DELA
{Afghanistan. — Lac Aral.— Khiva. — B&* inère Tchoui. — Bokhara. — Samarkande.
— Longitude des Arabes, Khobbet- Arym. )
Les fondements astronomiques sur lesquels repose ma Carte des chaînes de montagnes de VAsie centrale , ont été discutés en partie dans les deux premiers volumes de cet ouvrage, en partie dans la Notice sur les positions de P Oural et de P Altaï qui précède le Supplément (t. III, p. 479-492)- Je tacherai de compléter l'Analyse de la carte en fixant l'attention des géographes sur quelques point* qui, assez accessibles aux voyageurs d'Eur rope , n'ont cependant pas encore été suffisamment éclaircis sous le rapport de la coordonnée de longitude.
Dans l'Afghanistan et dans le prolongement occidental de l'Hindou-Kho, j'ai suivi de préférence pour Candahar et Hérat les longitudes qu'offre l'intéressant ouvrage du major Hough. J'ai placé Hérat long. 5o°5o',
lat. 34°ao; Kandahar1 long. 63*io', lat. 3t °4ov. Macartney dans la carte qu'il a construite pour Elphûutotus Account of Caèui {avec Rennell et Dûmes, le plus important ouvrage que nous possédions sur l'Inde), avait placé Hérat long. 6o°a\ lat. 34°4&'> de sorte que c'est justement la latitude qui est la moins précise, étant en erreur de 28'. Pour la latitude de Kandahar, les «*riantes leçons sont plus extraordinaires encore : Macartney (1809) donnait 3a°to', et cette latitude qui diffère d'un demi-degré de celle de Hough, se retrouve sur la carte du voyage à l'Oxus du lieutenant Wood, publiée en i8£i. Le géographe de la Compagnie de l'Inde, M. Walker • à 3i°36\ Quant à Caboul, j'ai suivi la position que M. Ârrowsmith a assignée à cette ville dans la grande et belle carte qu'il a construite pour k Voyage de Burnes. Elle est sans doute beaucoup trop orientale, mais j'ai dû craindre en la corrigeant d'altérer trop la distance de Pechavur s et l'orientation des cimes de Kohibaba 4 et du Pic de l'Hindou-Kush. Le major Hough place Caboul lat. 34°3o', long. 66° 1$. Sir Alexander Burnes l'a cru au moins d'un demi-degré plus oriental. Dans la carte qui accompagne le
1 Narra'ive of the march and opérations nf the Army of the Indus in Oie Expédition of Afghanistan in the y tors i83S and iH3y. Loml. 184 1 1 p. i3i.
1 Map of the conn tries in the North-Vfest frvnlier of India compiied chiefly front the sutvejrs of lient, fWood and Mo/or Lcech.
5 Burnes, Troveis *n'o DoAhant, l. III, p. i3o.
4 Vorcs plus haut, t. II, p. 4^3.
Voyage de "Wood aux sources de l'Oxus, Caboul est aussi situé long. 66°4<)'> et Kandahar long. 63°44'* Toutes ces positions ne se fondent pas sur des déterminations astronomiques absolues (occultations, différences d'ascension droite de la lune et des étoiles), mais sur le transport du temps d'Attok et surtout de Lodiana que Burnes suppose par long. ^3°34f> Aussi longtemps qu'on publiera des cartes sans des mémoires analytiques indiquant les fondements de la construction de ces mêmes cartes , aussi longtemps qu'on n'indiquera pas la dépendance chronométrique dans laquelle un certain nombre de positions se trouvent mutuellement, la géographie astronomique de ces contrées restera enveloppée d'incertitudes aux yeux de ceux qui connaissent les dangers des changements partiels. Je n'ai pu marquer sur ma carte orographique toute cette multiplicité de rides parallèles du Système des Monts Kanda dirigés N.E.-S.O. qui croisent les chaînes E.-O. du Suffeid- Kho (en afghan : S pin Gur) et de l'Hindou-Kho méridional. Les arêtes de ce Système Kanda ' auquel
1 l.e nom de Kanda a été propotr par M. Las se n clans son savant traite sur les rois Grecs et Indo-scythes de la Bactrianc.(Zc<r Gesehiehte der Griechischen und Indoskythischen Kœnige in B ah t rien, i838,p. 1 19.) Compares une discussion orographique dans la note r3o de M. Zimroermann, Geogr. Analyse der Karte von Inner-Asien (i8{l), p. 73, avec son Kriegsschauplat von Afghanistan (1841), p. 104 et 108; et plus haut, 1. 1, p. ai;. Il existe aussi à l'extrémité* la plus septentrionale de ce même Système Kanda un village appelé Kandi, situé sur la rivière Chaganserai qui coule ^tn le sud et est un afflaent de la rivière de Caboul; Kandi est i°io' à l'O.S.O. de Chilral.(Afrm. ofBaber, p. 144.)
