SCÈNE XI il
Lady B.EDWOOD, Miss ANNA, POLWARTH,
ARWED.
arwed, entrant.
air : Je donnerais pour toi ma vie. ( de Bruyères. )
Que pour le plaisir, Amis, ici l'ardeur renaisse ; Ici , du plaisir , L'ivresse Doit nous retenir.
Oui , laissons-nous séduire
Par une douce erreur ,
La joie et sou délire
Nous font croire au bonheur.
Oui , pour le plaisir , Amis , qu'ici l'ardeur renaisse ~t Ici , du plaisir , L'ivresse Doit nous retenir.
Mesdames, ce n'est pas pour me faire valoir, mais j'ose vous assurer que je fais honneur à la fête.
LADY
Ah oui ! je le crois ; je vous en remercie.
ARWED.
D'abord avec moi , il faut que tout le monde se réjouisse; mais j'ai de la peine à les mettre en train. Les habitans de Boston sont d'un sérieux, d'un flegme. . . c'est au point que le bal est interrompu; mais la danse va recommencer, je l'espère. ( A Anna,) Mademoiselle, aurai-je l'honneur...
ANNA
Je vous demande grâce encore pour quelques instans.
ARWED.
J'attache trop de prix à vos bontés , pour en abuser.
ANNA
Mais vous-même, vous devez avoir besoin de repos?
ARWED.
Avec le plaisir , jamais! il dure si peu; on a le temps de se reposer dans les entr'actes. . • Ah ça ï Polwarth, qu'astu donc? est-ce que le sérieux t'aurait gagné? tu ne dis rien... Ah! je sais ce qui t'attriste ; rassure-toi, j*ai entendu donner Tordre de dresser les tables.
POLWARTH
Mon ami, je n'ai plus faim ( A part. ) Dieu que je
souffre !
ARWED.
Pas possible? c'est la première fois que cela t'arrive;... et moi qui comptais sur toi pour faire des folies , car je me sens d'une joie. . .
LADY
Qui peut donc l'exciter ainsi? v
ARWED.
Je ne sais. . . des raisons . . Je crois que la fortune veut se réconcilier avec moi. ( Regardant Anna. ) J'ai de l'espérance , et c'est beaucoup quand on n'en a pas l'habitude. Aussi, je voudrais animer tout le monde... Je ne puis contenir ce que j'éprouve. Mais pardon, Mademoiselle, je vois que ma gaieté vous excède... elle vous déplaît...
(fe)
Anna, à part, îl me fait mourir. ( Haut, ) J'avoue qu'il est des raômens.. .
LADY
Sans doute , on n'est pas toujours dispose' . ..
POLWARTH
C'est qu'une fois qu'il est lancé. . .
ARWED.
Eh ! qu'importe ! il faut bien s'étourdir. Croyez-moi , j'aimerais bien mieux être seul avec vous. . . en famille. . . alors, je ne serais plus gai, je serais heureux. Eh bien! qu'avez-vous donc? vous paraissez émue?... Comment , et toi aussi * Polwarth?
polwarth , à part,
3 'étouffe ! je suffoque !
ARWED.
Parbleu! mon intention n'était pas de vous attendrir , au contraire; mais, malgré moi , je suis tombé dans le sentiment, c'est une folie de plus , voilà tout ! . . . Retournons à la danse , pour nous remettre ; je crois entendre le signal.
( // remonte le théâtre , pendant que Clinton arrive, — On entend un air de contredanse.)
■ SCÈME XIV.
LES mêmes , CLINTON , entrant à gauche , dans le premier
salon.
clinton , à Lady et à Polwarth, Mes amis , tout est perdu! les soldats ont refusé de m'obéir , ils sont sur mes pas.
ARWED , descendant le théâtre.
Mesdames, je vous préviens que les quadrilles se forment; ne venez - vous pas?. . . Je vous en prie , Général, joignez-vous à moi ; vous qui commandez ici , vous devriez ordonner à tout le monde de s'amuser; votre grade vous y autorise... et vous avez la force armée à votre disposition.
CLINTON
Chott écoutons.
ARWED.
Qu'est-ce qu'il y a? vous ne répondez pas; c'est donc un secret que je ne puis savoir ?
polwarth , à la porte , ou Clinton vient d'entrer. Silence ! ( Il écoute. — A port.) Ils moutent Fescalier.
ARWED.
Ma foi, je n'entends que la contredanse.
LADY , à Anna.
Emmenez-le -, tâchons du moins de prolonger son erreur.
ANNA
Venez , Colonel , venez ; rentrons au bal. ARWED , lui donnant la main.
Ah ! miss Anna , je suis le plus heureux des hommes !
( // s'éloigne avec miss Anna.)
POLWARTH
C'est singulier comme nous avons envie de danser.