MADAME MERCIER
Moi ! Mais rof,'ardcz donc votre corset, traîtresse !
Et puis, lo coup porté, elle se souvient i[u"après tout elle est mère, et la voilà qui pardonne à sa fille, se charge des enfants, devient la pensionnaire du môssieu, et plus tard, avec nu sontiincnt d'orgueil malerncl, i|uaii(l la [)v[\[ii balayera de ses jupons brodés les carreaux du taudis de famille , nous la verrons s'écrier :
— A-t-elle fait son clicmiu, c'te petite-là 1
Dans ces conditions , la mère appartient '•videnmient aux numéros -2, :\ ou i-, (•i-(b\ssus désignés.
Heste le n° 1 .
La comtesse ruinée, devenue mère par des malheurs de famille, c'est autre chose. Celle-là nous la fait à la dignité.
C'est une grosse femme , toujours bien mise, accablée de honte, mais de nécessités. Sa fille débutera sous un faux nom. Les Castel-Ramolli ne doivent point sourire. Elle s'appellera Fleur-de-Péché et tout sera dit. On a hésité entre le théâtre et le couvent. La fille préférait le théâtre..., et la mère aussi. On a pris le théâtre. D'ailleurs, quand on sait se tenir, il ne vous arrive jamais de mal.
Dans la catégorie de la comtesse ruinée, nous ferons entrer la mère étrangère. La Russie, l'Allemagne, la Russie principalement, nous en expédient beaucoup. La mère étrangère est la plus digne de toutes. Celle-là reçoit volontiers, et l'on s'amuse chez elle. Elle appelle sa fille Mademoiselle, et elle est censée ignorer ce qu'elle fait.
Les numéros 2, 3 et 4 étant les seuls qui parlent, écoutons un peu ce qu'ils disent :
t.AZOllLLL.Mi:.MS 1)K MKKKS.
[Devant lu porte.) .
— Bonjour, m'me Pichu.
— Bonjour, m'me France. Et vol' lille ?
— M'en parlez pas !
— Qu'y qui a done. Elle a mal tourné?
— Oui.
— Qu'est-ce qu'elle l'ait?
— Elle reste honnête.
— Pauv' ni'ame France !
[Sons le /jurtif/ue.)
— M'ame Chalampin.
— M'ame Copeau.
— Et Titine ?
— Elle me néglij,^' !
— L'ingrate! qui l'avait menée la première chez le comte?
— Toujours moi , parbleu ! N'y a que les mères !
fA la classe)
— Et votre amie, nuidame LifTard?
— Toujours actrice.
— Elle a du talent ?
— J'vous crois. Voilà six mois qu'elle chante aux Délassements et elle a déjà pour dix mille francs de diamants.
(A la sortie)
— Est-ce Dieu possible ! Quoi ! votre adorée a évu un malheur ?
— M'en parlez pas, je m'en ronge les sangs !
— Et qui donc, sans vous offenser, l'a mise dans c't'état, l'pauvre ange ?
— Est-ce qu'elle peut savoir ? Y vient tant de monde dans sa loge !..
SONNET... c'est UN SONNET !
Le lyrisme me dévorant, je me décide pour un sonnet.
Craignant les vives critiques du Parnasse Contemporain, je n'hésite pas une minute à sacrifier le bon sens à la richesse des rimes.
.1 la mère de la petite Chose.
Sous ton tartan huileux, il bat un cœur de mère Aussi j'aime les soins dont tu vas l'entourer, Quand tu la conduiras (vocation amèrel) Sur le tremplin de bois qui la doit illustrer.
J'insiste plus que jamais sur la rime.
Prodigue tes conseils, ô sublime commère ! Que si le malheur veut qu'elle aille s'égarer lille profite au moins fie sa folle chimère, Dont ton expérience aurait di"i la garer.
Jusqu'ici rien à reprendre, n'est-ce pas ?
Tu vas donc immoler, prêtresse opiniâtre. Ta blonde Ijjhigénie au public idolâtre.
D'Hervilly n'aurait pas hésité pour archiâtre au lieu à' idolâtre; Albert Mérat non plus, Je n'ai pas ose !
Tu souffres, n'est-ce pas, et je te sais un pleur !
C'est ce second tercet !
Mais le grand art, vois-tu, voulait ce sacrifice. Les élus suivent seuls la route séductrice...
J'avais inspiratrice à ma disposition.
Même observation que plus haut.
Qui cnmmence à Thalie et finit au souflliMU