— 584 ~ appartient dans le Cafmstan la petite chaîne Ketwer, ont la direction du fleuve Hclmund (Hirraend du Sultan Baber, Helbend des auteurs persans) qui k perd dans le Lac Zareli. Elles remplissent, surtout an sud du parallèle de 34°, toute la vaste région entre Fuirah, le château de Ghizni (Ghuenee, Ghasna) et la chaîne du Suffeid-Kho'. L'illustre historien Heereo (Idecn, t. I, p. 36i)a très-bien reconnu que dam le temps de la florissant'' monarchie des Perses, ce n'était paa l'Indus, mais les Moûts Kanda qui limitaient l'Inde.
Le minimum de la distance actuelle de la Caspienne, des côtes de l'Aral mérite quelques éclaircissements. Déjà dans la petite carte annexée aux Fragments miatiyoei(i83o, p. 111), j'avais pu profiter des déterminations de longitude très-précises faites par M. Lemm,
' Tandis que le SuffeiJ-Kbu couitm le parallélisme du Kouen-lnn et de l'Hindou Kho méridional, X», Chaîne de tel de Kalabagh mit la direction S. E.-N.O. de l'Himalaya dut lequel d» (traie* (S. O.-N.E.incl. io" a a5° S.E-) coupent le wale.ement longitudinal promue * angle droit- (Compare» Al. Gérard. Accaunt of Aounonmr éd. by George Lloyd , i8{t, p. S et lo, avec ce que j'ai rapporté plui haut., 1. 1, p. i;8-a85.) L'ouvrage posthume du capitaine Alexandre Gérard offre d'excellente! diicusiioni iur la difficulté de déterminer dan* l'Himalaya la limite du neiges (p. 157-160) et lur lu mesure» de hauteur,* l'aide du baromètre et de J'ébullilion de l'eau (p. 160-181); mail l'évaluation de l'ail ilude des Lacs lacrct, Manaia et Ravaua-hrada *isilei par Moorrrofl et le capitaine Heariej , n'eit appuyée qo* de vagues spéculation! sur la pente d'une rivière en partant de la hauteur ( 16S7 t.) de Bckhur pour arriver a 3657 t. ( Comparu Lloyd, p. i3iei iP.avcc^iic «nfro/r,i.lll,p.3i8,Î3oei 3i|)
astronome du Dépôt des cartes de l'Etat-major à St-Pétersbourg. Cet habile observateur ayant suivi l'expédition du général Berg, a fixé la longitude du littoral de la Mer d'Aral par des passages comparés de la lune et d'étoiles bien choisies (différence d'ascensions droites). Je crois que je puis dire encore aujourd'hui, comme il y a douze ans1, que les points déterminés par M. Lemm sont les seuls, dans tout le pourtour de l'Aral, qui se fondent sur des observations astronomiques. Selon l'ensemble des résultats du travail de M. Lemm, récemment publiés *, la cote occidentale de la Mer d'Aral se trouve sur le parallèle de 45°a6'i5", par longitude 3b44'56" (56°i4V), et sur le parallèle de 45c36'4«" par Zh45'tjn (56"jg'i5") à l'ouest du méridien de Paris. La largeur de l'isthme des Troukhmènes entre l'Aral et la Caspienne n'est pas faciles à déterminer avec précision, parce que sur les mêmes parallèles il faudrait avoir des points également sûrs en longitude. En supposant, sur le parallèle de 45° » le littoral occidental de l'Aral qui est dirigé dans cette partie N.E.-S.O.*par long. 55 5o', et la nouvelle forteresse d'Alexandrovski, fondée au fond de l'anse de Mertvoi Koultouk, d'après la carte manus-
1 Voyea plus haut, t. I, p. 4ig>
* Adolphe Erman , Arch'w der wisscnschaftlichen Jûmde von Iiusiland1 î&iji, n° i, p. ii-a4*
5 Voyez plus haut, 1. 1, p. 4a3.
* Les observations astronomiques de M. Lemm sont par les
45»36' et 45°a6v. La longitude SS<>5</f là où le parallèle de 45*
traverse le littoral de l'Aral, n'est par conséquent pas le résultat
d'une observation directe, j'ai dû la conclure de la direction des
côtes.
