AGREE
CFE SR
A l’époque de l’arrivée de M. Hunt à Saint-Louis, la Compagnie du Missouri préparait une expédition pour aller à leur recherche. Elle devait être dirigée par M. Manuel Lisa, le Partner entreprenant dont nous avons déjà parlé.
Deux expéditions se trouvant ainsi montées en même temps, les chasseurs et les Voyageurs, recherchés plus qu’à l'ordinaire, profitèrent de la circonstance pour stipuler des prix plus élevés. M. Hunt trouva dans M. Lisa un compétiteur subtil, et pour s’assurer de ses recrues fut obligé de leur faire de libérales avances d'argent.
La plus grande difficulté était de se procurer l'interprète sioux. Il n’y avait à Saint-Louis qu'un seul individu qui fùt capable de ce service , mais il fallait beaucoup d’adresse pour s’en assurer. L'homme en question était un métis nommé Pierre Dorion. Nous raconterons sur son compte quelques particularités, car il figure souvent dans la suite de ce récit, et est, en outre, un spécimen frappant de la race hybride des frontières.
Pierre était fils de Dorion, l'interprète français qui accompagna MM. Lewis et Clarke, dans leur fameuse expédition exploratrice à travers les Montagnes Rocheuses. Le vieux Dorion était un de ces créoles français , descendant des anciens colons du Canada, qui abondent sur la frontière de l'Ouest et s’amalgament avec les Sauvages. 11 avait sc-
JjJourne laissé d babitu avait e péranc Les aff.
condui Père e qu'ils Le le théâ et de b était so Dans ur ayant r sur le f s'écria | es trop père! »
du Métis son cui C'est que M.
Pierre l’année souri, € à travers montré
" Squa
us, édiêtre
, pre :
ss en , T'€de la evés.
iteur
ybligé
curer qu'un ,) Mais surer.
Pierre quellans la cimenh
rançais ns leur s Mouà de ces ons du l'Ouest ait sé-
journé parmi différentes tribus, et avait peut-être laissé de sa progéniture chez toutes; mais sa femme habituelle et régulière était une squaw Sioux". Il avait eu d'elle une couvée de fils métis pleins d’espérance. Notre Pierre était un de ces enfants. Les affaires domestiques du vieux Dorion étaient conduites suivant le véritable système indien. Père et fils s’enivraient ensemble, chaque fois qu’ils le pouvaient , et alors leur cabane devenait le théâtre de grossières clabauderies, de disputes et de batailles, dans lesquelles le vieux Français était souvent fort maltraité par sa race croisée. Dans une de ces affreuses rixes l’un des enfants, ayant renversé le vieux homme par terre, était sur le point de le scalper. « Arrête, mon fils! s’écria le pauvre diable d’une voix suppliante; tu es trop brave, trop généreux pour scalper ton père! » Cet appel toucha le côté français du cœur du Métis , et il permit au vieillard de garder intact son cuir chevelu.
C’est un des membres de cette aimable famille que M. Hunt désirait engager comme interprète. Pierre Dorion avait été employé en cette qualité, l’année précédente, par la Compagnie du Missouri, et avait conduit ses marchands en sûreté à travers les différentes tribus des Sioux. 1] s'était montré fidèle et utile tant qu’il était sobre ; mais
! Squai : c’est ainsi que les Indiens nomment leurs femmes.
En Rene rer ere me ei ue
En
APR ROME PRO ete
mes drine
l'amour des liqueurs, dans lequel il avait été nourri, se réveillait parfois avec fureur, et mettait à nu son naturel sauvage.
C'était cet amour des liqueurs qui lavait brouillé avec la Compagnie du Missouri. Tandis qu'il était à son service, au fort Mandan, sur la frontière, il avait été saisi d’un manie de whiskey ; et comme il ne pouvait s’en procurer que dans les magasins de la Compagnie, on le lui avait porté, dans :on compte, à 5o francs le litre. Cet article, sujet de terribles disputes, n’avait jamais été réglé, et la simple mention en était suffisante pour mettre le Métis hors de lui.
