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EN DOUZE LEÇONS

La première idée qui m'est venue à l'esprit, lorsque l'invitation m'a été adressée (*) d'écrire une petite « Astronomie pour les Dames », a été plutôt défavorable à l'exécution de ce projet Pourquoi « pour les dames » ? Est-ce que le cerveau des dames et des demoiselles n'est pas fait comme le nôtre? Est-ce qu'elles nous sont inférieures ? Est-ce que, pour être compris d'elles, il faut parler un autre langage que pour être compris des hommes? Est-ce que ces jolies têtes, aux longs cheveux cométaires et aux yeux étoiles, sont des têtes d'enfants? « Non, me disais-je. La

* Par mon érudit ami Adolphe Brisson, Directeur des Annales Politiques et Littéraires.

femme égale l'homme en facultés intellectuelles. Écrire pour elle spécialement serait l'humilier. Ne nous targuons pas de cette prétention. Qui sait même si, en y regardant de plus près, et en nous affranchissant de tout cet orgueil masculin qui a commis plus d'une sottise, nous ne trouverions pas la femme supérieure â l'homme en finesse de tact, au moral comme au physique, en vivacité d'impression, en puissance d'assimilation, en ressources d'imagination; et qui sait si elle ne comprend pas, plus vite que les bacheliers aux moustaches naissantes, les problèmes de l'histoire naturelle, de la physique et de l'astronomie, lorsqu'elle veut se donner la peine d'y prêter attention? Non, n'écrivons pas pour les femmes. Ce sont elles, plutôt, qui pourraient nous en apprendre, car sur bien des choses, sur nousmêmes peut-être, elles en savent plus que nous, observent mieux, voient mieux, sont plus intuitives. A bas l'orgueil du sexe prétendu fort- La belle Hypatia est supérieure à saint Cyrille. » — Mais, répliqua mon interlocuteur, la femme est un être très gâté ; notre civilisation l'a accoutumée aux avances ; elle aime assez que l'on fasse la moitié du chemin pour se rapprocher d'elle, lors même qu'elle serait disposée à le faire tout entier : ne vous sernble-t-il pas que, si les femmes.

connaissent si peu l'astronomie, c'est parce qu'on ne leur a pas tendu la main pour les conduire vers la contemplation du ciel? Et «puis, s'occuper spécialement d'elles ne leur est pas toujours désagréable. Elles nous sont même, parfois, reconnaissantes de nos attentions, en ayant la discrète fierté de n'en rien laisser paraître. Un petit livre écrit pour elles les flattera.

— Et lors même qu'elles n'y comprendraient rien, fit un second interlocuteur (car cette conversation se passait à table), ce n'en serait pas moins aimable de votre part...

— Je vous arrête, reprit l'amphytrion. Si elles n'y devaient rien comprendre, avouez qu'il serait préférable de leur parler d'autre chose, chiffons, par exemple, fanfreluches, domestiques, potins, crimes passionnels, roman ou théâtre. Mais je suis sûr que non seulement elles comprendront tout, mais encore qu'elles s'y intéresseront, au moins autant, si ce n'est plus, que les hommes. »

Oui, pensais-je en moi-même, en reprenant une heure après le chemin de mftn observatoire, oui, la femme comprendra, d'autant plus que l'Astronomie est 'une science céleste, sublime-, divine. Elle est belle, elle est noble, elle est consolante, elle est superbe. Elle nous donne des ailes. Elle nous transporte dans l'infini, en pleines-

régions éthérées, où tout est pur, tout est lumineux, tout est splendide. La femme aime s'élever ; elle sent, parfois, frémir ses ailes; elle aspire aux sources du beau éternel ; elle s'abandonne au rêve enchanteur de l'idéal, même inaccessible. Tandis que l'homme — où ai-je lu cela? — est parfois assez grossier, encore un peu lourd et souvent vulgaire. Est-ce que même la femme n'est pas supérieure à l'homme en dignité morale? Est-ce que son âme n'est pas plus affinée? Oui, certes, l'Astronomie est faite pour la femme.