crite ' que M. le liautenant-géaéral de Perovski a bien voulu me oommuniquer récemment, ptr long, 6i*3*', on trouve la largeur de l'isthme entre les deux mone intérieures de i°iS\ C'est presque 33' (en arc) de plus qu'il semblait résulter de la comparaison de lobsera-
* Cette carte, rédigée tn langue mise s'étend de 35* à 56* de latitude entra le* méridiens de 44» et 6*> (à Peat de Parie) : elle porte le titre de : Carte générale de la parité nord-omst de l'Asie moyenne tracée en iftfi mut l'échelle de 100 vent par ponce anglais* Elle fait partie d'un grand travail que M. de Perovski, gouverneur général d'Orenbonrg, a caractérisé dent •ne lettre qu'il a bien voulu m'adresser à Parie en septembre iftfa, avant aon départ pour l'Italie. « Jusqu'en t£3o, écrit le général, toutes les explorations géographiques nVvaient été ont partielles et n'étaient pour ainsi dire que des reconnaissances locale». Tout en vous fournissant des données exactes sur plusieurs points isolés, les cartes , pendant votre eipédition , n'auraient pu vous éclairer sur le caractère général de la contrée. C'est pour obvier a cet inconvénient que nous avons entrepris une levée générale de tout le pays compris entre les embouchures du Volga, le littoral N. E. de la Caspienne et les rivières Emba, Bielaya et Irtyche. Une grande partie de ce travail est déjà terminée et les relations fréquentes établies , depuis l'expédition de Khi va, avec cette dernière ville et avec Bokhara, ont offert la facilité d'étendre les recherches vers Test et le sud de ces contrées.» On doit espérer que des travaux si importants pour l'orographie de l'Asie et si honorables pour le gouvernement qui les a ordonnés, seroot rendus publics* Déjà M. Murchison a eu communication de la partie du sud fie la chaîne de l'Oural levée sous la direction de M* le général Rakoaofski, et a pu en profiter pour une grande carte encore inédite qui porte le titre : Russia in Europe and the Ural Mountain* chiefly colouredfrom geological su/veys, by R. J. Murchison % E. de Verneuil and Count Keyserling assisted by Lie ut. Koksharof% î&^a* (Compares aussi Murchison on the geof, structure of the Ural, p. 3{. )
lion astronomique de M. Lemm et du tracé des cartes de la Caspienne de Kolotkin. Dans des côtes si sinueuses il ne faut pas être surpris de ces différences dont nous venons d'indiquer les causes. 11 n'y a, selon la carte manuscrite que j'ai suivie dans cette région, que o° 3a' de différence de longitude entre Alexandrovski et l'embouchure de l'Emba, tandis qu'on faisait jusqu'ici l'extrémité du golfe Mortvoi Koultouk de plus de 48' trop orientale. J'ai parlé plusieurs fois dans cet ouvrage de l'incertitude qui règne sur la latitude de Khiva et sur la limite méridionale de la Mer d'Aral. Cette limite est chez le baron de Meyepdorf 43°8', chez Zimmer-
mann 43°a5', chez Levchine 43°3a\ J'ai suivi la carie communiquée par M. le général Perovski en plaçant cette limite de l'Aral par 44°o' et la ville de Khiva par 4* °4'> ce qui est 1 9' plus au nord que l'on n'a pu le croire jusqu'ici. Est-il bien sûr qu'une observation astronomique ait été faite à Khiva méme?Novo Urgendj est t^ au nord et 3o' à l'est de Khiva, Kone Urgendj i°ao' au nord et 36' à l'ouest. J'ai laissé indéterminé le golfe du Karabogas 1) reste du Golfe Scyihiquc de Mêla et trèsimportant pour l'histoire de l'ancienne bifurcation de l'Oxus. La carte manuscrite n'indique la longueur du Karabogas (de 20 en longitude) que « d'après Muravief », preuve que les relèvements récents n'ont pas été poussés jusqu'à cette latitude.