Aussitôt que M. Lisa eut découvert que Pierre Dorion était en traité avec la nouvelle association rivale, il s’efforca de l'en empêcher par des menaces, aussi bien que par des promesses. Ses promesses auraient réussi peut-être, mais ses menaces, ayant rapport à la dette de whiskey, ne servirent qu'à jeter Pierre dans les rangs opposés. Cependant il prit occasion de cette concurrence pour exiger de M. Hunt les termes les plus avantageux. Après une négociation qui dura près de quinze jours, il capitula enfin, et consentit à ser-
vir dans l’expédition comme chasseur et interprète au taux de quinze cents francs par an, sur lesquels mille francs devaient être payés d'avance.
Quand M. Hunt eut tout préparé pour partir
de Sa rent.
la No pour :
les Pa avaien pouvai déserte en dé avec lu pire, les da ne terreur gagés, ( un seul trances mirent M. Hu avec ur avait en instant, qu'on n ses deux des perp causer à Parmi monter deux sav
L été met-
’avait ‘andis 1, Sur ie de Jcurer on le incs le $, u’aon en de lui.
Pierre ciation es mees proes meey, ne pposés.
rrence
s avanprès de it à serinter-
an, su?
avance.
par tir
ASTORIA 201 de Saint-Louis, de nouvelles diflicultés s'élevèrent. Cinq des chasseurs américains du camp de la Nodowa arrivèrent tout d’un coup. Ils dirent, pour s’excuser, qu'ils avaient été maltraités par les Partners, et qu’à la suite d’une dispute ils avaient quitté le camp clandestinement. On ne pouvait, vu les circonstances, employer avec ces déserteurs des moyens de contrainte. M. Hunt en décida deux, par la douceur, à retourner avec lui. Les autres refusèrent, et, ce qui était pire, répandirent de tels détails sur les fatigues et les dangers de l'expédition, qu’ils inspirèrent une terreur panique aux chasseurs nouvellement engagés, et qu’au moment du départ tous, excepté un seul, refusèrent de s’embarquer. Les remontrances et les prières ne servirent à rien; ils mirent leur fusil sur leur épaule et s’éloignérent. M. Hunt fut donc obligé de quitter le rivage avec un seul chasseur et les Voyageurs qu'il avait enrôlés. Pierre Dorion lui-même, au dernier instant, refusa d'entrer dans le bateau, à moins qu'on ne consentit à emmener aussi sa femme et ses deux enfants. Ce n’était pas la encore la fin des perplexités que cet estimable individu devait causer à M. Hunt.
Parmi les différentes personnes qui allaient remonter le Missouri avec l'expédition se trouvaient deux savants. L'un, M. John Bradbury, homme
sui. comrtialie. nnprotnntemdhsmi satin pénal nm mo htc me 0
d’un âge mûr, mais fort actif et très entreprenant, avait été envoyé d'Angleterre par la Société linnéenne de Liverpool, pour faire une collection de plantes américaines. L'autre, M. Nuttall, également anglais, était plus jeune, et s’est fait connaître depuis comme l’auteur de deux ouvrages intitulés : Voyages dans l' Arkansas; et : Genres des Plantes américaines. M. Hunt leur avait offert la protection de sa caravane pour leurs recherches scientifiques sur le Missou:i. Comme ils n'étaient pas tout-à-fait prêts au moment de l’embarquement, ils mirent leurs malles sur le bateau et restèrent à Saint-Louis jusqu’au jour suivant pour attendre la poste, se proposant de rejoindre l'expédition à Saint-Charles, peu audessus de l'embouchure du Missouri. Cependant, le soir même, ils apprirent qu’un mandat d’amener avait été obtenu par M. Lisa, agent de la Compagnie du Missouri, contre Pierre Dorion, pour sa dette du whiskey, et que cet agent avait l'intention de faire saisir le Métis polyglotte à son arrivée à Saint-Charles. Sur cet avis, MM. Brad. bury et Nuttall partirent un peu après minuit, rejoignirent par terre le bateau, avant son arrivée à Saint-Charles , et avertirent Pierre Dorion des pièges légaux qui lui étaient tendus. Le rusé Pierre débarqua immédiatement et s’enfonca dans les bois, avec sa squaw chargée de leurs mori-
eauds fets le rejoind de Sain la paro encen anciens tiers de son épa lui, et dant il plaisait patrons La br midi , et leur pro lendema coup ch la vive, revint s dant Jar cipline à dans les ]
tune mo
fecté par Pour le c geurs can loupe ce
preciété tion égaconrages enres it ofrs l'eme ils nt de sur le u jour ant de eu aundant, d’amet de la orion ; t'avait e à son . Bradinuit, n arri- Dorion Le rusé ça dans mori-
eauds et d’un gros paquet qui contenait leurs effets les plus précieux. Quoiqu'il eût promis de rejoindre la brigade à quelque distance au-dessus de Saint-Charles, il y avait peu de fond à faire sur la parole d’un aventurier de cette espèce, qui, en ce moment même, cherchait à échapper à ses ancieus engagements. Il avait déjà reçu les deux tiers de sa paie d’une année; il avait son fusil sur son épaule, sa famille et toute sa fortune avec lui, et des bois immenses pour retraite. Cependant il n’y avait point d’alternative, et l’on se plaisait à espérer que sa pique contre ses anciens patrons le rendrait fidèle aux nouveaux.
