‹ Associés! comédie en trois actesChapitre 65 sur 150 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ALBERT

Mais j'aime beaucoup madame Bourcalier.

C'est la femme de mon ami.

MADAME DUMÉNY

Et vous aimez toujours les femmes de vos amis ?

ALBERT

Dame!

Ou, tout au moins, vous leur faites la cour.

ALBERT

Je ne fais pas la cour à madame Bourcalier.

MADAME DUMÉNY

Ce n'est pas ça que je voulais dire. Je faisais allusion à la cour que vous m'aviez faite, à moi, autrefois.

128 ASSOGII-:S

ALBERT

Il est vrai que j'ai commis cette folio, bien excusable d'ailleurs ; vous étiez,et êtes encore assez jolie femme...

MADA^IE DUMÉNY.

Inutile, mon cher, ces fadeurs ! Vous m'avez peut-être trouvée de votre goût, autrefois; mais vous avez assez manifestement changé d'avis.

ALBERT

Changé d'avis !

MADAME DUMÉNY

Enfin, pourquoi avez-vous cessé brusquement de me faire la cour?

ALBERT

Votre mari est tombé malade. C'aurait été inconvenant, de ma part, de continuer.

MADAME DUMÉNY

Mais depuis, je suis devenue libre.

ALBERT

Oui, c'est vrai.

Madame dumény.

Vous aviez affaire ailleurs, et mieux à faire, sans doute.

ALBERT

Mais pas du tout ! Et, certainement, je regrette bien vivement les circonstances qui m'ont fait interrompre un flirt, que je ne demanderais pas mieux que de reprendre.

madame dumény.

Trop tard, mon cher monsieur; je vais me remarier.

ALBERT, intéressé.

Vous allez vous remarier, c'est vrai ?

MADAME DUMÉNY

Mais oui.

ALBERT

Prochainement ?

MADAME DUMÉNY

Aussitôt que les convenances le permettront.

ALBERT

Et avec qui donc ? Un de mes amis ?

MADAME DUMÉNY

Non. Une personne que vous ne connaissez pas.

ALBERT

Ah t... Ça ne fait rien. Il ne va pas s'ennuyer, ce gaillard-là !

MADAME DUMÉNY

Vous êtes trop bon.

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