ACTE PREMIER
C'est un long voyage, ça coûtera de l'argent; mais l'intérêt de la maison l'exige.
ALBERT, à part.
Ça va bien ! 'Haut.) Mais, dis donc, maintenant que c'est chose décidée, que tu as reconnu toi-même qu'il faut que tu partes...
BOURGALIER.
Comment! que je parte? Pourquoi moi, pourquoi pas toi, plutôt ?
iMoi?... mais je ne connais pas le pays ; je ne saurais pas m'y retourner. Et puis, tu es bien plus fort en affaires que moi.
BOURGALIER.
C'est vrai ! Mais moi, je suis marié, tandis que loi, tu es garçon et pour un voyage si long...
ALBERT
Que lu sois marié, que je ne le sois pas, la question n'est pas là. L'intérêt de la maison, avant tout ! Mon cher, il faut partir.
BOURGALIER.
11 faut partir, il faut partir... ! Discutons un peu avant.
ALBERT
Non, mon ami, ne discutons pas. I) faut partir. Qui sait si Ion obstination à ne pas accomplir ce voyage nécessaire, ne peut nous entraîner aune catastrophe? En engageant la maison, comme lu l'as engagée, car c'est toi qui l'as fondée cette succursale, tu as commis une boulette qu'il faut que tu répares.
BOURGALIER.
Une boulette, c'est possible; mais il n'y a pas péril en la demeure.