CAUSES PRÉSUMÉES
La connaissance des causes de la maladie des aliénés qui nous sont confiés, a pour nous trop d’importance. Monsieur le Préfet, au double point de vue du pronostic et du traitement, pour que nous n’apportions pas le plus grand soin dans la recherche de ces causes. Aussi faisonsnous tous nos efforts pour obtenir, des parents ou amis, les renseignements les plus circonstanciés sur les antécédents des aliénés qui sont admis à l’Asile ; malheureusement, pour ceux étrangers au département, ce n’est que par exception que nous pouvons obtenir des renseignements à peu près satisfaisants.
Gomme l’année dernière d’ailleurs. Monsieur le Préfet, j’ai séparé complètement, dans l’étude des causes, la folie simple, la folie paralytique et la folie épileptique, qu’il n’est plus permis de confondre aujourd’hui, si l’on veut que ,les documents recueillis aient quelque valeur.
(Voir le tableau 6 ci-contre.)
J’ai fait entrer dans le cadre du tableau 6, toutes les causes dont il m’a été donné, depuis 20 ans, d’observer, même accidentellement, l’influence. Je le crois donc aussi complet que possible dans l’état actuel de la science psychriatique.
L’examen de ce tableau donne lieu, d’ailleurs, aux observations suivantes :
Sur une population de 580 aliénés, je n’ai pu obtenir de renseignements suffisants, en ce qui concerne l’étiologie, que pour 185 malades, c’est-à-dire moins du tiers de la population ; ce qu’il faut surtout attribuer à ce que le plus grand nombre des aliénés admis à l’Asile de Blois sont étrangers au département, et ne reçoivent que très-rarement la visite de leurs parents.
Sur ces 185 malades, 113, c’est-à-dire un peu plus des deux tiers, avaient ou avaient eu dans leur famille, des aliénés, des épileptiques, ou des parents atteints de quelque autre affection cérébrale.
Les autres causes prédisposantes dont il m’a éti donné d’observer le plus souvent l’influence, en 1863, sont :
Dans la folie simple : les accès antérieurs d’aliénation mentale qui constituent une prédisposition des plus fâcheuses, et les maladies ou états propres à la femme, que le plus souvent on considère comme des causes déteradnantes de l’affection cérébrale.
Dans la folie épileptique : l’épilepsie, qui n’est pas non plus dans la majorité des cas une cause occasionnelle, mais bien plutôt une cause prédisposante de l’aliénation mentale. Il est bien entendu que Je n’entends parler ici que de la folie consécutive à l’épilepsie, et non point de cette espèce de folie convulsive sur laquelle j’ai l’un des premiers appelé l’attention, il y a une quinzaine d’années, dans les annales médicopsychologiques.
Quant aux causes occasionnelles, j’ai constaté, pour la folie simple, la prédominance des causes morales sur les causes physiques, dans la proportion de 87 à 21, c’est-à-dire plus de 4 à 1.
Parmi les causes physiques, les excès de boissons fermentées, les convalescences ou métastases de maladies éruptives ou autres, et parmi les causes morales, les chagrins domestiques et ceux résultant de la maladie ou la perte d’une personne chère, l’amour contrarié, les revers de fortune ou embarras d’affaires, les idées religieuses exaltées ou mal dirigées, notamment chez les femmes, la frayeur, sont celles dont j’ai le plus souvent constaté l’iufluenee.
Sous la dénomination de folie épileptique, j’ai compris toutes les aliénations mentales déterminées d’une façon plus ou moins évidente par l’épilepsie ; ce sont donc les causes occasionnelles de cette névrose qui figurent dans le tableau 6. Parmi ces causes, les plus fréquentes sont incontestablement les convulsions de l’enfance, la frayeur, et les affections organiques du cerveau. : .
La folie ou démence paralytique est, je crois, plus souvent que la folie simple, déterminée par des causes physiques : mais il n’en est pas moins certain, d’après les renseignements qui nous sont donnés par les familles, que des causes morales sont, plus souvent que des causes physiques, signalées par elles comme ayant, en quelque sorte, déterminé l’explosion de la maladie. Malheureusement, dans la paralysie, plus peut-être que dans toute autre forme d’affecliou cérébrale, le début est souvent méconnu par les parents et même par les médecins, de telle sorte que parfois les premiers symptômes de la maladie en sont considérés comme les causes.
L’idiotie, affection le plus souvent congénitale, héréditaire au même titre que la folie, n’est presque jamais déterminée que par des causes physiques, agissant au moment de la naissance, ou tout au moins dans la première enfance. Parmi ces causes, je dois citer surtout les convulsions de la dentition.
CAUSES PRÉDISPOSANTES.
TABLEAU SIXIÈME. - causes
K L ALIÉNATION DES MALADES EXISTANT DANS L'ÉTABLISSEMENT LE 1*' JANVIER 1863.
DÉSIGNATION DES CAUSES
(P^re, grand-père, oncle, tante)., Directe.. J Maternelle ( id. ,
(Paternelle et maternelle."
Collatérale. .
{ Collatérale et paternelle (irtm,
Collatérale et maternelle (
Collatérale, paternelle et maternelle.
iiionsanguinité des parents.
[Grande différence d'âge entre les parents (plus de 20 ans)...!
Influence du sol, du milieu ambiant..
iConvulsions ou émotions de la mère pendant la ge.station.
Grossesse. SlIltAfi Ha Annphoc àna - i
« -7. c. la ..
Grossesse, suites de couches, âge critique, période menstruelle.
[Epilepsie et autres névroses.•...
Ivrognerie (1 ).!!!!!!.
Excès de travail intellectuel prolongé....!!!!!!!!!'!.
Accès antérieurs d’aliénation mentale .!!.!.’"
Autres (intoxication saturnine, onanisme).
I Nulles ou inconnues. .
\ Renseignements nuis ou insuffisants..!!!!!"!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Totaux.