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ASTHME EN GÉNÉRAL

L’asthme essentiel doit être considéré comme une névrose se manifestant, comme les autres névroses, par des attaques ou crises.

La crise de l’asthme est caractérisée par deux éléments fondamentaux :

1° Dyspnée spéciale, seulement expiratoire comme dans l’emphysème à l'inverse des dyspnées d'origine congestive ou phlegmasiques.

2 Troubles vaso-sécrétoires : toutes les muqueuses de Pappareil respiratoire deviennent pendant la crise et en quelques instants le siège d’une abondante exsudation. La nature du produit de la sécrétion appelle Pattention par sa viscosité exceptionnelle : les crachats sont glutineux, vermiformes, ont été comparés à des fragments de vermicelle.

Cet exsudat qui constitue les crachats perlés de Laënnee montre au microscope des filaments muqueux parfois roulés en spiraies, spirilles de Curschmann. On y trouve encore les moules des canaux bronchiques, les cristaux octaédriques de Charcot- Leyden et les cellules éosinophiles de Müller qui du reste ne sont pas des signes caractéristiques de l'asthme.

Cette expectoration marque la fin de la crise.

Pour G. Sée la maladie est trois fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme; par contre, la statistique de Salter établit que jusqu’à l’âge de trente ans la femme yest peu sujette, mais à partir de cet âge, elle sera beaucoup plus souvent atteinte que l’homme.

On admet aujourd'hui que l’accès d’asthme est produit par un spasme, par une convulsion des muscles de la respiration. Pour les uns, ce spasme serait localisé aux muscles bronchiques; la contraction des bronches deviendrait l’obstacle à la circulation de Pair et l’abaissement du diaphragme serait consécutif à la plénitude exagérée du poumon.

Pour les autres, la dyspnée asthmatique n’est pas l'apanage exclusif des bronches. Le spasme s'empare successivement de tous les muscles inspirateurs extrinsèques : diaphragine, intercostaux, scalènes, trapèze, etc., qui par leur convulsion maintiennent le poumon dilaté et ne permettent qu’un faible renouvellement de l’air dans les vésicules pulmonaires.

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Enfin, une troisième opinion réunit les deux précédentes et admet à la fois le spasme des muscles extrinsèques et intrinsèques de la respiration.

Quant à Pasthme en lui-même, on le considère actuellement comme une névrose ; il en présente, en effet, tous les caractères, toutes les bizarreries. Les moindres odeurs, telles que celles des foins, les vapeurs d’une allumette soufrée le provoquent. Un tel aura des accès d'asthme dans un pays et pas dans un autre; de plus cette névrose semble nettement influencée par l’hérédité.

On à aussi sigualé l'alternance de l'asthme avec d'autres névroses telles que l’épilepsie, l’hystérie, etc.

L'état spasmodique des muscles de la respiration est dù à un état d’irritabilité de leurs nerfs ; cet état est tantôl spontané, tantôt le résultat d’un acte réflexe. |

À quelle cause est dû cet état d’irritabilité spéciale ? C’est ce que Huchard (communication à la Société thérapeutique du 27 mars 1895) a cherché récemment à expliquer pour certains cas; d'après lui l'asthme est souvent le résultat d’une intoxication (asthme toxique).

Nous ne discuterons pas cette question de l'asthme toxique, pour la traiter plus complètement dans le chapitre spécial que nous réservons à la Pathogénie.

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