ASSEMBLÉE GENERALE DU 16 NOVEMBRE
Extrait du Rapport annuel.
. . . . . . . *. Si l'on observe l’évolution de l’Art décoratif moderne, on constate qu’il y a en France, depuis quelque vingt ans, le réel désir d'un style adapté aux besoins et aux aspirations de la vie moderne. Les promoteurs en furent les Gallé, les Grasset, les Lalique.
Cette évolution n'était pas encore achevée, malheureusement, quand les industriels commandèrent leurs modèles pour l'Exposition dé 1900; ils s’adressèrent à des jeunes gens n'ayant qu'une éducation artistique incomplète, manquant de tradition et dédaigneux du but de l’objet qu’ils étaient chargés de créer. Ces modèles trop souvent mal conçus, mal réalisés, furent rapidement délaissés, et on revint avec une nouvelle faveur aux styles classiques. L'influence de la Mode est en outre prépondérante en France, elle est plus vive que nulle part ailleurs, puisque, pour beaucoup d'industries de luxe, notre pays fournit les modèles que l’étranger achète et répand. Ce constant changement de formes nouvelles a longtemps plongé l’opinion publique dans l'incertitude et l’a confirmée dans l'admiration exclusive des styles anciens. Mais il se produit bien des signes précurseurs, comme nous le disions au commencement de ce rapport, qui nous permettent d'affirmer que l’opinicn publique s’éveille de nouveau à la compréhension d'un Art décoratif moderne. Nous avons le ferme espoir que nous verrons très prochainement revenir une période de marche en avant dans l'évolution de l'Art décoratif qui s’est trop restreint en France dans l'exécution de bijoux, de bibelots, d'objets d’art, de meubles, sans s’astreindre assez à composer des ensembles, des cadres pour des objets neufs, élégants et bien adaptés aux besoins d'aujourd'hui.
Nous suivrons avec intérêt cette évolution aux prochaines Expositions internationales de Bruxelles et de Turin, et nous espérons bien voir se réaliser un jour le projet d’une grandiose Exposition internationale d'Art décoratif à Paris, dont la conception est due à notre collègue Roger Marx.
Mais il ne faut pas nous le dissimuler : que de luttes encore il faudra soutenie pour arriver à unir comme nous le désirons, le créateur, le fabricant, l’ouvrier, pour faire sentir à notre commerce, comme à sa clientèle, quel intérèt vital il y a pour la France à créer des modèles vraiment nouveaux et à quitter les voies du passé, si belles qu’elles aient été.
Comprenons enfin que cet accord de l'artiste, de l'industriel et de l'artisan est absolument nécessaire si notre époque veut laisser des œuvres sobres, bien cons-