DUO
Mon frère , pourriez- vous refuser d'obéir ?
IRVIN.
Mon frère, a ce forfait, pourriei^vous consentir?
VELLINUS.
Ah ! d'un pareil traité , sentez tout l'avantage.
IRVIN.
Brisons plutôt les fers d'un honteux esclavage.
VELLINUS.
Quoi ! l'ordre d'une reine et celui des Romains ?..
IRVIN.
La franchise et l'honneur, voiLà nos souverains !
VELLINUS.
K En vain ton cœur nous est
contraire ; Il faut souscrire à ce traite ; Notre intérêt seul l'a dicté.
CéJoiis à la loi d'une u>ère.
IRVIN.
(( Dans mes desseins je persévère:
« Je ne connais que l'équité.
« Je romps un indigne traité, ce Pour nous , pour l'honneur d'une mère.
4 ARVIRE ET É VÉLIN A,
VELLINTJS.
« Ton serment nous répond de ta fidélité.
IRVIN.
<( A vos projets affreux, quand je parus souscrire , <( D'Arvire , sur mon cœur , j'ignorais le pouvoir.
VELLINUS.
« Les charmes de sa fille ont sur toi plus d'empire c( Que ce vieillard pour qui tu trahis ton devoir.
IRVIN.
(( Mon fière , quel que soit le motif qui me guide , c( Je saurai , prévenant les projets des Romains , <c Dévoiler, s'il le fiiut , une trame perfide.
VELLINUS.
Eh bien ! ose accomplir tes illustres desseins. Qu'un vieillard inconnu l'emporte sur ta mère ; Ose à ses intérêts sacrifier ton frère :
Cours !
IRVIN.
Ciel ! que me dis-tu?
VELLINUS.
Ce que j'ai du penser.
IRVIN.
Et si cruellement tu pourrais m'ofléuser î
AIR
Juge mieux un frère qui t'aime ! Ah ! je sens trop que dans mon cœur Ton intérêt balance l'honneur même.
D'un remords éternel épargne-nous l'horreur. Vois ce vieillard, courbé sous le poids de sa chaîne , Du trône et des autels plaindre les droits trahis; ISommer, en frémissant, les objets de sa haine, Et couvrir nos deux noms de honte et de mépris,
VELLINUS (à part).
c( Je crains , en l'écoutant , que mon ame attendrie c( Ne trahisse , à la fois , et Rome et mes sermens. »
IRVIN.
ce Cède, cher Vellinus, à la voix qui te crie : (( Brise l'indigne nœud qui te lie aux tyrans.
{On entend dans Péloignement une marche religieuse,^
Mais du sommet des monts que le peuple révère ,
Les Druides vers nous descendent à pas lents.
VELLINUS.
Dérobons nos projets à leurs yeux pénétrans.
«: Viens!... sois moins faible et suis les ordres d'une
mère. ))
( Vellinus entraîne Irvin»)