DI0CÈ8B DE CA8TKB
ceaux au débouché des chemins de traverse. La dépense pour ce chemin de Castres à Guitalens se porta à 99,565 liv., sans y comprendre 32,265 liv. pour achat de terrain , extraction de gravier et de matériaux et frais divers. L'entretien en fut donné pour neuf ans à 3,060 liv. par an , et on donna pour autres 3,000 liv. l'entretien du chemin de Castres au port de Saïx.
À ce moment , on songea à rendre plus sûr le passage au bac en demandant aux propriétaires d'y faire tendre des cordes. Le chapitre de Castres, propriétaire du bac de Saïx, ne fit aucune difficulté ; mais le commandeur de Raissac , qui avait celui de Guitalens , refusa ; le diocèse ne pouvait l'y contraindre que s'il était établi que la corde fût indispensable pour la sûreté des passants , et l'assiette de 1760 fit prendre des informations à ce sujet.
En 1755, le diocèse affecta 1,440 liv. au pont d'Âssou à Fiac, et en 1756 il demanda à la sénéchaussée de remplacer par un pont de pierre le pont en bois de Ferrières , c si utile pour la garnison des invalides qui étaient dans le fort. » Garipuy, directeur des travaux de la sénéchaussée, en fit le plan , et il fut adjugé, en 1757, pour 10,500 liv., sur lesquelles le diocèse paya son préciput ; il paya aussi 10,260 liv., et en 1758, 3,600 liv., c'est-à-dire trois préciputs, pour réparations à d'autres ponts. Les communes imposaient aussi leur^ préciput pour les ponts et les chemins; l'assiette en autorisait la levée, mais à la condition que le montant en serait remis au receveur et employé sur les ordres des commissaires du diocèse.
L'assiette de 1754 avait chargé Bissol de Saint- Just d'inspecter les travaux du chemin de Guitalens ; plus tard , on étendit ses attributions à tous les travaux publics , et les Etats autorisèrent la nomination d'un inspecteur; ses gages, de 400 liv. furent élevés à 500 liv. en 1760; en sus, l'inspecteur avait des gratifications pour divers tra-
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vaux. Ainsi, en 1761 , on lui donna 540 liv. pour avoir vérifié l'assiette des chemins de Graulhet et de Labessonnié, et 1,200 liv., en 1771, pour la levée de plans de ponts. Le traitement de 500 liv. parut alors insuffisant , par suite de la multiplicité des travaux sur divers points du diocèse. Déjà on avait adjoint à Saint-Just le sieur Rey pour inspecter le chemin de Graulhet , et on lui donnait 500 liv. Aussi, en 1772, on décida de donner 1,200 liv. à l'inspecteur, en l'obligeant d'avoir à ses frais un adjoint. Les Etats n'approuvèrent pas ; et les commissaires du diocèse, pensant que c'était à cause des infirmités de l'inspecteur Saint-Just, qui exerçait depuis dix-huit ans, nommèrent à sa place Rey-Merlas, à la charge de payer à Saint-Just une pension viagère : les 1,200 liv. furent alors autorisées.
Le diocèse avait projeté de réparer le chemin de Castres à Saint-Pons et voulait faire un premier emprunt de 20,000 liv. Mais l'évêque obtint de la sénéchaussée qu'elle se chargeât de la route d'Albi à Saint-Pons par Castres et Labruguière , et une partie en fut mise à l'adjudication en mars 1758. Le diocèse ne s'occupa plus alors de ce chemin ; seulement, en 1759 , afin d'en avancer les travaux et de donner du travail aux pauvres, il fit employer par l'entrepreneur 20,000 liv. au delà de la dépense de l'année et il en paya les intérêts pendant longtemps (1).
En 1755 , le diocèse avait décidé de réparer une partie du chemin de Castres à Lautrec par Graulhet ; mais , en
(1) En 1764, nous voyons le diocèse protester contre la direction de ce chemin sur Labruguière et Mazamet. En 1769, l'évêque convint avec Gleizes, directeur des travaux, que l'avenue dans Castres serait établie, non au milieu de la promenade du Jeu du Mail, comme on l'avait projeté, mais sur la partie du faubourg opposée aux casernes ; et , en 1776, l'avenue étant marquée , malgré cet accord , au milieu de la promenade , les commissaires du diocèse délibérèrent d'en faire suspendre les travaux et d'en appeler aux Etats.
