‹ Asie mineureChapitre 22 sur 428 · MONT TMOLUS · texte numérisé non relu

MONT TMOLUS

Le mont Tmolus est la chaîne qui ferme le revers septentrional de la vallée du Caystre. 11 se rattache, à l'orient, au mont Messogis par des ondulations, qui se prolongent jusqu'au mont Cadtnus; de sorte que cette montagne ferme comme le nœud où se réunissent ptatears chaînes ; c'est peut-être à cause décela que les Turcs lui ont donné le ■om de Baba dagh (le Père des monta- P«).

Le mont Tmolus était célèbre dans tatiquité par ses excellents vignobles, te H ne reste plus aujourd'hui que de fe&tei traces dans les villes de Baindir. * de Tapoe (1). Strabon le dépeiut «mine étant couvert de forêts (2) dont ïne reste plus que le souvenir. On *wt encore sur les flancs de ses vallées des restes de forêts de chênes qui y été incendiées et dont les troncs dorbonnés restentcomme les tristes témoins du passé, Le mont Tmolus est appelé aujourd'hui Bouz dagh (montagne de la Neige), parce que c'est sur ses mmets que la ville de Smyrne et les ▼filages environnants viennent s'approviiioouer de neige. Il s'étend de I est à Itast dans une longueur de cent vingt Womètres environ. Aussi la phrase ffc les traducteurs français prêtent à Strabon (8) : « Le mont Tmolus est wex ramassé », ne nous paraît pas tnete. Le Tmolus du côté du sud ne «»oe naissance à aucune rivière no-

(i) Pline, Iît. V, ch» 19.

(•) XIU, 6a9.

(3) XIII, 6a9.

table; mais c'est de ses flancs nord que sort le Pactole, qui déjà du temps des Romains avait perdu de son antique renommée. Nous nous étendrons dans la partie historique sur les recherches que nous avons faites sur le régime de ce fleuve. Un petit lac, situé presque au sommet de la montagne, en forme la source et les rochers de gneiss et de micaschiste fournissent encore aujourd'hui à ses ondes les parcelles de mica qui donnent au sable cet aspect brillant.

Le mont Tmolus est à nos yeux le premier noyau , l'ossatnre de toute la

Î presqu'île ; c'est cette chaîne qui, d'après a théorie géologique aujourd'hui généralement admise, a dû surgir la première du sein de la terre , alors que le géant du Taurus était encore englouti dans les abîmes terrestres Le Tmolus est eu effet composé de granit et de roches primordiales; c'est une rareté en Asie Mineure que nous ne retrouverons guères qu'à l'Ma et à l'Olymp». L'aspect de la montagne offre tout le cachet, séduisant pour le peintre, des co itours accidentés que présentent les rochers granitiques.

Peut-être dans quelques-unes de ses ramifications pourrait-on signaler quelques lambeaux calcaires; mais nous n'en avons pas rencontré. Dans les renions de la ville deTapoë, l'ancienne Hypoepa, le granit passe tout à fait au * schiste micacé. Le versant nord commande la plaine de Sardes, où coule le fleuve Hermus. Tous les contreforts de ce côié sont composés d'agglomérats de cailloux roulés, de fragments de gneiss et de sable; c'est à un de ces contreforts qu'appartient le massif sur lequel s'élevait la citadelle de Sardes. Le Tmolus ou Bouz dagh commence à se dé- {irimer en s'approchant de la mer et aisse entre lui et le mont Pagus une large vallée qui conduit dans la vallée du Caystre. Au nord, le long de la chaîne, s'étend la vallée de Bournabat, à l'entrée de laquelle est située la ville de Smyrne. Nous devons mentionner aussi un pays montagneux qui forme la barrière nord de la vallée de Bournabat. Cette chaîne, dont l'altitude atteint à peine la hauteur de quinze cents mètres, appartient en entier au système crétacé ; c'est dans les rochers qui dominent la vilte de Bournabat que les touristes vont visiter

^uwvEas.;

des excavations appelées , sans aucune espèce d'aûkorlt'é4, fes'Grôtte's d'Homère. Cette tradition a pour base un passage de Pausànias (f) qui a été faussement appliqué à cette localité. « Les Smyr* néfens ont dans leur* pays le fleuve Mêlés dont les eaux sont excellentes; près de sa source est une'grotte où Homère, dit -on , composait sqs poèmes. » Les grottes que Ton montre aujourd'hui ne sont pas àla source du fleuve, cesontdes excavations peu profondes dans la roche calcaire, et qui n'ont rien de reraar- 3uahle, Le versant oriental de ce rameau u Tmolus est couvert d'une forêt assez touffue dans laquelle est le célèbre rocher où se trouve gravé le portrait de Sésostris. La jolie ville de Nymphi , célèbre par ses plants de cerisiers, est située au pied de cette montagne. Ces différentes chaînes nous ont conduit jusqu'au bord de la mer au golfe de Smyrne. Nous avons à examiner les groupes montagneux qui l'entourent et qui ont servi d'asile aux premières colonies ioniennes qui vinrent s'établir en Asie. L'étude de ces montagnes offrirait un puissant intérêt au géologue, attendu que sous un cadre restreint il pourrait trouver des formations de tous les âges, depuis les granits jusqu'aux roches volcaniques du terrain tertiaire. La forme de ces montagnes se présente sous des traits grandioses et saisissants, qui se gravent facilement dans la .mémoire du navigateur.

Nous suivrons pour notre étude la ligne de la chaîne du Tmolus. La montagne qui domine la ville de Smyrne est le mont Pagus près duquel Alexandre est censé avoir eu une vision (2). Pline (3) lui donne le nom de Martusie.

Dans cette même contrée on trouve le mont Martusie adossé à Smyrne (a tergo Smyrnx\ et doni les racines vont joindre celles du mont Olympe. Tout cela n'est pas très-exact; car entre les montagnes de Smyrne et l'Olympe, il y a de grandes vallées sans compter celle du Mêlés dont l'auteur vient de parler dans le même chapitre. Le mont Pagus ou Martusie est presque conique; il est en- Ci) Liv. VII, ch. v.

(a) Paus.. ach. 5.

(3) Liv. V, ch. 29.

tièrement composé de trachytes et 1 roches de nature volcanique, et a ce de particulier que c'est une forma tic isolée au milieu des montagnes caica res. Les Turcs l'appellent Kizil dagh {. montagne Rouge). Au sud sont les moi tagnes de Téos, de Claros et de Cok phon en calcaire gris qui approche d marbre, et au nord la vallée de Boni nabat .

Page 1