La brigade atteignit Saint-Charles dans l’aprèsmidi, et les harpies de la loi cherchèrert en vain leur proie. Les bateaux se remirent en route le lendemain matin. Ils n'avaient pas encore beaucoup cheminé lorsque Pierre Dorion parut sur la vive. 11 fut reçu avec joie à bord, quoiqu'il revint sans sa femme. Ils s'étaient querellés pendant la nuit : Pierre lui avait administré la discipline indienne du bâton, mais elle s’était enfuie dans les bois avec leurs enfants et toute leur for-tune mondaine. Pierre était évidemment fort affecté par la perte de sa femme et de son havre-sac. Pour le consoler, M. Hunt dépécha un des Voyageurs canadiens en quête de la fugitive. Toute la Loupe campa bientôt après dans une ile, pour
attendre leur retour. Le Canadien revint, mais sans la Squaw. Pierre Dorion passa une nuit solitaire, inquiète, regrettant amèrement la folie qu’il avait faite d’exercer son autorité si près du toit conjugal. Cependant avant le point du jour il entendit, sur le rivage opposé, une voix bien counue. C'était son épouse repentante qui avait erré dans les bois, pendant toute la nuit, pour chercher la caravane, et qui avait enfin aperçu la lueur de ses feux, Un bateau l’alla prendre; l’intéressante famille se trouva encore une fois réunie; et M. Hunt se flatta que ses perplexités avec M. Pierre Dorion étaient enfin terminées.
Le mauvais temps, des pluies violentes et le grossissement prématuré du Missouri, rendaient la remonte fatigante, lenté et dangereuse. Le débordement du Missouri n’a pas ordinairement lieu avant le mois de mai ou de juin, et le grossissement de la rivière était causé, sans doute, par quelque dégel d’une de ses branches méridionales. Ce ne pouvait pas être la grande débâcle annuelle, car les branches les plus élevées devaient être encore gelées.
Nous ne pouvons nous empêcher de nous arréter ici pour remarquer les admirables arrangements de la nature, qui fait gonfler à de grands intervalles les différentes rivières qui se déchargent dans le Mississipi. Ainsi, le flot de la rivière
Rouge L’Ark:
une Ja Missou annuel dégorg:
du nor et que même t printan rait ass toutes Dans jour def Charette les color Boon, 1 s'était av vilisatior vie d’un vingt-ci d'une ex} rapporté trophée droit, ses pide. Lor dition av jusqu'aux
by Mais uit sola folie près du du jour ix bien ai avait t, pour erçu la rendre ; ie fois plexités inées.
es et le endaient e. Le déirement le grospute, par lionales.
nnuelle, être en-
bus arrérrange- " grands déchar:-
a riviere
Rouge précède d'un mois celui de l’Arkansas.
L’Arkansas, de son côté, prenant sa source dans une latitude beaucoup plus méridionale que le Missouri, devance celui-ci dans son débordement annuel ; de sorte que le trop-plein de ses eaux est dégorgé long-temps avant que les barrières glacées du nord soient brisées. S'il en était autrement, et que tous ces puissants courants, s’élevant en même temps, déchargeassent ensemble leur flot printannier, l’inondation qu’ils produiraient serait assez violente pour submerger et dévaster toutes les contrées inférieures.
