhitâ, œuvre d’Atréya, etc. Cette expression de Samhitâ est même beaucoup plus fréquemment usitée encore dans la bibliographie littéraire, et surtout védique.

Enfin le nom même de Suçruta, ordinairement attribué à l’auteur, sert aussi couramment pour désigner l’ouvrage lui-même. Nous ferons remarquer, à cette occasion que, dans la bibliographie indienne, les œuvres de toutes sortes sont désignées plus spécialement par les titres des ouvrages, tandis que les noms des auteurs ne passent qu’en seconde ligne. Cela tient à l’incertitude dans laquelle on reste continuellement à l’égard de ces noms. Cette remarque est tout particulièrement exacte pour ce qui touche à la littérature médicale, à tel point qu’il ne serait pas difficile de trouver un même livre attribué à deux ou trois auteurs différents. L’absence absolue d’une chronologie quelconque ajoute à cet inconvénient un degré de gravité exceptionnel.

Les causes de ce fait sont diverses. Cela tient d’abord à ce que, de très-bonne heure, certains ouvrages considérables, comme celui dont nous nous occupons, et qui constituent essentiellement la partie fondamentale de la littérature médicale, ayant été annexés à la littérature védique, et revêtus par là même, comme d’ailleurs l’indique ordinairement le début des livres, d’un certain cachet d'œuvres révélées, ont été considérés comme renfermant les principes incontestables de la science. A l’aide de ces grandes compositions, qui sont les Samhitâs dont il vient d’être question, ont été élaborées de nombreuses compilations, sous formes d’abrégés, de manuels, de commentaires, etc., dont beaucoup sont restées anonymes. Dans d’autres circonstances, ces travaux secondaires, malgré un certain caractère d’originalité, sont attribués non pas à leurs auteurs, mais aux princes ou Râjas qui, désireux d’un certain renom littéraire, ou amis et protecteurs des lettres, les ont patronnés et en ont fait les frais. Tel est le cas d’un intéressant ouvrage, dont les manuscrits sont assez répandus dans l’Inde et en Europe, et qui a été imprimé ou lithographié plusieurs fois, le Madanavinoda, dictionnaire de matière médicale et d’hygiène, composé en 1574, attribué à Madanapâla, patron de l’œuvre, appartenant à la famille des princes Pàla, qui régnèrent dans une petite ville située au nord de Dehli, et à la cour desquels la littérature et la science furent l’objet d’attentions spéciales; ce qui, dans 1 esprit de l’époque, consistait surtout à étudier et à collectionner les anciens traités (voy. Roth. Madanapâla , in Weber, Indische Studien, t. XIV, p. 398-401, et Zeitschr. der deut. morgenlàndisch. Gesellschcift, 1877, t. XXXI, p. 159-160).

Dans d’autres cas encore, des œuvres parfois dépourvues de toute importance, ont été mises sur le compte et au nom de personnages appartenant à la période mythologique, comme si, au moyen âge, on avait publié, sous le nom d’Esculape, des compilations d’anciens auteurs. Tels sont les livres assez nombreux qui portent Te nom de Dhanvantari, sans qu’il soit possible de discerner si quelque membre

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de la caste des médecins, ou Yaidyas, a porté réellement le nom de ce personnage, dont la légende est insérée dans le Mahàbhârata, et remonte plus haut encore.

1. Historique des travaux dont suçruta a été i.’objet; âge, divisions et contenu du livre, a. Travaux d'étude et de critique. Le livre de Suçruta a eu cette bonne fortune d’être connu, et dans une certaine mesure, répandu en Europe avant tous les autres. C’est par lui que la littérature médicale de l’Inde nous a été, à proprement parler, révélée. Le texte en a été imprimé à Calcutta dès 1855-1856; après quoi il se passa bien des années avant qu'aucun autre texte médical pût être étudié autrement que dans les manuscrits. Mais, avant d'être communiquée aux orientalistes, par la voie de la presse, l’œuvre de Suçruta avait été signalée par un homme qui a joué le plus grand rôle dans le développement des études sanscrites, II. -II. Wilson, l’auteur d’un grand dictionnaire sansciit et médecin lui-même, et qui, par deux articles insérés dans le journal anglais Oriental Magazine, de Calcutta, en 1823, donna un aperçu général des connaissances médicales et chirurgicales des Indous. Ces articles firent une grande sensation dans le monde savant. Presque immédiatement reproduits par le Morgenblatt, sous le titre : Ueber die medicinischen und chirurgischen Kenn laisse (1er Uindus im allgemeinen, ils furent de toutes parts l’objet d’une attention spéciale que justifiait surabondamment le nom illustre de leur auteur. (Cfr. Transact. Physical and Medical of tlie Soc. of Calcutta, t. 1; Asiatic Journal, 1825, p. 241 et suiv.).

