ACTE PREMIER
LUCIENNE
Une fois par hasard, peut-être ; mais d'une manière régulière...
ALBERT
Ce serait déjà ça !
LUCIENNE
Non, mon ami. J'ai une délicatesse de sentiments que vous ne saisissez peut-être pas très bien.
ALBERT
Mais si, mais si I
C'est d'une façon complète, absolue, qu'il faut que j'échappe à mon mari.
ALBERT
Je ne peux pourtant pas vous enlever et aller vivre à l'étranger avec vous.
LUCIENNE
Je ne le voudrais pas non plus.
ALBERT
Eh bien, alors?
LUCIENNE
Alors, je ne sais pas ; cherchez. Si l'on pouvait éloigner mon mari, le faire partir en voyage...
ALBERT
En voyage !... Mais il reviendra, et tout sera à recommencer.
LUCIENNE
Si le voyage était très long... Qui sait ce qui se passe dans le cœur des femmes ?
ALBERT
Alors, si je pouvais décider votre mari à partir en voyage, vous m'aimeriez pendant son absence ?
Je serais entièremeni à vous.
ALBERT, avec force.
Eh ! bien, il partira ; il partira, je vous le garantis; il faut qu'il parte. J'ai mon idée.
Madame Duméiiy et Bourcalier entrent par la porte de droite, premier plan.