Dans l'après-midi du 17 janvier, le troisième jour depuis le départ, les bateaux touchèrent à Charette, l’un des anciens villages fondés par les colons français. La brigade y rencontra Daniel Boon, le célèbre patriarche du Kentucky, qui s'était avancé vers la solitude à mesure que la civilisation le suivait, et qui continuait à mener la vie d’un chasseur, quoiqu'il fût dans sa quatrevingl-cinquième année. Il était revenu récemment d’une expédition de chasse et de trappage, et avait rapporté près de soixante peaux de castor, comme trophée de son adresse. Son corps était encore droit, ses membres vigoureux , son esprit intrépide. Lorsqu'il vit, du rivage, partir cette expédition aventureuse qui devait traverser les déserts jusqu'aux rives de l'Océan Pacifique, il sentit pro-
j LE {:
bablement se réveiller en lui son vieil esprit de pionnier, et le regret de ne pouvoir jouer un rôle dans une si grande entreprise. Ce Nestor des chasseurs vécut encore plusieurs années après cette rencontre. Il mourut en 1818, à quatre-vingtdouze ans, rassasié d’honneurs et de renommée. Le lendemain matin, comme la brigade était encore campée, elle fut visitée par un autre héros de la solitude. C’était un certain John Colter qui avait accompagné Lewis et Clarke dans leur mémorable expédition. Il avait achevé récemment un de ces voyages intérieurs, particuliers à cette audacieuse classe d'hommes et aux immenses régions qu’ils parcourent dans leurs courses solitaires. 11 était descendu des sources du Missouri à Saint-Louis, dans un petit canot, et avait accompli ce voyage de mille lieues en trente jours. Colter resta avec nos aventuriers toute une matinée et leur raconta beaucoup de particularités concernant les Indiens Pieds-noirs. Ces Sauvages turbulents et pillards avaient conçu une hainc implacable contre les Blancs, depuis que le capitaine Lewis avait tué un de leurs guerriers, qui essayait de voler ses chevaux. L'expédition devait traverser la contrée qu’ils infestaient, et Colter insistait avec force sur les précautions qu’il fallait prendre pour leur échapper. Lui-même avait éprouvé leur cruauté vindicative, et son histoire
mérit naitre expos Ave s'était milieu .trappe Missou solitair chasser même momer et ils s espérer durant res, po tombée courir de castc Ils se appelée matin, rivière, posées, distance élevées é sur l’ea tendirer
vit de n rôle ; chascette vingtmmée.
e était e héros ter qui ur méminent à cette 1ses rées soliissouri vait acc jours.
ne miularités auvages e haine le capiers, qui n devait t Colter il fallait e avait histoire
ASTORIA. 207 mérite une citation particulière, car elle fait connaitre les aventures périlleuses auxquelles sont exposés ces hôtes vagabonds de la solitude.
Avec l'audace d’un véritable trappeur, Colter s'était séparé de la troupe de Lewis et Clarke au milieu du désert, et était resté tout seul pour trapper le castor sur les eaux supérieures du Missouri. Là il avait rencontré un autre trappeur solitaire nommé Potts, et ils étaient convenus de chasser ensemble. Ils se trouvaient dans le pays même des terribles Pieds-noirs, brûlant en ce moment de venger la mort de leur compagnon, et ils savaient qu’ils n'avaient point de merci à espérer d’eux. Ils étaient obligés de rester cachés durant tout Je jour sur les rives boisées des rivières, posant leurs trappes quand la nuit était tombée, et les relevant avant l'aube. C'était courir de terribles risques pour quelques peaux de castor, mais telle est la vie d’un trappeur.
Ils se trouvaient sur une branche du Missouri appelée la Fourche de Jefferson. Un jour, de bon matin, ils remontaient dans un canot une petite rivière, pour examiner leurs trappes qu'ils avaient posées, pendant la nuit, à environ deux lieues de distance. Les berges, de chaque côté, étaient élevées et perpendiculaires, et jetaient une ombre sur l’eau. Comme ils ramaient doucement ils entendirent le bruit de beaucoup de pas sur la rive.