1759 , il reconnut que ce chemin était tellement dégradé qu'il était nécessaire d'en faire un à neuf. On fit le plan , ainsi que celui du chemin de Castres à Labessonnié , et en 1760 on demanda d'emprunter pour cela 200,000 liv. en dix ans. Les Etats chargèrent Garipuy, directeur des travaux de la sénéchaussée de Garcassonne , d'examiner les devis , et, sur son rapport, ils consentirent que le diocèse empruntât 20,000 liv. par an. Le roi accorda l'autorisation, le 6 janvier 1763, et une première partie du chemin de Castres à Graulhet fut adjugée le 27 juin suivant. En 1765 , il fut décidé que ce chemin passerait à Lautrec, au lieu de desservir cette ville par un embranchement, comme on Pavait d'abord projeté. Garipuy fut prié de venir encore visiter les lieux.
En 1766 , il s'éleva un grand procès entre le diocèse et Ducros , entrepreneur de ce chemin de Graulhet , pour des malfaçons que Bedos, un de ses commis, avait dénoncées. Laroche , ingénieur des ponts et chaussées , inspecteur du diocèse d'Aibi , fut chargé de vérifier les travaux et conclut que Ducros devait rembourser 16,442 liv. Ducros attaqua ce rapport , et prit à partie l'inspecteur du diocèse, puis les commissaires , et enfin le syndic et le greffier ; il fil même imprimer un libelle injurieux qu'il répandit partout. Le procès dura longtemps ; l'intendant se déclara incompétent , et le diocèse se demanda s'il devait aller au Parlement, à la Gour des aides ou au Conseil du roi : enfin , en 1773, l'entrepreneur fut condamné à une indemnité de 17,000 liv. en faveur du diocèse. Cependant on ne discontinua pas de travailler au chemin. En 1769 , 2,400 toises étaient terminées et 1,800 autres allaient l'être ; le chemin en avait 13,000 et devait coûter 225,000 liv.
En même temps, on s'occupait activement des ponts. En 1770 , le diocèse payait 28,916 liv. pour sa contribution aux travaux des ponts de la sénéchaussée. Celle-ci, en
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1773, fit faire le pont de Labruguière que les commissaires du diocèse de Castres adjugèrent d'abord pour 14,000 liv. et puis pour 11,000. De son côté, le diocèse consacrait anx ponts plusieurs préciputs. En 1770» il fit vérifier par Bissol de Saint-Just tous ses ponts (1) 9 et à la suite, il vota six préciputs pour six ponts, soit 7,200 liv.
Un nouveau règlements des Etats de cette année 1770 doubla les préciputs ou contingents des diocèses et des communes pour les ponts ; ainsi ils furent, pour les petites communes, de 240 liv., pour les villes ou gros bourgs, de 480 liv., et pour les diocèses, de 2,400 liv. Le diocèse de Castres, en 1772, accepta celte augmentation et décida d'imposer annuellement pour ses ponts de 9 à 10,000 liv. Les Etats expliquèrent, sur les observations du syndic du diocèse de Toulouse , qu'ils entendaient par ville ou gros bourg toute commune dont Fi m position, d'après la mande du diocèse, serait de 6,000 liv. et plus.
Les Etats avaient décidé la reconstruction du pont d'/fôrépian , au diocèse de Béziers , mais avant ils voulaient s'assurer si le chemin qu'il desservirait serait pour des bêtes de charge seulement ou pour des voitures. Le diocèse de Béziers avait déjà décidé de faire un chemin pour les voitures jusqu'à la limite du diocèse de Castres. Celui-ci avait précédemment délibéré de faire un chemin de Saint- Gervais à Hérépian sans rien spécifier pour la route de Saint-Oervais à la bar raque de Montaigut; en 1771, il avait décidé de faire le chemin de Castres à cette barraque
(1) Ses plans sont conservés aux archives de la préfecture et forment un grand atlas classé sous le n° 1156, C. On y voit les ponts vieux et neuf à Castres sur l'Agout et le pontil , sur un ruisseau , aux faubourgs de cette ville ; — le pont de bois de Gais, sur la Durenque; — les ponts de Burlats, de Roquecourbe, de Ferrières et de Brassac, sur 1* Agout ; — ceux de Graulbet , de Briatexte , de Montdragon , de Trotoco et de Lafenasse , sur le Dadou, et autres ; en tout quarante-neuf ponts.