J'ai également profité des travaux des ingénieurs géographes russes (base de la partie orographique du
1 Voy. plus haut, t. II, p 919 et 378.
■ud de l'Oural dans la carte de M. Murchisoo ' depuis 11- parallèle de l'Iremel et la grande sinuosité de la Bielava jusqu'au parallèle d'Orsk. Là où les arêtes oui une si faible hauteur et commencent à s'étendre en plateau, les chaînons paraissent moins continus que le* formations des roches qui, dans le sud de l'Oural, «ers les deux pentes, conservent le même caractère jusqu'audelà d'Orsk, de Gouberlînsk et de cette partie du laïk, où la rivière coule de l'est à l'ouest. Je regrette de n'avoir pu étudier un mémoire topographique, probablement très-important que M. KhanikofT a présenté à la Société de Géographie de Londres 3.
Les quatre systèmes hydrauliques qui aboutissent et se perdent dans la steppe des Kirghii, le Van-Yalchi, le Bakhotilan , le Tchoui et le Tattu, au N. O. de la chaîne du Thian-chan, sont très-d ignés de l'attention des physiciens : ils ne sont nulle part représentés avec détail que dans la carte de l'Empereur Khian-loung. Dirigés tous vers l'occident, ces systèmes de rivières non développés, finissent avant d'avoir pu atteindre la grande dépression Aralo-Caspienne. Ils sont opposés dans leur direction au système analogue du Tarim et du Lac Lop au sud du Thian-chan. Ces deux groupes de systèmes hydrauliques marquent mieux que ne pourrait le faire le nivellement barométrique dans des plaines si unies,
1 C'est par 1» bienveillante communication de M. Je Vrrntuil c j'ai pu consulter avec fruil une épreuve de la carte dont le •o a île' donne dam la oote a de la page 5S6. * MurchiioD, p. 3j-
ta pente et la contrepente du sol entre les zones de 4o0-4?° et 44Q-47° de longitude. J'ai été longtemps en doute sur l'origine que je devrais donner dans ma carte au Tchoui qui a été traversé en 1 800 (je suppose à peu près entre les 68° et 700 de longitude) par MM. Bournachefet Pospolof qui se rendaient à Tachkend placé sur le Sir ou Iaxartès. M. Klaproth, de tous les sinologues d'Europe celui qui a eu la connaissance la plus étendue des géographes chinois, a cru pour le moins jusqu'en 1 828 que le Tchouï sortait1 du Lac Issikoul (Touskoul, Temourtou). Plus tard, dans les années i834 et i836, lorsqu'il rédigeait la grande carte de Y Asie centrale publiée aux frais du gouvernement prussien, il faisait sortir la rivière Tchouï d'un petit lac Nogonnour, à peine de 2 lieues de large et placé ta' au nord de l' Issikoul, sans aucune communication avec ce dernier. Dans l'itinéraire du pèlerin bouddhiste Hiuen-thsang , il n'est absolument question , comme nous avons vu plus haut*, que de rivières qui se jettent dans le Lac Issikoul, qui est le Ta-thsing-tchbi de cet itinéraire du 70 siècle. Il parait que chez les géographes chinois il a régné la même incertitude sur l'origine du Tchouï. M. Julien a parcouru toute la Description de la nouvelle frontière de l'ouvrage Kinh ting-sin-kiang-tchi-lio publié sous le règne de l'empereur actuel, et il n'y a pas trouvé le nom de la rivière
* Voyez plus haut, I. II, p. 81, ei Klaproth, Mémoire* relatifs à l'Asie% t. II, p. 416, t. III, p. s3.
• T. II, p. 1, 3.