Colter donna sur-le-champ l'alarme diens ! » et opina pour une retraite immédiate. Potts se moqua de lui, disant qu'il avait peur du piétinement d’une troupe de bisons. Colter surmonta ses inquiétudes et continua à ramer. Ils n'avaient pas été beaucoup plus loin lorsque d’effroyables hurlements retentirent des deux côtés de la rivière. Plusieurs centaines d’Indiens parurent, en même temps, sur les deux rives et firent signe aux infortunés trappeurs d'aborder. Ils furent obligés d’obéir. Avant qu'ils eussent pu sortir de leur canot un Sauvage saisit la carabine de Potts. Colter sauta sur la plage, arracha la carabine à l’Indieu et la rendit à son compagnon , qui était encore dans le canot, et qui le poussa immédiatement dans le courant. On entendit le retentissement aigu d'un arc, et Potts cria qu’il était blessé. Colter le pressa de revenir au rivage et de se soumettre, puisque c'était sa seule chance de salut : mais l’autre savait qu’il n'avait point à espérer de pitié, et il se détevmina à mourir en brave. Couchant un des Sauvages en joue, il le jeta raide mort sur la place. L'instant d’après, lui-même tomba percé de flèches innombrables.
Les Pieds-noirs tournèrent alors leur vengeance sur Colter et commencèrent par le dépouiller de ses vêtements. Comme il comprenait
«les In-
un pe sur la possibl faire ur Le Che Colter vite, L’ les cout où tend, trait d’e; fournir Quoique parmi le Chef qu Grâce a ( que avai prairie, gros des sil le po apprit qu déchainée rait et ét avait deu teindre | Commen avec les cl d'ennemi de malhe
In-
ate.
v du sur- +, Ils sque deux diens ves et der.
issent cararracha ompaqui le n en- Potts evenir tait Sa t qu'il vmina ges en instant nnom-
+ venle dé- | renail
un peu leur langage, il les entendit se consulter sur la manière de tirer le plus grand amusement possible de sa mort. Quelques-uns voulaient en faireun but vivant, et essayer sur lui leur adresse. Le Chef opina pour un jeu plus noble : il saisit Colter par l'épaule et lui demanda s'il courait vite. L'infortuné trappeur connaissait trop bien les coutumes des Indiens pour ne pas concevoir où tendait cette question. Il vit qu'on lui permettrait d'essayer de sauver sa vie en courant, afin de fournir à ses persécrii curs une chasse à l’homme. Quoique en réalité il fût noté pour sa légèreté parmi les chasseurs ses camarades , il assura Île Chef qu'il n’était qu'un fort mauvais coureur. Grâce à cet adroit mensonge on lui accorda quelque avantage. Il fut mené par le Chef dans la prairie, à environ trois cent soixante mètres du gros des Sauvages, et lâché alors pour se sauver, s'il le pouvait. Un épouvantable hurlement lui apprit que toute la meute, altérée de sang, était déchainée après lui. Il volait plutôt qu’il ne courait et était étonné de sa propre vitesse; mais il avait deux lieues de prairie à traverser avant d’atteindre la Fourche de Jefferson, sur le Missouri. Comment pouvait-il espérer de tenir jusque-là avec les chances effrayantes de plusieurs centaines d'ennemis contre un seul homme. Pour comble de malheur la plaine était remplie de cactiers en Eu 4 14
| Pr Agé RARES ASETRS
SARA LR ut
raquette (cactus opuntia) dont les épines blessaient ses pieds nus. Cependant il courait, craignant à chaque instant d'entendre le vetentissement d’un arc, et de sentir une fléche s’enfoncer dans son corps. Il n’osait pas même regarder derrière lui, de peur de perdreun pouce de l'avance dont sa vie dépendait. Il avait parcouru presque la moitié de la plaine, quand le son de la poursuite devint plus faible. Il s’aventura à tourner la tête : le gros des Sauvages était beaucoup en arricre; plusieurs des meilleurs coureurs se trouvaient moins loin, mais à différentes distances, tandis qu’un agile guerrier, armé d’une lance, n'était pas à plus de quatre-vingt-dix mètres de Colter.