par Brassac et Lacaune, et en 1772, appelé à préciser l'importance qu'il entendait donner à ce chemin, il arrêta que le chemin de la montagne ou de Castres au pont d'Hérépian serait fait pour des voitures et qu'on y consacrerait 16,00 liv. par an sur deux points, l'un du côté de Castres, el l'autre du côté d'Hérépian.
Le devis de la partie de Saint- Gervais à Lacaune, qui n'était que la moitié de la longueur de ce chemin, se portait à 249,650 liv. ; aussi les Etats ajournèrent leur décision et prièrent les deux diocèses de leur soumettre les plans et devis du chemin en entier. Cependant , comme les diocèses consacraient à la confection de chemins des sommes souvent trop considérables qui retombaient sur les biens ruraux, le roi avait chargé ses commissaires aux Etats de leur signifier qu'ils eussent à terminer les chemins commencés, avant d'en entreprendre d'autres, et de faire rechercher par les Etats un autre mode de répartition des dépenses, afin de soulager les biens ruraux. Mais les Etats de 1774, dominés par l'utilité des chemins pour le commerce , l'industrie et l'agriculture , firent des représentations au roi sur cette résolution, « très-dommageable à la province et à la plupart des diocèses ; » et cependant, en ce qui concernait le diocèse de Castres , ils ajournèrent l'exécution du chemin d'Hérépian jusqu'à ce que ses autres chemins fussent finis et ses emprunts entièrement remboursés»
La longueur du chemin d'Hérépian était de 57,110 toises ; la dépense était évaluée 543,865 liv. Les Etats de 1775 prescrivirent de nouvelles études. L'assiette chargea alors Rey et Saussines de faire un second travail et demanda d'y consacrer 30,000 liv. par an. Le nouveau tracé n'eut que 48,000 toises ; les Etats autorisèrent la confection des parties de Castres à Brassac et de Saint-Gervais à la Croix-Blanche, limite du diocèse, et un arrêt du con-
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seil du 1 er avril 1776 permit un emprunt de 216,000 liv. Le chemin de Castres à Graulhet, commencé en 1763, était un des plus importants du diocèse. La ligne dressée par Saint- J us t et Garipuy se dirigeait sur Brametourte, laissant Lautrec à droite à 750 toises. On a vu qu'en 1765 il fut décidé , sur la demande du comte de Noailles , vicomte de Lautrec, de le faire passer à Lautrec môme, soit d'augmenter son parcours de 1,500 toises. On avait déjà dépensé pour ce chemin 165,849 livres. En 1775 , il fut question de relier à Lautrec la route d'Àlbi à Castres et de desservir Venez par un embranchement ; l'évoque de Castres appuyait ce projet et l'assiette décida de faire les démarches pour le faire adopter.
Cette assiette appuya aussi auprès des Etats la demande que Mazamet avait faite au diocèse de Lavaur de la confection d'un chemin par la montagne sur Carcassonne. Elle chargea encore le syndic de faire exécuter les ordonnances contre les propriétaires riverains des chemins, soit pour les dégradations qu'ils y commettaient, soit pour la construction des ponceaux pour aboutir aux chemins. Enfin elle fit dresser par l'inspecteur un plan des réparations à faire aux ponts et que les communes seraient obligées d'exécuter en y employant leur préciput qu'elles laissaient souvent entre les mains du receveur pour ensuite en distraire le montant des sommes à imposer. Les ponts de Burlats, de Roquecourbe pour lesquels le diocèse recevait un secours de la sénéchaussée allaient être terminés, et l'assiette pria la sénéchaussée de faire le pont de Saint-Projet à Graulhet et de rebâtir en maçonnerie le pont de bois de Jeanes.