Avant les premiers travaux de Wilson, on n’était pas en Europe, absolument ignorant de ce qui concernait la médecine de l'Inde. Dès la première moitié du dix-septième siècle, Bonlius, dans son Traité de Medicina Indorum, tant de fois imprimé et dont la première édition est, croyons-nous, celle qui fut publiée à Leyde en 1642, avait donné sur ce sujet d’assez vagues notions. On trouve déjà quelque chose de plus précis dans le travail de J.-E. Grundler, Medicus malabaricus, inséré dans le t. I des Acta de l’Académie des Curieux de la nature. L’auteur avait reçu, dans l’Inde même, de la part d’un brahmane, une sorte d’initiation aux connaissances médicales des Indous, d’après un traité qu’il nomme Wagadasastir, et qui était évidemment, d’après les renseignements donnés sur son contenu, une de ces nombreuses compilations faites, à l’aide des livres réputés classiques, et analogues à ces élucubrations dont Hippocrate et Galien ont fourni le sujet pendant une série de siècles. On y reconnaît aisément la théorie humorale, dont nous aurons à nous occuper plus loin, et qui fait le fond des doctrines de Suçruta, de Caraka, de Vagbhata, etc. Nous y signalerons un court passage sur les signes pronostiques à tirer des circonstances extérieures, de l'attitude du malade, des rencontres faites en chemin, etc., qui semble extrait d’un chapitre de l’Ayurvéda de Suçruta, ou de quelque résumé de cet ouvrage, depuis longtemps invoqué comme autorité. Le Spicileyium ubservationum de Indorum morbis et medicina, de J. -II. Iurstenau et J.-Ph. Paxmann, publié en 1755, ne contient rien de plus au point de vue historique, mais d’intéressantes notions sur quelques points de la géographie des maladies dans l’Inde, tandis que le travail d’érudition, inséré au tome XIII de la liibliotlicca grccca du vieil érudit Fabricius, sous le titre Elenclius medicina: veterum (llambg., 1746), nous fournira, au point de vue même de notre auteur, quelques notions utiles. H faut ensuite arriver presque jusqu’au livre du docteur lleyne : Tracts Ilistorical and Statistical on India, etc., publié à Londres

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en 1814, pour trouver de nouveaux renseignements sur la science médicale propre aux Indous. Comme Grundler, il expose la théorie des trois humeurs, d’après les brahmanes, avec lesquels il a été en relation, puis donne l’analyse et la traduction partielle d’un Kalpaslhâna, ou traité de toxicologie. Cette partie de la science médicale a, de tous temps, été l’objet d'une attention spéciale de la part des savants indigènes, comme elle le lut aussi de la part des Arabes. C’est un sujet qui sera traité plus loin.

Déjà pourtant, en 181 1, Ward, dans son ouvrage justement renommé, qui a eu récemment, en 1865, une cinquième édition : A Wiew of the History, Literature and Mythology of the Hindoos, etc., et qui avait été primitivement imprimé à Serampoore, sous un titre un peu différent : Account of the History, etc., consacre de nombreuses pages à la science médicale indigène. On trouve dans son livre une liste des ouvrages dont il avait pu avoir connaissance ; elle ne comprend guère que des œuvres de date récente, presque toutes connues aujourd'hui sommairement par les manuscrits et par les catalogues et notices descriptives qui en font mention. L’auteur donne des détails sur l’état de la médecine, la caste des médecins, leurs mœurs professionnelles, etc., ainsi que des fragments de traductions des auteurs cités.