Sentant renaître quelque espoir, il redoubla de vitesse, mais en faisant de tels eflorts que le sang ruisselait de sa bouche et de ses narines. Il arriva à un tiers de lieue de la rivière. Le bruit des pas de son persécuteur se rapprochait sans cesse. Un coup d'oeil en arrière le lui montra, à vingt mètres de distance, et se préparant à Jui jeter sa lance. Colter s'arrêta court , se retourna et étendit ses bras. Le Sauvage, étonné de cette action soudaine , voulut s'arrêter aussi ; mais il tomba, etle fer de sa lance s’étant heurté contre le sol, le fût se brisa dans sa main. Colter s’élança , ramassa le fer, cloua le Sauvage sur la terre , et recommenc:
à fuir.
de leu gémir.
délai, | la rivic gnit, à ricure ( S'étaié :
turel, 1] jusqu’à pour re dont les couvert tête. I] :
leine, qu sur le Jr mons. Il radeau.
qu'il les passer et direction etil com quand li feu au ra préhensid Heureuse Pas. Auss
silence qu
blescraiitissefoncer garder avance resque | pour wner la p en alse troustances lance, ètres de
“edoubla ts que le rimes. Il bruit des ns cesse.
, à vingt Li jeter Sa it étendit tion sounba, etle ol, Le fût amassa le ommencà
à fuir. À mesure que les Indiens arrivaient auprès de leur compagnon égorgé, ils s’arrétaient pour gémir sur son corps. Colter profita de ce précieux délai , gagna la lisière de cotonniers qui bordent la rivière, et se plongea dans le courant. 1l joignit, à la nage, une ile voisine, à la partie supérieure de laquelle une quantité de bois de flottage s'était arrêtée, formant un immense radeau naturel. Il plongea par-dessous et nagea, sous l’eau,
jusqu'à ce qu'il fût parvenu à trouver un endroit
pour respirer, entre les troncs d’arbres flottants, dont les branchages et les racines formaient un couvert élevé de plusieurs pieds au-dessus de sa tête. Il avait à peine commencé à reprendre haleine , quand il entendit ses persécuteurs, hurlant sur le bord de la rivière comme autant de démons. Ils se jettrent à l'eau, et nagèrent vers le radeau. Le cœur de Colter cessait de battre lorsqu'il les voyait, à travers les fentes de sa .achette, passer et repasser, en le cherchant dans toutes les directions. À la fin ils renoncerent à le trouver, et il commençait à se réjouir de leur avoir échappé, quand l'idée lui vint qu'ils pourraient mettre le feu au radeau. Ce fut une nouvelle source d'appréhension qui le tourmenta jusqu'à la nuit.
Heureusement pour lui les Indiens n’y pensèreut pas. Aussitôt qu'il fit sombre, s’apercevant par le silence qui régnait autour de lui que ses cruels
ennemis s'étaient éloignés, Colter plongea de nouveau, et ressortit en dehors du radeau. Il nagea alors silencieusement en descendant la rivière, pendant une distance considérable, puis il aborda , et continua à marcher toute la nuit, afin de s'éloigner autant que possible de ses dangereux voisins.
Au point du jour il n'avait plus rien à redouter des Sauvages; mais d’autres sources d'inquiétude l’assaillaient alors. Il était seul et nu au milieu du désert sans bornes. Sa seule chance de salut était d'atteindre un comptoir de la Compagnie du Missouri , situé sur une branche de la rivière Pierrejaune (Yellow-stone). Même s'il échappait aux Sauvages, des jours entiers devaient s’écouler avant qu’il püt atteindre ce poste, et il avait à traverser d'immenses prairies dénuées de tout abri, exposé sans aucun vêtement aux brülants rayons du soleil durant le jour, aux hrises fraiches et à la rosée, durant la nuit. Ses pieds étaient déchirés par les épines du caclier ; quoiqu'il vit du gibier en abondance autour de lui, il n'avait aucun moyen de le tuer, et sa subsistance dépendait des racines de la terre. Malgré toutes ces difficultés il poussa résolument en avant, se réglant, dans sa route non fra yée, sur des indications qui ne sont connues que des Indiens et des forestiers, Enfin, après avoir surmonté des dangers et des fatigues
qui a:
de PC litaire C’é que C penda périls put vo de dan lent de est cor que le.
