COMME SE FONT LES RÉPUTATIONS
Ce fut une cruelle leçon pour la pauvrette et un rude coup pour la famille Duhamel (reprise de l'épisode du corset; voir plus haut).
Napoléon Duhamel courut dans sa chambre à coucher et voila immédiatement en signe de deuil le buste du prince impérial; puis, après avoir réfléchi quelques instants, comme s'il entendait toute une dynastie lui reprocher la faute de sa fille, il se tourna vers Eloa, qui était en larmes :
— Eh bien, lui dit-il, (lu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
— Un enfant, répondit-elle entre deux sanglots.
— Un enfant, répéta Napoléon, un enfant dans la maison des Duhamel !
Et il faisait de grands pas.
— Heureusement que l'empereur est uiort ! S'il avait appris que la fille d'un de ses plus fidèles serviteurs!.. Mais que va dire le quartier?
Puis, se tournant vers Armide.
— Tu vois avec ta manie de théâtre. Tout cela ne serait pas arrivé sans la joie de voir ta fille sur les planches.
— Qui sait? répliqua M'""' Duhamel; (juaiul les choses sont faites, on cherche toujours un prétexte ! Est-ce ma faute si unlro tille est une gciurgandiiif ?
Le mot porta.
Eloa lit un bond.
Et s'adressaut à sa mère : ^
— Ma mère, lui dit-elle, vous saurez que je ne suis point une gourgandine. Dieu merci 1 je suis encore une honnête fille. J'ai un amant !
Les deux époux se regardèrent.
Quand ils en furent revenus... Eloa était partie !