Indépendamment des ressources que les communes et le diocèse consacraient aux chemins de traverse, la sénéchaussée avait affecté pour ces chemins, sur la part des impôts qu'elle prélevait sur les diocèses pour les ponts et
chemins, une somme de 3,000 liv. quelle distribuait annuellement entre les diocèses en proportion de leurs besoins ; mais en décembre 1766 elle avait décidé d'accorder aux diocèses , à tour de rôle , cette somme entière de 3,000 liv. Le tour du diocèse de Castres vint en 1775.
On éprouvait plus que jamais la nécessité de réparer les petites voies de communication. Elles étaient dans un dépérissement complet. Les Etats firent dresser un projet de règlement sur la confection de ces chemins, et le diocèse de Castres, en 1776, chargea ses commissaires de transmettre aux Etats les observations qu'ils auraient faites à. ce sujet. Mais ce règlement, attendu avec impatience, n'avait pas encore été arrêté en 1781 , et les communes du diocèse demandèrent à l'assiette de les autoriser, pour rendre les chemins de traverse praticables au moins pendant la belle saison, à faire ouvrir les fossés, réparer les mauvais pas et leur donner leur ancienne largeur. Les règlements sur ce sujet étaient très-nombreux , mais il était nécessaire qu'ils fussent réunis , et il fut décidé que le syndic en rédigerait un ensemble qui serait imprimé et envoyé à chaque commune (1). Mais les consuls ne purent encore faire exécuter ce règlement , et il est dit à l'assiette de 1782 que pas un des chemins de traverse n'avait la largeur déterminée : la plupart étaient réduits à 7 à 8 pieds de large, et beaucoup avaient à peine la voie pour une
(1) Au sujet des chemins de traverse, rapportons ici une décision prise le 20 juillet 1778 par les commissaires ordinaires. 11 s'agissait de mettre en communication les principaux domaines avec les routes nouvellement construites ; le diocèse ne pouvait en faire les frais , mais il paraissait juste qu'il vînt en aide aux propriétaires qui voudraient faire les chemins et les entretenir, et ils accordèrent 400 liv . aux sieurs de Foucaud , de Puycalvel et de Milhau, 200 liv. au sieur d'Arifat, 300 liv. au sieur Azemar, et pour le chemin de Gaïx, ils décidèrent qu'ils en feraient faire les fossés et l'empierrement, et que le seigneur ^donnerait le terrain et ferait [faire les ponceaux nécessaires.
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charrette ; les fossés n'étaient pas faits, les eaux y croupissaient et les rendaient impraticables pendant sept à huit mois. Il fut alors proposé de nommer un surveillant pour ces chemins de traverse; mais l'affaire dut en rester là, et en 1783 on appliqua à ces chemins les 3,000 liv„ accordées cette année par la sénéchaussée.
Revenons aux chemins du diocèse pour lesquels, en 1776, on dépensa 59,122 liv.; en 1778 on y affecta 76,000 livres, et Tannée suivante 85,000. Les chemins alors en voie d'exécution ou classés étaient le chemin de Navés, celui à'Hérépian, celui de Graulhet et celui de Labessonié, de 80,000 toises de longueur environ en tout. %
En 1782 il fut question de prolonger le chemin de Graulhet jusqu'à Lavaur. En 1768 on avait projeté de jeter un pont sur l'Agout à Lavaur, et les Etats avaient demandé au roi un secours de 60,000 liv. pour assurer l'exécution « d'un établissement dont les avantages seraient considérables pour les provinces de Languedoc, de Rouergue et d'Auvergne et en particulier pour les diocèses de Toulouse, Albi , Montauban , Lavaur et Castres. » L'assiette de Castres, en 1769, appuya la demande des Etats. Ce pont était en construction en 1777; il devait être achevé dans quatre ans, et les diocèses de Castres et de Lavaur durent dresser les plans des chemins qui devaient y aboutir.
Le chemin de Castres à Lavaur était presque en entier sur le territoire du diocèse de Castres, soit qu'on lui fît longer l'Agout en prolongeant le chemin de Guitalens, soit qu'on le dirigeât par Graulhet. On fit faire les plans des deux lignes. Mais comme les chemins de communication d'une ville épiscopale à une autre devaient être faits à frais communs par les diocèses intéressés, celui de Castres demanda qu'on mît à la charge du diocèse de Lavaur la confection de ce chemin, ayant lui-même fait à ses frais plus de la moitié de la route de Castres à Lavaur.