vaste P l'autre d'explo durées jours p et plus traits à Il pa vane j n'avait rant to les cha Mortas rent, ce Voyage d'eux, «
ngeA de deau. Il nt la ri- >, puis il la nuit, ses dan-
redouter iquiétude milieu du alut était ie du Misre Pierreppait aux s'écouler il avait à s de tout ce brülants
es fraiches étaient déu’il vit du vait aucun pendait des ifficultés il it, dans sa qui ne sont rs. Enfin, es fatigues
ASTORIA. 213 qui auraient épouvanté tout autre qu’un pionnier de l'Ouest, il arriva sain et sauf au comptoir solitaire de la Compagnie.
C'était là un des chapitres de la rude expérience que Colter avait acquise de la vie sauvage, et cependant, quoique toutes ces terreurs et tous ces périls fussent encore frais dans sa mémoire, il ne put voir une caravane se diriger vers ces régions de dangers et d'aventures, sans ressentir un violent désir de s’y joindre. Un trappeur de l'Ouest est comme un marin; les hasards passés ne font que le stimuler à courir de nouveaux risques. La vaste prairie est pour l’un ce que l’Océan est pour l'autre, un champ sans bornes d'entreprises et d'exploits. Quelques souffrances qu'ils aient endurées dans leur dernière croisiere, ils sont toujours prêts à se joindre à une nouvelle expédition, et plus elle est dangereuse, plus elle offre d’attraits à leur esprit aventureux.
Il paraît que Colter aurait accompagné la caravane jusqu'aux rivages de l'Océan Pacifique s’il n'avait pas été marié depuis peu. Il la suivit durant toute la matinée, balançant dans son esprit les charmes de sa nouvelle épouse et ceux des Moritagnes Rocheuses. Les premiers l’emportèrent, cependant, car après avoir accompagné nos voyageurs pendant plusieurs lieues , il prit congé l’eux, quoique à regret, et retourna vers sa maison.
Continuant à remonter le Missouri, la brigade campa, le 21 mars au soir, dans le voisinage d’un petit village frontière de créoles francais. Là, Pierre Dorion rencontra quelques-uns de ses anciens camarades, et ayant longuement causé avec cux, rapporta au camp force rumeurs de sanglantes querelles entre les Osages et les loways, les Potowatomies, les Sioux et les’ Sawkees. Du sang avait déjà été répandu, et des scalps' avaient
été enlevés. Un parti de trois cents guerriers + LU
étaient aux aguets dans le voisinage ; on en pouvait rencontrer d’autres plus haut sur la rivière, et il fallait, par conséquent, que les voyageurs fussent sur leurs gardes pour ne point se laisser voler ni surprendre; car des guerriers indiens en marche contre leurs ennemis sont enclins à commettre toutes sortes d’outrages.
En conséquence de ces avis, qui furent confirmés plus tard, on posa une garde, pendant la nuit, autour du camp, et tous nos aventuriers dormirent sur leurs armes. Comme ils étaient seize, bien pourvus de fusils de munition, ils se flattaient de pouvoir recevoir chaudement un parti de maraudeurs. Il ne leur arriva rien de fâcheux, cependant, et le 8 avril ils arrivèrent en vue du for t Osage. A leur approche le pavillon fut arboré :
‘ La peau du crane avec les cheveux.
ils le s:
A peu « dont le accourt premië sur le b quitté | venir, a Pend voyaget hospital commai aussi ré, Usages « tion cor sept scal sur des chaient (
sauvages pour liv M. H avertis F en remo proposai Le 10 leur tro six pers ses gens
rigade e d’un . Là, ses ansé avec le san- Ways ; es. Du avaient Lerriers pouvait e,etil 1rs fuser voler marche mettre
nt condant la aturiers étaient , ils se
un parti âcheux,
vue du arboré :
ils le saluerent par une décharge d'armes à feu. À peu de distance du fort était nn village osage, dont les habitants, hommes , femmes et enfants accoururent pour voir le débarquement. Une des premières personnes que les Blancs rencontrèrent sur le bord de la rivière fut M. Crooks, qui avait quitté les quartiers d'hiver de la Nodowa, pour venir, avec neuf hommes, au devant de la brigade.