Mais les deux mémoires de Wilson que nous avons indiqués plus haut, ainsi que quelques publications du même auteur, sur la connaissance que les Indous eurent de la lèpre, sur leur mode de traitement du choléra, des maladies de la rate, etc., vinrent donner aux études une direction nouvelle. En faisant connaître le contenu sommaire des œuvres considérables de Caraka, de Suçruta et tout particulièrement de ce dernier, dont il donne une notice importante, il détourna l’attention des compilations et des abrégés de date récente, écrits souvent dans des dialectes modernes, pour l’attirer vers les œuvres réellement classiques. C’est à ce mouvement que se rattachent les travaux contemporains, comme ceux de Richmond sur l’oculistique des Indous, la dissertation deHessler sur les connaissances médicales de l’Inde antique, etc. 11 faut signaler aussi, comme coïncidence heureuse, la publication du livre très-important d’Ainslie, Materia indica, etc., qui, avec une autorité et un développement qui manquaient aux travaux analogues à celui de Flcmmings, A Catalogue of Indian Médicinal Plants and Drugs, etc., mettait aux mains des travailleurs une synonymie étendue, précieuse, malgré des incorrections incontestables, s’étendant non-seulement aux plantes et à la matière médicale, mais aux maladies elles-mêmes. Ces notions nouvelles furent utilisées pour les publications bibliographiques d’Adelung; elles trouvèrent tout naturellement place dans les travaux historiques de Bohlen et un peu plus tard de Benfey (art. Indien de l’Encyclopédie d’Ersch et Gruber), dans les Analecta medica de Dietz; on leur dut le petit travail de llenschel sur la littérature médicale de l’Inde antique, etc.

C’est à la suite de ces travaux, en grande partie inspirés par la connaissance sommaire qu’on avait déjà de lui, que parut le Suçruta. Il fut imprimé à Calcutta en 1835 et 1856; les exemplaires s’en répandirent lentement en Europe; néanmoins diverses parties de l’important ouvrage de Royle, An Essay on the Antiquity of Hindoo Medicine, paru en 1857, sont rédigées d’après le Suçruta; ce livre renferme même la traduction littérale de quelques courts passages. Cet ouvrage fut traduit en allemand par Wallach en 1839. La traduction est annotée et précédée d’une introduction, par Heusinger, auteur de divers articles sur le même sujet, publiés à peu près au même moment. Ils avaient été

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précédés par l’intéressant mémoire de Cilelin (de Saint-Pétersbourg), Ueber Suçruta , inséré dans la Fricke und Oppenheim s Zeitschrift. Ce lut presque immédiatement que le docteur llessler entreprit sa traduction de l’Ayurvéda, dont le premier volume parut en 1844 et qui fut terminée en 1850. A la suite de cette traduction, il publia plusieurs fascicules de commentaires. Malheureusement ce travail, qui a dû coûter à son auteur une somme considérable de peines, est extrêmement défectueux. Il fut fait, semble-t-il, à l’aide du texte seul, sans le secours d’aucun commentaire indigène; ceux-ci, à cette époque, il faut bien le dire, eussent pu très-difficilement être mis à la disposition du traducteur. Ces commentaires ne se trouvent encore aujourd’hui qu’à l’état de manuscrits dans quelques bibliothèques d’Europe ; plusieurs d’entre eux ne s’appliquent qu'à une faible portion de l’ouvrage. L’insuffisance absolue de cette traduction est un fait extrêmement regrettable, d’autant plus que, comme leremarque avec grande raison l'illustre Weber (Indische Streifen , t. II, p. 87 sqq), elle eût pu être évitée dans une certaine mesure, si l'auteur avait eu le soin, avant de publier son travail, de le soumettre au contrôle et à l’examen bienveillant, qui ne lui eut pas été refusé, de quelque orientaliste rompu aux difficultés sans nombre inhérentes à ce genre d’études, ou même s’il avait pris le soin d'utiliser sérieusement les travaux antérieurs et tout spécialement le livre de Wise : Commenlanj on the ÎI in du System of Medicine, qui parut en 1845, après l'impression du premier volume, et qui était à la disposition de tous depuis dix ans, lorsque llessler fit imprimer son deuxième fascicule de commentaires. Ajoutons enfin que la suite annoncée des commentaires n’a pas paru, non plus que la table analytique dont l’ouvrage est absolument dépourvu; il ne s’y trouve pas même une table des chapitres, et l'auteur s’est dispensé de traduire celle qui est contenue dans le livre même, t. I, c. ni.