La prolongation du chemin de Castres à Guitalens jusqu'au pont de Lavaur, sur la rive droite de l'Agout, avait 10,500 toises et était évaluée à 204,074 liv.; celle de Graulhet, au même pont, n'avait que 8,860 toises, évaluées 122,330 liv. Ce dernier était ainsi moins coûteux et il était beaucoup plus utile. La route de Guitalens à Lavaur, sur la rive gauche f était en bon état, et la sénéchaussée devait y faire passer, à partir de Saint-Paul, le chemin de Gastelnaudary à Lavaur; le chemin par Servies, swr la rive droite, lui serait parallèle et ainsi absolument inutile. Aussi les commissaires du diocèse donnèrent la préférence à la route de Graulhet ; l'assiette s'engagea même à en supporter tous les frais sans demander une contribution au diocèse de Lavaur, si ce dernier voulait faire le chemin de Revel ou de Sorèze au port de Saïx ou au pont de Navès (1). Les Etats , en 1778, agréèrent la route de Graulhet à Lavaur, mais ils en renvoyèrent l'exécution jusqu'à ce que le diocèse eût achevé ses autres travaux. Les .5,638 toises du chemin de Castres à 'Graulhet qui restaient à faire pouvaient être terminées en 1779. Ce chemin, de 14,996 toises, avait été évalué à 150,000 liv.; il devait coûter 400,000 liv., soit 80,000 liv. environ par lieue de 3,000 toises.
Le chemin du pont dCHéripian , par Brassac , Lacaune et Saint-Gervais , avait été autorisé, en 1776, à la condition de travailler aux deux extrémités, et un arrêt du conseil du 1 er avril avait permis un emprunt de 216,000 liv. en sept années. L'atelier qui allait s'ouvrir à la Croix-Blanche, limite du diocèse, étant à seize lieues de Castres, l'inspec-
(1) Ajoutons que le diocèse de Carcassonne faisait faire un chemin sur Revel et l'avait déjà poussé jusqu'à Sayssac. Le diocèse de Lavaur, qui avait été invité par les Etats en 1777 et 1778 à hâter les travaux de Sorèze à la métairie de Fajal, limite du diocèse, voulait qu'on le fît aller directement à Revel, mais le diocèse de Castres appuya auprès des Etats la demande de le faire aboutir à Sorèze.
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teur ne pouvait en surveiller les travaux sans négliger ceux qui se faisaient sur d'autres points. Aussi l'assiette en confia la direction à Saussines, auquel les Etats avaient donné l'inspection du pont d'Hérépian. Les premiers emprunts furent faits et les travaux, commencés aussitôt, furent poussés avec activité (1); la première partie, de Saint-Gervais à la Croix-Blanche, était finie en 1781 et avait coûté 52,831 liv.
Quant aux ponts, la sénéchaussée avait accepté de faire celui de Saint-Projet, à Graulhet , évalué 9,432 liv., et en 1777 elle pria le diocèse d'en faire les avances. En 1779 elle affecta au pont de Roquecourbe 2,000 liv., à celui de Burlats 3,000 et à celui de Lézert autant. Le diocèse, en 1783, imposait 28,916 liv. pour sa contribution aux réparations des ponts et chemins de la sénéchaussée. Les Etats avaient alors chargé les diocèses de dresser un état général et détaillé de tous les ponts , avec les noms des ruisseaux sur lesquels ils étaient construits et des communes où ils étaient situés. En 1778 le diocèse de Castres déclara que ses ponts étaient en assez bon état, et en 1780 qu'ils n'avaient besoin d'aucune dépense. En 1782 il fit dresser le devis du pont de Luzières sur l'Agoût , dont la commune de Vabre (2) demandait le rétablissement, et en 1784 il y consacra son préciput, qui avait été élevé, par un arrêt du 15 avril 1778, à 4,000 liv. Enfin, en 1788, le diocèse consacra encore un préciput et demi, soit 6,000 liv., à la réparation des ponts.
