AGE DANS LE MOIS DE LA GUÉRISON
Dans la majorité des cas, Moosieur le Préfet, la folie guérit d’autant plus facilement que les sujets sont plus jeunes ; mais cela pourrait bien tenir à ce que ce ii’est guère que chez les vieillards qu’on observe certaiues formes de folie, la démence notamment, qui sont fatalement incurables ; et je ne serais poiut éloigné de croire que la manie franche et la lypémanie aiguë oflreut autant et même plus de chances de guérison chez les sujets âgés que chez les autres; ce qui pourrait s’expliquer peut-être par l’existence, chez tes premiers, d’une résistance passive, d’une espèce d’insensibilité organique, en vertu de laquelle les lésions primitives ou secondaires de l’encéphale seraient moins profondes et par cela même moins irrémédiables.
Les 4 hommes âgés de plus de 60 ans — 67 à 12 ans — qui, en 1863, ont quitté l’Asile pour cause de guérisou, étaient atteints de lypémanie; deux avaient fait des tentatives de suicide. Ils ne sont restés à l’Asile que de 1 mois IjS à 7 mois.
Des trois femmes, plus que sexagénaires, qui .sont sorties guéries en 1863, deux étaient atteintes de lypémanie; là troisième, âgée de 72 ans, avait un accès de manie aiguë qui a guéri en moins de 2 mois li2.
5“ CAUSES PRÉSUMÉES (Voir le tableau 20).
Bien qu’il ne soit ici question. Monsieur le Préfet, que des aliénations mentales terminées par la guérison, l’hérédité n’en figure pas moins
comme cause prédisposante dans Ja majorité des cas. C’est qu’en effet la folie guérit, qu’elle soit héréditaire on non. Il n’est même pas parfaitement établi, bien que cela paraisse rationnel, que l’existence d’une prédisposition héréditaire aggrave de beaucoup le pronostic.
Il y a tout lieu de croire, d’ailleurs, que la fofe héréditaire est plus snjettè à réciditrè. Peut-être, cependant, le premier accès d’aliénation chez un sujet héréditaireitaent prédisposé, est-il, dans certains cas, une crise salutaire de nature à amoindrir, sinon à annihiler complètement l’influence de cette prédisposition. Mais ce sont là des questions, Monsieur le Préfet, que je ne puis examiner longuement dans un travail de cette nature.
fin ce qui concerne la gravité, an point de vue du pronostic, des causes occasionnelles, il n’est pas douipux que les plus à redouter sont, en général, celles qui agissent avec le plus dé lenféùr, èh déterminant dans l’encéphale une perturbation durable. Il n’en est point ainsi, dans la majorité des cas, des causes morales et des causes physiques uon cérébrales.