Quoi de plus doux, le soir d'une belle journée de printemps, à l'heure où le croissant lunaire brille à l'occident dans les dernières lueurs du crépuscule, que de contempler ce grand et silencieux spectacle de l'apparition successive des étoiles dans le ciel immense? Les bruits de la vie semblent s'éteindre sur la terre, la dernière note de l'oiseau qui s'endort s'est elle-même envolée, et Yangelus de l'église voisine a sonné la fin de la journée. Mais, cette vie arrêtée autour <Le nous, nous la cherchons dans le ciel. Ces

astres qui s'allument sont autant de points d'interrogation suspendus au-dessus de nos têtes, dans les profondeurs insondables de l'espace . Graduellement, ils se multiplient. Voilà Vénus, la blanche étoile du Berger. Voilà Mars, petite terre céleste voisine de la nôtre. Voilà le géant Jupiter. Les sept étoiles de la Grande Ourse semblent nous montrer le pôle, en tournant lentement autour de lui. Quelle est cette lueur nébuleuse qui commence à blanchir l'obscurité des cieux et traverse les constellations comme une avenue sidérale? C'est le chemin de Saint- Jacques, c'est la Voie Lactée, composée de plusieurs millions de soleils ! La nuit est profonde, l'abîme est immense. Tiens ! Une étoile filante vient de glisser silencieusement et de disparaître ! . . .

Quelle est la femme, quelle est la jeune fille qui pourrait rester insensible devant ce magique spectacle du ciel étoile? Quelle est celle dont l'âme ne s'est jamais envolée vers ces énigmes? Oui, mieux que l'homme, plus occupé, plus affairé, plus matériel, moins sensitif , moins idéal, moins rêveur, l'être féminin est fait pour admirer ce spectacle et pour le comprendre, et très heureusement préparé, par la finesse de son organisation même, à recevoir ces révélations d'en haut.

On peut donc reconnaître qu'il n'est pas illogique de chercher à peindre un petit tableau astronomique spécialement pour la femme et composé pour elle. Elle le mérite. Ses aptitudes la prédisposent à ces contemplations et à ces études. Et le rôle qu'elle est appelée à jouer dans la vie, par l'éducation des enfants, est si noble et si important que, vraiment, il ne serait pas mauvais de voir les notions astronomiques élémentaires enseignées, par la jeune mère ellemême, aux âmes naissantes ouvertes à toutes les curiosités, et dont les premières impressions sont si vives et si durables.

D'ailleurs, un grand nombre de femmes se sont occupées d'astronomie avec succès, non seulement au point de vue contemplatif et descriptif, mais encore au point de vue mathématique.

La plus illustre a été la belle et savante Hypatia, d'Alexandrie, née l'an 375 de notre ère, qui enseigna, dans une chaire officielle, la géométrie, l'algèbre et l'astronomie, écrivit trois ouvrages d'une haute valeur et fut, en ce siècle d'ignorance et de fanatisme, victime de la stupidité et de la méchanceté humaines, enlevée de son char pendant qu'elle traversait la place de l'Église, en mars 415, dépouillée de ses vêtements, tuée à

coups de pierres et brûlée comme une infâme sorcière ! (*)

L'une des mathématiciennes les plus célèbres a été, avec Hypatia, Mme Hortense Lepaute, née en 1723, qui fut la collaboratrice de Clairaut dans ses immenses calculs sur la prédiction du retour de la comète de Halley. « Mme Lepaute, écrit Lalande, nous fut d'un si grand secours que nous n'aurions point osé, sans elle, entreprendre cet énorme travail, où il fallait calculer, pour tous les degrés et pour cent cinquante ans, les distances et les forces des planètes agissant, par leur attraction, sur la comète. Pendant plus de six mois, nous calculâmes du matin jusqu'au" soir, quelquefois même à table, et, à la suite de ce travail forcé, j'eus une maladie qui changea mon tempérament pour le reste de ma vie; mais il était important que le résultat fût donné avant l'arrivée de la comète. »

Cet extrait suffit pour faire apprécier l'ardeur de Mme Lepaute dans les sciences. On lui doit des travaux considérables. Son mari était, comme on

* Nous pourrions inscrire ici au nombre des femmes éprises d'une noble passion pour le ciel, sainte Catherine d'Alexandrie, admirée pour sa science, sa beauté et ses vertus, qui fut martyrisée sous le règne de Maximin Daïa, vers Tan 312, et dont un des tirques lunaires porte le nom.

le sait, horloger du roi. « Aux talents de l'esprit, dit un de ses biographes, elle ajoutait toutes les qualités du cœur. Elle était fort gracieuse, avait une tail'.e élégante, un pied mignon et une si belle main que Voiriot, peintre du roi, ayant fait son portrait, lui demanda la permission de la copier, pour conserver un modèle de la plus belle nature. » Qui donc a fait courir le bruit que les femmes instruites ne doivent pas être jolies?