Pendant deux fois vingt-quatre heures, nos voyageurs furent traités de la manière la plus hospitalière par le lieutenant Brownson, qui commandait la garnison du fort Osage. Ils furent aussi régalés au village d’une fête guerrière. Les Usages étant revenus triomphants d’une expédition contre les Ioways, à qui ils avaient enlevé sept scalps, ces trophées sanglants furent promenés sur des perches. Les guerriers vainqueurs marchaient derrière, chargés de tous leurs ornements sauvages et peints d’une manière hideuse, comme pour livrer bataille.
M. Hunt et ses compagnons furent encore avertis par ces guerriers d'être sur leurs gardes en remontant la rivière, parce que les Sioux se proposaient de les attaquer.
Le 10 avril, ils s'embarquérent de nouveau, leur troupe se trouvant alors composée de vingtsix personnes par l'addition de M. Crooks et de ses gens. Ils n'avaient pas fait encore beaucoup
| ; d'il E lé 4h 1:14
de chemin, lorsque de grands cris s'élevérent dans un des bateaux. Ils étaient occasionnés par une petite discipline domestique, infligée par Dorion à sa femme. Il paraît que la squaw de ce digne interprète avait été si charmée de la danse guerriére et des autres fêtes du village osage, qu’elle avait été saisie d’un violent désir d’y demeurer, Son seigneur et maitre s’y était résolument opposé, et l’avait forcée de s’embarquer; mais, depuis ce temps, la bonne dame était demeuré de mauvaise humeur. Pierre ne trouvant pas d'autre moyen d’exorciser le mauvais esprit qui la possédait, et étant peut-être un peu inspiré par le whiskey, avait eu recours au remède indien du bâton. Avant que ses voisins eussent pu s’interposer, il l'avait administré si solidement que la pauvre squaw ne donna pas le moindre signe de résistance durant le reste de l'expédition. Pendant une semaine que dura leur voyage, ils furent exposés à des pluies presque incessantes. Ils rencontraient , flottant sur les eaux, les corps d’un grand nombre de bisons qui avaient été noyés. Beaucoup avaient été jetés sur les rives ou contre la partie supérieure des radeaux et des iles. De grandes bandes de vautours dorés se re-
paissaient de leurs carcasses, ou planaient au haut
des airs, ou, perchés sur des arhres et chauffant leur dos au soleil, laissaient pendre leurs ailes
pou hav est ses € cerc] un tr mou de-1}s SE un in A S f Cr sf pench dégoù nure is
où r1Èa
dans une orion digne guerqu’elle eurer.
nt opmais , neurée int pas rit qui inspiré ède insent pu idement oindre édition.
voyage; e inceses EAUX ; i avaient les rives ax Et des és se re-
k au haut
hauffant ws ailes
pour les faire sécher, commeiles vaisseaux da k havre étalent leurs voiles après la pluie. ss
Le vautour doré (vulid hura), gendant son vol est un dles oiseaux les plus imposauts. Étendant ses ailes -intmenses, sb'idésivant: lenfement des cercles maj estueux y Fans avoir Fa ide use un muscle ni d'agitex.upe. plume, il semble se mOuvOir+par pure volition; etrfaire voila: sein de-liair, < mme un navifé'sur l'Océanie br ant sup aïgle le royaume de l'ernpipfés il Er un instant, le port et la dignité pren gi mt | oh if uen .sonfpndn avec duisger
LS HRROeN FRANS EM ARDENNE less
est scplement Lorsqu'il Agsceud des marges pour se HER US NAAERAFRBHE HO ARE SES vils penchames etson. odieux caractère, MDecprès, il est dégoûtant : son plumage est dégueniHé. tour-
nure iguoble, son De A a
CO UHUOBIE 11492 NIET Ou THÉREO » Y9IÏION quoi : | | k [AJ 1 4 M 2Pleni ho: Gr [ta f tateos: ais 7 OL É Ë &s, ex } 12,91 & si Hu mg fi
te