En résumé, après la publication du travail de llessler, et en dépit de toute la peine que l’auteur s’est imposée, la traduction du Suçruta restait à faire. En 1877, à Bombay, a paru le premier fascicule d'une publication considérable, entreprise par un pandit instruit, Anna Moreshvar Kunte, professeur d’anatomie au Grant medical College de Bombay, sous le titre de Furârainavaulyakagranthasangraha. .4 Collection of Sanscrit Medical Works. Charaka editedand Suçruta translated. Cette publication doit avoir pour résultat, comme l’indique le titre même, de mettre au jour simultanément, par fragments, le texte du livre de Caraka, dont l'édition avec commentaires, commencée à Calcutta en 1808, marche avec une extrême lenteur, et une traduction du Suçruta faite à l’aide des commentaires indigènes. Cette traduction a reçu tout d'abord les éloges des orientalistes les plus estimés, mais, comme c'est trop souvent le cas pour les publications qui sont entreprises dans l'Inde, l’impression semble en être momentanément suspendue, ou du moins les fascicules ne parviennent pas en Europe, et nous ne possédons que neuf livraisons renfermant seulement les premiers chapitres de la première section. Si nous signalons encore l'intéressant mémoire de Wullcrs sur l’art des accouchements dans l’Inde antique, publié en 1846 dans le lanus , et contenant logiquement coordonnés et en grande partie traduits textuellement quatre chapitres empruntés à diverses sections du Suçruta, ainsi que les citations disséminées dans le livre de Wise, mais avec des indications bibliographiques trop souvent insuffisantes, comme le remarque avec justesse llœser, le savant historien de la médecine (Lelirb. d. Gesch. der Medicin, t. I, p. 16, 5e édition), nous aurons indiqué à peu près complètement

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toutes les sources à l’aide desquelles ou peut aujourd’hui, entrer en relation immédiate avec le contenu de l’Ayurvéda.

b. De l'âye de Suçruta. C’est un fait bien connu de tous les orientalistes et des historiens que l’Inde ne nous a pas laissé, malgré la vaste étendue de sa littérature, un seul document d’histoire proprement dite, au sens où ce mot est entendu en Occident. Aujourd’hui encore les sources les plus importantes pour l’histoire du pays pendant la période brahmanique sont le Mahâbhârata et le Ramayana, deux immenses poèmes épiques. C’est comme si un historien de nos jours ne disposait pour entreprendre de faire l’histoire de France du moyen âge que des romans de chevalerie et des chansons de geste.

Un inconvénient plus grave encore résulte de l’absence complète de toute chronologie, non-seulement dans la série des événements de l’histoire générale, mais également dans tous les faits de la tradition littéraire et scientifique. Souvent même, lorsqu’on étudie quelque livre de l’Inde, on est tenté de se demander si l’auteur n’a pas intentionnellement voulu dérouter toute espèce d’investigation concernant son origine. Il y a là un fait de psychologie ethnographique tout à fait caractéristique. Il en résulte que la véritable date d’un manuscrit, c’est réellement celle de l’année où l’exemplaire que l’on a en mains a été transcrit; cette date se rencontre fréquemment à la fin des livres.

Enfin, le caractère anonyme de beaucoup d’ouvrages, l’attribution aux principaux d’entre eux d’une origine révélée, ainsi que les causes que nous venons d’indiquer, ont fait que la compilation banale s’est exercée, dans ces dernières périodes surtout, sans aucun frein et sans aucun scrupule, et a donné lieu à la production d’œuvres sans nombre et sans noms, dont le classement ne sera pas possible de longtemps.

Il résulte de tout cela, dans l’appréciation des dates auxquelles doivent être reportés certains ouvrages, des difficultés énormes qui se traduisent par les plus grandes dissidences, lesquelles sont souvent encore aggravées par les travaux de remaniements, à cause des nombreuses interpolations dont les livres sont surchargés et qui font varier dans les plus sérieuses proportions les divers exemplaires d’un même ouvrage.

Il va de soi que les textes médicaux, étudiés au point de vue de leur âge, ne sont pas plus que les autres exempts de ces causes d’embarras. Cela est tout particulièrement exact pour l’Ayurvéda de Suçruta. Les opinions les plus diverses ont été émises à son sujet, mais ce ne sera pas sans quelque surprise que le lecteur apprendra qu’un intervalle de plus de deux mille ans est nécessaire pour contenir les dates des appréciations extrêmes. Ce qui serait vrai de ce ilivre le serait nécessairement aussi des autres grandes Samhitâs comme celles de Caraka, de Vagbhata, etc. En réalité, c’est l’histoire médicale de l’Inde antique tout entière qui est en jeu dans ces discussions; c’est pour ce motif que nous nous y arrêterons un instant. Nous laisserons de côté, pour le moment, toute la question des interpolations, des retouches, des additions, etc., c’est-àdire de la contexture même du livre.