Tchouï* Au contraire dans la carte qui accompagne lé Sn-àiamf-itm-fim-ki-Iio dont il a déjà été question ', on voit figurer de la manière la plus distincte le Lac Touskoul (Temourtou) duquel sort* par un canal étroit et élargi considérablement vers le N. O. la rivière Tcfaouï. A l'extrémité opposée de son cours est écrit Khochikoul ( Lac de Khochi). Or nous savons par la grande carte de Klaproth que le bassin dans lequel se perd le Tchouï , 3° aii nord de Tachkend, porte en différentes langues les noms de Khochiçoulf Beilegoui, Kabarkoul et Rabankoulak. Parmi les 17 rivières qui sont mentionnées dans le Ktn-ting-êù*-Aùinf-ich+-fo ( Ut. I, fol. 57 ) comme tnirami au nord dans le Lac Temourtou (Touskoul), M. Julien a signalé la rivière Kho-chi-gor. « Il y a certes, dit-il, quelques rapports entre les mots : rivière Khochikhor et Lac Khochigoul (seulement dans la finale de Khochikhor il y a une aspiration qui manque dans la finale de KhohigouT). • On dirait que les Chinois eux-mêmes ont été incertains sur ce fleuve parce que pendant une partie de Tannée il a ' peu de courant. Les voyageurs Bournachef et Pospelof rapportent qu'au mois d'octobre il n'y avait pas de courant dutout et que la rivière ne consistait que dans une série de lacs d'eau amère et salée. Au printemps le courant devient très-rapide et le passage du Tchouï est même dangereux. Le nom de Kochikhor ( rivière
' T. H, p. 336 et 36a. La description du Lac Touskoul qui est appelé « irès-allongé de l'est a l'ouest et étroit du sud au nord, d se trouve dans le Sin+Aiang, liv. 1, fol. 55.
du Lac Khochigoul) donné au Tchouï entrant dans le Lac Touskoul , me paraît indiquer un courant de lac à lac. Au milieu de ces incertitudes, j'ai cependant préféré sur ma carte de l'Asie centrale suivre le tracé de la grande carte de l'empire chinois construite en i83s et reçue par le gouvernement français (en décembre 1842) par la voie du port de Canton1 . Dans ce document si précieux pour la géographie du Si-yu^ le Tchouï sort de l'extrémité la plus occidentale du Lac Issikoul. J'ai plus de doute encore sur le cours du Syr (S'thoun, Iaxartès) et la grande sinuosité que suit cette rivière au-dessous de Khodjend, sinuosité de laquelle approche le plus le Lac Telekoul. J'ai suivi pour cette contrée la carte de Khian-loung. Quant aux positions de Tachkend même, de Khodjend et Kokand, il existe parmi les géographes modernes une incertitude que j'ai déjà signalée ailleurs a. Je m'arrête au moins pour les latitudes, aux observations astronomiques du Père Félix Arocha qui a pour Kokand 4*°a3\ pour Tachkend 43°3\ Khodjend est le plus douteux. Waddington * le place 4*°5'> mais *1 &** Kokand d'un demi-degré plus
1 Le titre de celle carte, examinée par MM. Julien el Edouard Biot est : ce Carte géographique de l'Empire Chinois, sous le règne des empereurs Khang-bi et Khien-long. » Elle est de la 12* année de Tao-Kouang, monté sur le trône en 1821 .
5 On the construction of the Map of Ferghana, dans Mem. of Sultan Babcr, p. LXV. Avant Grimai, la carte de Waddington place déjà Tachkend par lat. 4*°8*> un degré de moins que n'admet le P. A roc ha.
boréal ({lie Klm Ij. il i. ce qui n'est iMKUlWWOt probable et qui est même très -contraire au trace- de la cartf pour le Voyage de Burnes.
J'ai placé Bokhara que Jenkinson faisait 3g -io', avec B urne 9 ' qui y a observe1 la culmination de quelque* étoiles, 39"43'4i". C'est 19' de plus qu'indique le Major Reuiicl II est bien à regretter que de deux beaux mail user ils d'Olou g Beg, conservés à Paris, et que M. Ri?inatld a bien voulu examiner à ma prière, l'un , le peRtS, il» i64, a 3g'5o', l'autre, Farobe, n ■■ a.jGo, seulement 39*36'. On trouve dans Alfaras Sg'ao', dans Albirtmni 3g°3o', dans Nasir Eddin 3g-o'. Pour Sainarcande, les variantes leçons sont malheureusement plus nombreuses encore. Je ne cite toujours que d'après une noûrc communiquée par mon illustre confrère M. Reînaud. ■ La Géographie d'Aboulfeda, texte arabe, p. J99, porte : latitude de Samarcsnde, d'après le Ketab-alatkoual par Alfares 4°°) d'après le Resta 37°3ô', d'après le Canotm ttAlbjrroany 4o"o'. Le manuscrit persan n° i64d'01ougBeg1 porte 39037', le manuscrit arabe n* a46o porte 3a°3i', mais lé manuscrit nu 173 a 4o"9'. Des itinéraires rendent en effet très-probable que la latitude de Samarcande est plus grande que 3g"5i', plus conforme au texte du manuscrit n9 173. Qu'il