La marquise du Châtelet n'a pas eu moins de gloire qu'Hypatia et que Mme Lepaute. Elle y était prédestinée, si l'on en croit cette anecdote. Gabrielle-Émilie de Breteuil, née en 1706, qui devait épouser, en 1725, le marquis du Châtelet et devenir, en 1733, l'amie la plus célèbre de Voltaire, avait quatre ou cinq ans lorsqu'on lui donna, comme jouet, un vieux compas habillé en poupée. L'enfant, ayant examiné cet objet pendant quelque temps, commença par le dépouiller, avec une sorte d'indignation et d'impatience, des draperies importunes dont on l'avait affublé, et, après l'avoir retourné plusieurs fois entre ses petites mains, elle en devina l'usage et s'en servit pour tracer un cercle sur une feuille de papier. On lui doit, entre autres, la précieuse, — et, du reste, la seule — traduction française du grand ouvrage de Newton sur la gravitation universelle,

le fameux livre des Principes, et elle fut, avec Voltaire, une éloquente propagatrice de la théorie de l'attraction, alors repoussée par l'Académie •des Sciences.

Nous pourrions signaler ici un grand nombre d'autres femmes astronomes, qui montrent combien la science la plus abstraite est accessible au cerveau féminin. Le président de Brosses, dans son charmant Voyage en Italie, raconte la visite qu'il rendit à Milan à la jeune Italienne Marie Agnési, qui tenait des harangues en latin, connaissait sept langues, et pour laquelle les mathématiques n'avaient aucun secret. Elle était passionnée pour l'algèbre et la géométrie qui, disait-elle, « sont les seules provinces de la pensée où règne la paix » . Mme de Charrière écrivait un aphorisme du même ordre : « Une heure ou deux de mathématiques me rendent l'esprit libre et le cœur plus gai ; il me semble que j'en dors et mange mieux, quand j'ai vu des vérités évidentes et indiscutables ; cela me console des obscurités de la religion et de la métaphysique, ou, plutôt, cela me les fait oublier; je suis fort aise qu'il y ait quelque chose de sûr en ce monde. »

Mme de Blocqueville, la dernière fille du maréchal Davout, morte en 1892, ne s'écriait-elle pas,

de son côté : « Astronomie, science des sciences, tu m'attires, tu m'épouvantes et je t'adore; car tu détaches mon âme des choses de la terre' car tu m'attires vers ces mondes inconnus qui arrachaient à Newton ce mot triomphant : Cœli enarrant gloriam Dei! »

Comment ne pas citer aussi miss Caroline Herschel, la sœur du plus grand observateur du ciel, du plus grand découvreur d'étoiles qui ait jamais existé? L'astronomie lui donna une longue carrière, elle ne découvrit pas moins de sept comètes elle-même, et ses patients travaux la conduisirent à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans. Et Mme Somerville, fille de l'amiral écossais Fairfax, à laquelle on doit la traduction anglaise de la Mécanique céleste, deLaplace, et dont Humboldt a dit : «Dans les mathématiques pures, Mme Somerville est tout à fait supérieure. » Comme Caroline Herschel, elle devint presque centenaire, paraissant toujours beaucoup plus jeune que son âge; elle s'est éteinte à Naples, en 1872, à l'âge °de

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1776-1831), dont une école de Paris porte le nom, savante mathématicienne, amie de Gauss de Lagrange, de Legendre, d'un esprit si cultivé et si étendu, qui consacra exclusivement sa vie a la science. Et la Russe Sophie Kowaleski, descendante du roi de Hongrie, Mathias Corvin, qui

déjà forte mathématicienne à seize ans, se maria à dix-huit, pour suivre les cours de l'Université, interdits aux demoiselles, mais convint, avec son jeune époux, de vivre comme frère et sœur jusqu'à la fin de leurs études ? Elle reçût, en 1888, le prix Bordin à l'Institut. — Et Maria Mitchell, des Etats-Unis, pour laquelle Le Verrier donna une fête à l'Observatoire de Paris, et que le pape Pie IX autorisa exceptionnellement à visiter ,1'Observatoire du Collège romain, alors établissement ecclésiastique fermé aux femmes? — Et Mme Scarpellini, l'astronome romaine, si célèbre par ses travaux sur les étoiles filantes ; à laquelle j'ai eu l'honneur de rendre visite moi-même, en compagnie du Père Secchi, directeur de l'Observatoire précédent?