(1) Simultanément le diocëse dut faire, en 1778 , un embranchement pouf Vielmur sur le chemin de Guitalens, des ateliers de charité sur l'avenue de Lacaune, et réparer le chemin de Saint-Gervais à Andabro emporté par les inondations.
(2) Vabre était une localité très-importante ; plus de douze cents ouvriers y étaient occupés à la fabrique de draps ; on y faisait venir de Castres le comestible, le sel, le tabac, le bois de campêche et les autres matières pour la teinture.
L'inspecteur des travaux du diocèse était toujours Rey- Morlas. En 1776, on lui donna 1,200 liv. quittes de la pension de retraite de 400 liv. en faveur de Saint- Just, et en 1777 il demanda encore en plus un secours ; dans d'autres diocèses, on passait à l'inspecteur 600 liv. pour les tracé, plan et devis des nouvelles routes et les communes lui donnaient 6 ou 12 liv., suivant leur importance, par plan de réparations aux ponts : on lui accorda une gratification de 600 liv. En 1783, on donna à Rey une pension de retraite de 500 liv. et on nomma à sa place Louis-Paul Gleizes, employé depuis longtemps dans les travaux de la province. L'inspecteur fat alors chargé de s'assurer de la qualité des matériaux, de rechercher les carrières les plus rapprochées/de faire employer les fonds avant le mois de novembre, de faire tous les trois mois des tracés provisoires et de visiter tous les deux mois les chemins donnés à l'entretien. Gleizes se démit de ses fonctions en 1788 et fut remplacé par Henri Azemar.
En 1783 on décida de faire faire le plan du chemin de Castres à Labruguière, à partir de la route de Saint-Pons. Cette année, la première partie du chemin de Brassac était reçue; mais, pour le reste, comme les 216,000 liv. permises d'emprunter en 1776 avaient été dépensées, on demanda un autre emprunt. Saint-Gervais sollicitait alors la confection du chemin sur la barraque de Montaigut vers Lacaune, afin que le Rouergue, qui avait projeté un embranchement de Brusque à la Croix de Mounis, ne le dirigeât pas sur Lodève ; cependant on ajourna toute décision à ce sujet avant que les deux parties autorisées du chemin d'Hérépian ne fussent terminées.
La partie de Castres à Brassac allait être terminée en 1785, et l'on demande de faire la partie de Brassac à Lacaune, qui avait environ quatre lieues et se portait à 196,000 liv., et d'y employer aussi 30,000 liv. par an.
Mais le diocèse de Béziers et la commune de Saint-Gervais voulaient qu'on fît la partie de Saint-Gervais à Lacaune, et quoique la première fût plus importante, on décida, en 1786, de travailler sur les deux. Cependant Béziers et Saint-Gervais en appelèrent aux Etats qui, en 1787, tout en autorisant l'emprunt de 30,000 liv. pour le chemin de Brassac à Lacaune, chargèrent Ducros, inspecteur des travaux de la province, de venir marquer la route d'Hérépian à la Croix de Mounis, et de cette Croix aux limites du Rouergue. Il y avait un autre projet de route de Lacaune à Hérépian par la montagne de Lespinousse, plus courte et moins coûteuse que par Saint-Gervais ; mais le diocèse préféra cette dernière, une partie du chemin de Saint-Gervais étant déjà faite et le Rouergue traçant un chemin de Vabre à la Croix de Saint- Aman s de Mounis, par Camarès et Brusque. Les Etats l'approuvèrent et invitèrent le diocèse, tout en faisant la partie de Brassac à Lacaune, de travailler aussi à celle de Lacaune à Saint-Gervais : l'assiette de 1788 appliqua 4,300 liv. pour les premiers travaux sur cette partie, et pressa les Etats de faire reprendre la construction du pont de Brassac qu'ils avaient ajournée. Le chemin de Castres à Graulhet allait aussi être terminé en 1785; le diocèse d'Albi avançait le sien sur cette ville, et il était de la plus grande utilité de faire le chemin de Lavaur « qui devait vivifier une grande partie de la plaine du diocèse où les grains, le vin et le bois abondent, et où les mûriers sont cultivés avec succès, et dont les habitants étaient généralement pauvres à cause surtout du manque de chemins pour l'exploitation de leurs denrées. » L'assiette chargea Gleizes de faire les études. Il y avait deux projets : l'un par Briatexte et l'autre par Cabanes, d'une longueur à peu près égale; mais l'assiette de 1786 préféra le tracé par Briatexte dont le devis, fait depuis quelques années, se portait à 151,794 liv. pour une longueur de
8,509 toises. L'évêque proposa d'emprunter cette somme en entier et de la rembourser par des annuités de 20,000 liv., et ainsi la construction du chemin pourrait être finie dans quelques années. Les Etats approuvèrent cette délibération , et un arrêt du conseil du 16 mars 1787 permit un premier emprunt de 20,000 liv. Le chemin fut aussitôt donné à l'entreprise,, et deux ateliers furent ouverts à Graulhet et à Briatexte.
