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auprès du Sous-Secrétariat d'Etat des Beaux-Arts, le Grand Palais des Champs- Elysées, pour 191%, date qui paraîtrait indiquée pour diverses raisons.
Au déjeuner (le notre Société, qui suivit ce Conseil, il a été parlé de ce projet. M. Dujardin-Beaumetz, dans son discours, s’y est déclaré tout à fait favorable, et l'idée a eu un véritable succès auprès des assistants et notamment de nos collègues MM. Trouillot, Couyba, Bellan, Tournade, Emile Berr, Van Brock, G. Boin, Fenaille, ete., qui étaient présents.
Devant la rapidité avec laquelle a marché le projet de réalisation de cette Exposition, j'ai tenu, en votre absence, à prévenir de suite M. Raymond Kæchlin, et la conversalion qui devait avoir lieu chez moi a été transformée en une réunion qui se tiendra mercredi soir, chez notre grande sœur aînée l’Union centrale des Arts décoratifs, et à laquelle assisteront MM. Raymond Kæchlin et Metman pour l'Union, Layus et moi-même pour la Société dEncouragement à l’Art et à l'Industrie, Guilleré, Mezzara et Paul Follot pour la Société des Artistes décorateurs.
D'accord avec MM. Kæchlin et Layus, je vous avise de suite de ce qui précède, sachant tout l'intérêt que vous portez au développement des Arts appliqués.
En attendant l'honneur et le plaisir de vous voir, veuillez croire, mon cher Président et ami, à mes bien dévoués sentiments.
Le Secrétaire générul, G.-Roger Sannoz.
LE FIGARO. — Mercredi 29 Mars 1911.
Une Exposition en 1913.
Voici une intéressante nouvelle :
Au moment même où la Chambre de Commerce de Paris repoussail l'idée d'une Exposition universelle en 1920, déjà condamnée par la plupart des Chambres des départements, et où le Conseil Municipal de Paris se déclarait, de même, hostile à ce dangereux projet, une autre idée s’ébauchait, prenait corps. Elle est lancée depuis hier. Elle sera réalisée dans deux ans.
Rappelons les termes de la motion que votait avant-hier, sur la proposition de MM. Chassaigne-Goyon et Aucoc, le Conseil Municipal de Paris :
« Le Conseil émet le vœu que les pouvoirs publics ne s'arrêtent pas à l'idée » d’une Exposition universelle en 1920, mais créent une commission extraparle- » mentaire en vue de réaliser pratiquement, le plus rapidement possible, une série » d’Expositions internationales successives et spéciales pour chaque genre din- » dustries. »
C'est le régime nouveau que nous n'avons cessé de préconiser, depuis le jour où il fut officiellement question d'entreprendre à Paris — c'est-à-dire dans la banlieue de Paris, puisque la place eùt manqué dans Paris même — une Exposition universelle; et c’est à cette même solution qu'ont successivement adhéré, depuis
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trois mois, presque toutes les Chambres de Commerce à qui le gouvernement posait la question, et la plupart des grands syndicats, et de nombreuses municipalités.
Or, l'expérience va être tentée. On est prêt. Et c'est l’une des pius charmantes et des plus glorienses « spécialités » de notre industrie, celle de l'Art décoratif, qui aura l'honneur d'inaugurer la série de ces grandes expositions, congues suivant la formule nouvelle.
Une Exposition internationale de L'Art décoratif s'ouvrira à Paris en 1913.
Sans doute l'Exposition « spéciale » n’est pas une nouveauté chez nous; depuis longtemps, les arts, la musique, le mobilier, l’automobilisme, hier l'aéronautique ont eu dans Paris leurs expositions particulières. Mais ce n étaient là que des entreprises privées où l'étranger n'était pas officiellement convoqué, et où l'Etat n'intervenait point.
L’Exposition de 1913 aura un caractère tout différent. Ou voudrait en confier l'organisation à une sorte de consortium d’associations qui seraient l’Union centrale des Arts décoratifs, la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie, et la Société des Artistes décorateurs.
M. François Carnot, président de l'Union Centrale, était, hier, absent de Paris. On attend son retour pour lui soumettre le projet d’une combinaison à laquelle on ne croit pas qu'il refuse son concours.
L'Etat, en tout cas, y apportera le sien. C'est en son nom que les étrangers seront convoqués à la première de nos grandes Expositions spéciales : c’est sous son patronage, son contrôle, que cette Exposition s'organisera.
Dès hier, M. Dujardin-Beaumetz en apportait jnyeusement la promesse au déjeuner de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie, où ce projet tout neuf échauffait déjà les esprits.
La date de 1913 semble la plus commode; d’abord parce qu’elle est rapprochée de nous; ensuite, parce qu'en 1914, le Grand Palais sera réservé à une Exposition du Mobilier; enfin parce que deux grandes Expositions seront,immédiatement après, sur le point de s'ouvrir : San Francisco en 1915 ; en 1917, Tokio.
Le chuix de l'emplacement n’est pas arrêté encore. Quelques-uns des promoteurs du projet souhaiteraient que l’Exposition ne füt pas trop éloignée du centre de Paris; qu'elle occupât le Grand Palais, le Cours-la-Reine et l'Esplanade des Invalides. Mais M. Dujardin-Beaumetz a déjà fait un autre rêve; il voit la première Exposition internationale d'Art décoratif s'élever entre le bois de Boulogne et les Champs-Elysées, sur le terraia tout neuf des fortitications abatlues...…
Tout cela sera discuté plus tard.
Emile Berr.
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