ACTE DEUXIÈME
bas, la saison est favorable. Mon mari nous a écrit que les affaires le retiendraient plus longtemps qu'il ne l'avait prévu, mais que la situation était sans gravité.
ALBERT
Ça ne fait rien, quand on a de l'affection pour les gens...
LUCIENNE
Vous l'aimez donc bien, mon mari?
Certainement. C'est un brave et digne garçon que j'aime de tout mon cœur.
LUCIENNE
Oui, mais il est mon mari.
ALBERT
Eh bien?
LUCIENNE
Eh bien ! il me semble que la jalousie naturelle...
ALBERT
Mais, pas du tout; au contraire, je ne suis pas de ces natures-là, moi. Je ne sens dans mon cœur qu'une reconnaissance profonde, sincère, pour l'homme auquel je dois un des plus grands bonheurs de ma vie, ma chère Lucienne.
LUCIENNE, assez sèchement.
Merci. On n'est pas plus aimable.
ALBERT
Mais, assez parlé de votre mari.
LUCIENNE
Ah! oui.
Parlons un peu de moi. Que diriez-vous