Mais le chemin de Labessonnié avait été décidé, en 1760, en même temps que celui de Graulhet, et il avait été ajourné pour pousser ce dernier avec plus d'activité. En 1787 on proposa d'en modifier le tracé, en empruntant 4,000 toises au chemin d'Âlbi à Castres : il n'aurait ainsi que 6,764 toises et ne coûterait que 64,809 liv. Un arrêt du 29 février 1788 permit l'emprunt de cette somme et les travaux furent aussitôt adjugés. Mais les communes de Roquecourbe et de Burlats réclamèrent contre ce tracé ; les Etats chargèrent Ducros de vérifier les lieux, et l'on suspendit les travaux du col de la Pomarède pour les reprendre du côté de Labessonnié , sur la partie commune aux deux projets.
Enfin, en 1787, on délibéra de reprendre le chemin du Roc-de-bwnel sur Roquecowrbe qu'on avait décidé de réparer en 1773, et pour lequel le diocèse avait été autorisé à emprunter 11,800 liv.
Au moment de la Révolution, le diocèse de Castres dépensait plus de cent mille livres pour ses chemins. En 1788, il imposait pour leur entretien 11,695 liv., pour l'achat de terrain 12,026 liv., pour les intérêts des emprunts 6,549 liv. , et pour remboursement de capitaux 45,900 liv. , puis encore 6,000 liv. pour réparations de ponts, et 30,549 liv. pour les ponts et chemins de la sénéchaussée , soit en tout, avec les 1,700 liv. données aux inspecteurs, 114,409 liv. Les chemins, après celui delà
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sénéchaussée dMZM à Saint-Pons qui traversait une grande partie de son territoire , étaient ceux de Navès et de Saîx sur Sorèze, Revel et Puylaurens, de Guitalens sur Toulouse et puis sur Lavaur , et de Graulhet par Lautrec, que l'on prolongeait sur Lavaur; le chemin de la Montagne par Brassac, Lacaune et Saint-Gervais était à moitié fait, et Ton allait travailler à ceux de Labruguière, de Labessonnié et de Roquecourbe. Ainsi toutes les localités importantes étaient ou allaient être desservies par des chemins quand la Révolution éclata. Quant aux chemins de traverse si importants, bien que les mesures prises pour les améliorer eussent été jusque-là infructueuses , il était à croire qu'on allait les reprendre, et le projet, émis en 1782, de nommer un surveillant particulier pour ces chemins , en aurait assuré la confection et l'entretien.
Terminons en disant qu'en 1782 les Etats après avoir fait faire la carte générale de la province et celle des diocèses, voulurent avoir une carte particulière pour les chemins ; ils invitèrent les diocèses à faire marquer sur une carte qui n'aurait que les villes principales , les fleuves et rivières par une ligne verte , les chemins entretenus par les Etats par un trait noir, ceux des sénéchaussées par un trait rougeâtre, et ceux des diocèses par deux lignes rouges, les chemins royaux par un trait bleu , ceux des communes, exécutés à neuf, par une ligne brune , et les chemins projetés par une ligne jaune ; enfin un trait au carmin en forme d'arc marquerait les ponts , et. autant d'arcs autant d'arches : Le diocèse de Castres, en 1783, chargea l'inspecteur Gleizes de cette carte routière, dont la seule vue prouverait qu'à ce moment les chemins exécutés ou projetés formaient un réseau étendu qui desservait toutes les localités importantes.