1 Traotlt inlo Bokhara, t. III, p. 119.
* Le chiffre 3f)u3'/' rit aussi rapporte dani U troiiiims volume dtjPciiti Géographes de G rien m. Je le retrouve dam )et Mrmoirridu Sultan Babcr(p. Si), lloil il parle des 8 grand* Ob- (crvatoirci du monde. Lei mannicrils n« i6<, 173 el a{6o tosl conservai » la Bibliothèque du Roi (1 Par»).
est à désirer que bientôt une observation astronomique soit faite à Samarcande par un voyageur dont l'habileté puisse inspirer de la confiance. Le manque d'harmonie que présentent les divers manuscrits nous laisse en doute sur le résultat d'observations faites jadis à l'aide d'instruments d'une prodigieuse grandeur. A ces incertitudes que nous venons de signaler s'ajoutent encore celles qui naissent pour les longitudes, moins du manque d'accord dans les manuscrits arabes et persans, que du mode particulier et bizarre de fixer le premier méridien. La publication du Traité d'Aboul-Hhassan1, un passage important d'Aboul-Feda signalé par M. Reinaud * et une lettre de Christophe Colomb à la reine Isabelle * ont contribué presque simultanément à fixer l'attention sur la Coupole eTArine comme point de départ dans les tables de longitudes du moyen-âge. En faisant pendant six ans des recherches très-assidues sur le système alors si peu éclairci de Khobbet-Arine, j'ai trouvé quelques textes que je vais consigner à la fin de cette notice, comme jetant de la lumière sur un problème d'érudition historique.
Christophe Colomb, en faisant allusion à la théorie de la non sphéricité du globe, oppose la figure irrégu-
1 Voyez les remarques de M. Anf. Sedillot clans le Traité de$ Instruments astronomiques des Arabes, t. 1, p. 3 18 ; t. II, p. I-IV.
9 Aboul-Fedoy éd. de MM. Reinaud el 6lanc, p. 7 et 10.
* Humboldl, Examen critique, t. III, p. 64. Le mot aryn, selon Silvestre de Sacy et M. Freittg, n*est pas arabe et lignifie (Not. et Man. de la Bibloth.du Roi, t. X, p. 39) te juste milieu, une moyenne de température, d'humidité ou d'étendue.
Bfa» à* Phrtmïipbflw oeddartal et atlantique oh ont éorinence (ceAn* è p—n iê **n*v)wr» laquelle «4a Uèiloin t'étère dooccnwat U inrinni de» naan, ■ aaty» la fin et /Orfrnf, à est h*elephfre oriental a indien andcnnanent eennu de FtoMsaéu «entre le Gap St-Vineent al Geugpju près daa Serai • Ml kmwtùpmwit MfmmikmtimnimmmiimêêiémtmmUUadÊJim çwé* deèmsso In An** f wùmttml entre ci Sino Aernèkey aqnel de Persin% . Il est to es probable quo QmstopnB ftohmfr a pniitf nfttr nntinn rirr h f rayrfc *T drnu dam Jet outragée cta cardinal tfÀiUj «fut, conme Ja M prouvé aiUemra », bol exercé une ci grandi •ut eea projets, quoique cas ocjirnyo m •ainsi dite que le reflet drffljcnr mb/c# de Beajer
* Meridimmu «ère As** /**£»> dk Pd (FAiHjr t : descendu a tropico Caprieomi (?) cf jeraf equinoximlem cireuhtm apad mentent MaJcum H regiemu et conterminas et transit per Sjrenem qum nunc Arjm «•» catur. Nam in hbro cwsumm pianetarum diciiur fmod duplex est Syene, una suh solstùio de qua superims, coït sué œquinoxiali cireuh de qum nunc est sermoy et kme est eivitas Arym quam ponunt mathemaiici in medio kmeet* tionis sud equinoxiaii et distat esqualiter en\ oriente et occidente f sepientrione et mendie. • (Allyacae , Immge Mundif cap. XV, rédigé en i4io.)