Et, aujourd'hui encore, l'astronomie n'est-elle pas fîère de compter, parmi ses travailleurs les plus célèbres, miss Agnès Clerke, la savante Irlandaise, à laquelle on doit, entre autres, une excellente Histoire de V Astronomie au dix-neuvième siècle ; Mme Isaac Roberts, que nous avons eue, sous le nom si sympathique de Mlle Klumpke, au Conseil de la Société Astronomique de France, docteur es sciences de la Faculté de Paris, directrice du Bureau des mesures des clichés d'étoiles à l'Observatoire de Paris, Américaine devenue Anglaise par son mariage avec l'astronome

Roberts, mais que la France n'oublie pas; Mme Fleming, Tune des astronomes de l'Observatoire de Harvard Collège, aux Etats-Unis, à laquelle on doit un grand nombre de découvertes d'étoiles variables, obtenues par l'examen des clichés photographiques et des photographies spectrales ; lady Huggins en Angleterre, savante collaboratrice de son illustre mari; Mme Chandon, de l'Observatoire de Paris, membre du Conseil de la Société astronomique de France. . . et bien d'autres encore ?

Ces exemples, que nous pourrions multiplier, montrent avec évidence, que la femme peut, tout aussi bien que l'homme, s'adonner à l'étude des sciences et y réussir. Je ne les cite, d'ailleurs, que dans l'espérance qu'ils contribueront à effacer l'impression générale, injustement défavorable aux femmes. L'intelligence n'a pas de sexe.

Cela ne veut pas dire que la femme doive, pour cela, cesser d'être femme, perdre sa grâce, dédaigner sa beauté, refroidir son cœur, se masculiniser par ses allures, ses idées ou ses opinions. Et pourquoi, je vous prie, une femme instruite cesserait-elle d'être charmante? Quel étrange préjugé? N'est-il pas, d'ailleurs, plus agréable d'être instruit que de rester ignorant ? Et, lorsque

nous causons, soit avec des hommes, soit avec des femmes, ne sommes-nous pas, assez souvent, péniblement surpris d'entendre des réflexions qui indiquent la plus complète ignorance en toutes choses et témoignent que ces êtres à visages humains vivent sur notre planète sans savoirseulement où ils sont, sans se l'être jamais demandé, peu différents, en cela, des animaux et des plantes?'

Les causeries qui vont suivre, dont le programme est de résumer, en douze leçons, ce que l'astronomie contient d'essentiel, ne sont pa& destinées à faire de nos lectrices des astronomes ou des mathématiciennes, et elles ne les conduiront pas à devenir jamais des poseuses ou des pédantes. Elles ont pour but de leur présenter une image de la constitution de l'univers, de sa grandeur, de sa beauté, afin qu'en vivant sur cette terre, elles sachent où elles habitent, se rendent compte de notre situation dans l'ensemble des choses, apprécient la création telle qu'elle est et en jouissent davantage. Ce soleil qui nous fait vivre, ces saisons, cette succession des mois et des années, des jours et des nuits, ces mouvements apparents des cieux, ces nuits étoilées,

ces divins clairs de lune, tout cet ensemble de choses constitue, en quelque sorte, le tissu de notre existence, et il est vraiment extraordinaire que les habitants de notre planète aient presque tous vécu, jusqu'ici, sans savoir où ils sont et sans se douter des merveilles de l'univers.

Si tant d'hommes consentent à rester ignorants, que la curiosité féminine soit plus active, et qu'elle se dégage de la chrysalide. Il n'y aurait rien de surprenant à ce que la femme donnât ici le plus beau des exemples.

