‹ Arvire et ÉvélinaChapitre 5 sur 15 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

Mon frère , pourriez- vous refuser d'obéir ?

IRVIN.

Mon frère, a ce forfait, pourriei^vous consentir?

VELLINUS.

Ah ! d'un pareil traité , sentez tout l'avantage.

IRVIN.

Brisons plutôt les fers d'un honteux esclavage.

VELLINUS.

Quoi ! l'ordre d'une reine et celui des Romains ?..

IRVIN.

La franchise et l'honneur, voiLà nos souverains !

VELLINUS.

K En vain ton cœur nous est

contraire ; Il faut souscrire à ce traite ; Notre intérêt seul l'a dicté.

CéJoiis à la loi d'une u>ère.

IRVIN.

(( Dans mes desseins je persévère:

« Je ne connais que l'équité.

« Je romps un indigne traité, ce Pour nous , pour l'honneur d'une mère.

4 ARVIRE ET É VÉLIN A,

VELLINTJS.

« Ton serment nous répond de ta fidélité.

IRVIN.

<( A vos projets affreux, quand je parus souscrire , <( D'Arvire , sur mon cœur , j'ignorais le pouvoir.

VELLINUS.

« Les charmes de sa fille ont sur toi plus d'empire c( Que ce vieillard pour qui tu trahis ton devoir.

IRVIN.

(( Mon fière , quel que soit le motif qui me guide , c( Je saurai , prévenant les projets des Romains , <c Dévoiler, s'il le fiiut , une trame perfide.

VELLINUS.

Eh bien ! ose accomplir tes illustres desseins. Qu'un vieillard inconnu l'emporte sur ta mère ; Ose à ses intérêts sacrifier ton frère :

Cours !

IRVIN.

Ciel ! que me dis-tu?

VELLINUS.

Ce que j'ai du penser.

IRVIN.

Et si cruellement tu pourrais m'ofléuser î

AIR

Juge mieux un frère qui t'aime ! Ah ! je sens trop que dans mon cœur Ton intérêt balance l'honneur même.

D'un remords éternel épargne-nous l'horreur. Vois ce vieillard, courbé sous le poids de sa chaîne , Du trône et des autels plaindre les droits trahis; ISommer, en frémissant, les objets de sa haine, Et couvrir nos deux noms de honte et de mépris,

VELLINUS (à part).

c( Je crains , en l'écoutant , que mon ame attendrie c( Ne trahisse , à la fois , et Rome et mes sermens. »

IRVIN.

ce Cède, cher Vellinus, à la voix qui te crie : (( Brise l'indigne nœud qui te lie aux tyrans.

{On entend dans Péloignement une marche religieuse,^

Mais du sommet des monts que le peuple révère ,

Les Druides vers nous descendent à pas lents.

VELLINUS.

Dérobons nos projets à leurs yeux pénétrans.

«: Viens!... sois moins faible et suis les ordres d'une

mère. ))

( Vellinus entraîne Irvin»)

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