1 Navarrete, Collection de dos viagesy desmbrimiimtot de ios Espmholes, t I, p. i5B. et Hcrtuuxio Colon, i. IV, p. 337
• Examen critique* t* 1, p. 60-70.
* Petms de Aliaco% ami de AyiUaco% Pedro de Hciimcm% evéque «le C timbrai depuis i3<j6. Le cardinal U'Aitlj écrit lotijour* arym et non arim.
• Secundum quosdam Astrohgos (dit encore le Car» -dînai) usque ad equinoctialem habitatur : et sub eo est Arym civitas œque distans ab oriente occidentey septentrion* et mendie. » (Allyacus in Epil. Mappœ Mundi, art. défigura terne.} La position de la ville d'Arym doit donc servir de preuve que les grandes chaleurs ne rendent pas inhabitable la région voisine de la ligne, c'est une Syène équatoriale. Colomb eu fait une lie , parce qu'il a des idées plus précises sur l'extension de l'Afrique vers Test.
Le passage le plus instructif que j'aie trouvé est celui des Tables Alphonsines. Je le transcris d'après Yedifio prineeps de « i4&3 de l'ère chrétienne ou 7681 de la création du monde.» Vers la fin des Tables Alphonsines on lit : « Tabula lot. et long, civitaium (i4<>) aboecidente habitato. • Les lies Fortunées y sont indiquées par long. . zéro, et l'auteur ajoute : « Scito quod astrologi aceipiuni dupltciter occident, ocridens habitatum ( a loco extremœ habitationis) et istuddistat 7*°3o' a civitatequa est sub linea arqurnoctiaii et distat 90° ab oriente. AHo modo accipiunt oeeidens in loco versus occidentem distante ad" dita citritate Ariax 90» et istud vocant oeeidens verum , nom ab illo loco usque ad orientent sont gradue 1 80 qui sunt média pars circuit. Oeeidens verum est ultra oeeidens habitatum i7*3o'.» (Al/bntii, CasteUœ Régis illustrissimiy cœlestium motuum Tabulée. Impr. Erhard. RatdoUAugustensis mira sua arte, anno soi. f {83.)
Aussi Bfadrignano , dans VItiderarium PortugaUnsium (i5o8) fait allusion à Khobbet-Arine sans le nommer distinctement. 11 raconte que Jafredus , préskient du Dauphiné, chancelier du Milanais, le conduisit dans
son étude et le plaça devant une mappemoode représentant universum orbem in membranis elegantissime depictum , et ayant à droite le midi , à gauche le septentrion. Dans une dédicace il fiât parler Jafredus : •Devenisti tandem adsinum persicum et ubipaululum unmoratus iussisti ut attentats tuant sermonem obserparem; inquens illie esse tofius orbis umbilicum : et ut majorent adhiberem tuis verbis fidem, protinus duxisti ab Fortuna* tis insulis lineam parallelam pet Syenem usque ad extréma Indiœ y rursum altérant lineam ab aquilone in austrum ducens, re ipsa demonstravisti ubi dicta limea coùtcidissent fecissentque angulos rectos et œquales. Ai procul dubio umbilicum fore Universi. • (Itinerarium Portugalensium e Lusitania in Indiam et inde in occidentent et demum ad aquibnem, fol. 5.) Il est assez extraordinaire qu'Edrisi , dont l'ouvrage est de Tannée i i54» ne connaisse pas le nom d'Arine.
J'écrivis en 1837 à M. Sedillot : • Plus nous réunissons de textes et plus la longitude de Khobbet-Arine devient obscure ; c'est un peu honteux pour nous, car nous ignorons ce qui, du temps de Christophe Colomb, était encore dans la mémoire de tous les peuples d'Occident, nourris de l'érudition des Arabes.» M. Sedillot vient d'ajouter au mérite qu'il s'était acquis d'avoir éclairci des points importants de l'Astronomie orientale, le mérite d'approfondir avec érudition le problème du premier méridien des Arabes. Au moment où je termine mon ouvrage, paraît son excellent Mémoire sur les Systèmes géographiques des Grecs et des Arabes.