Je mets ce petit livre sous la protection d'une femme, d'une muse, d'une déesse, de la charmante et enchanteresse Uranie, digne compagne de Vénus, plus élevée qu'elle encore dans le chœur des beautés célestes, plus pure et plus noble, dominant de son clair regard l'immensité dé l'univers. Oui, Uranie est femme, et jamais la poésie antique n'aurait imaginé un symbole masculin pour personnifier le spectacle des cieux. Ni Uranus, ni Saturne, ni Jupiter ne pourraient se comparer à l'idéale beauté d'Uranie.

Un mot encore. Cette tentative d'un cours d'astronomie, écrit pour les dames, n'est ni audacieuse, ni personnelle, ni même nouvelle. J'ai, devant moi, deux ouvrages élégants, reliés comme des paroissiens, datant, l'un de Tannée

1686, l'autre de cent ans après : 1786. Le premier a été écrit par Fontenelle pour une marquise et a pour titre : Entretiens sur la pluralité des Mondes ; le badinage s'y marie agréablement à la science, et l'auteur déclare, d'ailleurs, qu'il ne demande à ses lectrices que le degré d'application qu'elles donneraient â la lecture d'un roman. Le second a été écrit par Lalande et a pour titre : Astronomie des Dames. Je suis en illustre compagnie avec ces deux parrains et je m'en honore.

Du temps de Molière, un mari disait de sa femme :

Et c'est assez pour elle, à ne vous rien celer, De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer.

Ce mari n'était-il pas un peu égoïste? Ne manquait-il pas un peu d'esprit? Molière avait-il trouvé là le moyen le plus sûr d'obtenir la fidélité des femmes ? Qu'en dit l'histoire ?

Laissons les femmes faire ce qui leur plaît. Ne nous imaginons pas, d'ailleurs, qu'on puisse les en empêcher. Et que ce qui leur plaît soit aussi ce qui nous plaît â nous-mêmes. Ne les séparons pas trop de nous. La femme et l'homme ne sont-ils pas deux moitiés complémentaires? La raison et le sentiment ne peuvent-ils être associés en une même unité? Et puis, nul n'en a le monopole, car si certaines femmes raisonnent

mieux que certains hommes, reconnaissons aussi que les hommes ne manquent pas toujours de sentiment. A tout bien prendre, il y a égalité psychique. Je veux bien qu'au point de vue de la grammaire, le masculin l'emporte sur le féminin. Je veux bien aussi que, dans la nature, l'homme soit plus fort que la femme et que le cerveau mâle pèse deux cents grammes de plus que la cervelle féminine, en proportion plus marquée que la différence du poids des deux corps; je veux bien que, dans la société, il y ait plus de savants que de savantes ; que, chez l'homme, les facultés intellectuelles s'exercent dans leur plus grand développement, et, chez la femme, les facultés affectives, qui sont sa grâce et lui donnent ce charme auquel, dit-on, les anges du paradis perdu n'ont pu résister. Mais ne décrétons pas l'ignorance éternelle des filles d'Eve, et, tout en causant, engageons-les à s'instruire réellement dans les vérités absolues que l'astronomie représente et dont la connaissance leur donnera, avec d'immenses satisfactions, un jugement plus sûr des êtres et des choses, un plus juste sentiment des réalités, une élévation plus noble audessus des mesquines vulgarités de la vie, en les faisant planer dans une sphère supérieure de* contemplation pure, d'indulgence et de bonté.

Le plan de ces causeries astronomiques se trace de lui-même, inspiré, d'ailleurs, par nos lectrices qui, naturellement, ne peuvent entrer dans l'étude du ciel que par la Contemplation. Ce sera notre premier tableau.

Cette contemplation place le ciel devant nos yeux et nous conduira à faire connaissance avec les Constellations. Notre deuxième étude sera donc consacrée à la géographie du ciel.

Lorsque nous nous serons reconnus dans le ciel, nous voudrons savoir ce que sont les Étoiles. Troisième chapitre : Voyage dans l'immensité infinie.

Du ciel étoile, nous descendrons alors à la région où nous sommes. La Terre appartient au système solaire; le Soleil est une étoile. Notre quatrième chapitre aura donc pour objet le Soleil, étoile du ciel.

Viendra, ensuite, la description de notre famille planétaire :

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