Lorsque parurent les premiers travaux de Wilson sur la médecine indienne, il régnait généralement, au sujet de la prodigieuse antiquité de la littérature de cette vaste contrée, des idées qui ne trouveraient plus aujourd’hui de défenseurs. La littérature des Védas est restée, comme le dit Weber, la plus ancienne parmi celles dont nous possédons des documents écrits, à l’exception sans doute des monuments et des papyrus égyptiens, et des documents assyriens récemment

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découverts; mais son antiquité est moins haute qu’on ne l’avait cru pendant quelque temps, et à plus forte raison cela est-il vrai de la littérature brahmanique, à laquelle appartiennent les anciens textes médicaux restés classiques.

Le plus ardent partisan de l'ancienneté du Suçruta est incontestablement son traducteur, le docteur llessler. Il a exposé et défendu son opiniou dans le premier fascicule de ses Commentarii in A yurvedam; il est revenu sur le même sujet dans la préface du deuxième fascicule. Sa conclusion est que l'époque de Suçruta coïncide avec le dixième siècle avant notre ère. Nous n’examinerons pas, un à un, tous ses arguments, mais nous les passerons sommairement en revue, d’abord à cause de la parfaite bonne foi de l'auteur, ensuite parce que, à première vue, ils seraient de nature à induire en erreur les personnes étrangères aux choses de l'Inde. Le système du docteur llessler consiste, en résumé, à prendre au pied de la lettre toutes les indications fournies par le texte lui-même. Il les accepte avec une naïveté et une sincérité qui rendraient jaloux le brahmane le plus étroitement orthodoxe. Ainsi, Suçruta est appelé, dans divers passages, le fils de Viçvâmitra. Celui-ci appartient aux temps védiques; sou nom est consigné dans Y Anukramani ou index du Itig-Véda : donc Suçruta est le contemporain de la rédaction des hymnes du Rig-Veda attribués à son père Viçvâmitra. D’autre part, Suçruta est dit le disciple de Dhanvantari, dont le nom remonte au delà des temps des grandes épopées : Suçruta doit forcément appartenir à la même époque. 11 sullit de se rappeler les motifs qui (ont de Dhanvantari un personnage à tous les points de vue légendaire ( voy . Dhanvantari) pour comprendre combien est puérile une telle assertion. L’Ayurvéda, dit encore llessler, fait partie intégrante de l'Atharvavéda, qui est le quatrième véda, à titre d'annexe (Upanga) : or, dans le Mahàbhàrata, il est question des quatre védas, avec leurs angas et leurs upangas, ce qui fait remonter l’Ayurvéda, comme œuvre parfaite, au moins à l’époque où fut composée la grande épopée indienne. Et d'aliord, rien n’établit l’âge où fut composé l’épisode de Nala, où se trouve le passage cité, il est en tous cas beaucoup moins ancien que ne le croyait llessler, ensuite il s’agit ici de l’Ayurvéda, au sens abstrait du mot, h science medicale, puis enfin, rien n’indique que l’Ayurvéda soit un des upangas auxquels le passage cité fait allusion. Nous ne voulons pas nous arrêter plus longtemps à des arguments qui n’en sont réellement pas, aux yeux des orientalistes.

Ajoutons seulement un mot sur le parallèle que llessler établit entre Caraka et Suçruta, pour démontrer la priorité du dernier. C'est un fait réellement curieux que les deux plus grandes et les deux plus célèbres Samhitàs médicales, celle de Caraka et celle de Suçruta, ne se citent pas réciproquement. Mais, dit le docteur llessler, Caraka parle de Dhanvantari : si celui-ci est antérieur à Caraka, il doit en être de même de son élève. Nous venons de voir ce que vaut un tel argument appliqué au nom essentiellement mythologique de Dhanvantari. Nous ferons remarquer enfin que, actuellement, on s’accorde pour regarder le livre de Caraka comme quelque peu antérieur, très-probablement, à l'Ayurvéda de Suçruta. Nous ne nous arrêterons pas aux autres preuves puisées par llessler dans les données fournies par la géographie, la matière médicale, etc. Weber eu a fait spirituellement justice dans un court article de ses Indisclie Strei/’en (t. 11, p. 89-90) . Les illusions de llessler furent partagées par Wullers et, dans une certaine mesure, par l’illustre Lassen, qui donne le sixième siècle avant notre ère comme l’époque probable à laquelle il faut reporteries portions versifiées de l’Ayurvéda, lesquelles à son avis seraient probablement plus récentes que les passages en

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