‹ Astronomie élémentaireChapitre 9 sur 40 · CIEL AUSTRAL · texte numérisé non relu

CIEL AUSTRAL

Les huit constellations ajoutées par Halley dans la partie australe y sont 1

La Colombe i5

Le Chêne de Charles II * 12

La Grue ( voyez Bayer ) 20

Le Phénix 2

Le Paon 2

L’Oiseau indien ou sans pieds . .......... 11

La Mouche g

Le Caméléon 16

Sans compter le Cœur de Charles II , qu’il a placé sur le collier de Chara, l’un des chiens d’Hévélius.

v4- en

Douze constellations de Bayer.

L’Indien 17

La Grue 20

Le Phénix. . ; 24

L’Abeille , ou la Mouche g

Le Triangle austral . 5

L’Oiseau de Paradis 1 1

Le Paon 28

Le Toucan 18

L’Hydre mâle 20

La Dorade . . i5

Le Poisson volant « g

Le Caméléon 16

Seize constellations de Lac aille.

L’Atelier du sculpteur 28

Le Fourneau chimique 89

L’Horloge astronomique 24

Le Réticule rhomboïde. 9

Le Burin du graveur 1 5

Le Chevalet du peintre. 9 it>

La Boussole i4

La Machine pneumatique 8

L’Octant.,.. 43

Le Compas et le Cercle 7

L’Equerre et la Règle 1 5

Le Télescope 8

Le Microscope 10

La Montagne de la table . .

Grand et petit Nuage, ....

La Croix * — Royer

Douze autres constellations modernes .

Le Renne, n .

Lemonnier.

Le Solitaire

idem .

Le Messier, n

Lalande.

Le Taureau de Poniatowski . ,

Poczobut.

Les Honneurs de Frédéric . . ,

Bode.

Le Sceptre de Brandebourg . ,

idem .

Le Télescope de Herschel . .

idem .

Le Globe aérostatique

idem «

Le Quart de cercle mural . . . ,

idem.

Le Chat «

idem .

Le Loch

idem .

La Harpe de George

Hell.

Nous venons d’énumérer les différentes constellations du Ciel; nous allons nous occuper maintenant de les faire connaître plus particuculièrement. Il sera bon de se familiariser d’abord avec les positions des principales, de celles surtout qui sont toujours visibles sur notre horizon. La constellation qui , sous ce rapport , mérite le plus de fixer notre attention , est le Char riot de David ou la grande Ourse : elle occupe dans le Ciel un espace assez étendu , et présente sept étoiles fort brillantes ; quatre sont disposées en

rectangle , et trois autres sont disposées en arc et à distances à-peu-près égales sur le prolongement d’un des côtés du rectangle que forment les premières. Aces trois étoiles , qui composent la queue , sont directement opposées dans le rectangle , les gardes désignées par les lettres et et /3. Cette constellation est si remarquable , qu’elle est généralement connue , même des personnes qui se sont très-peu occupées d’astronomie. Il sera bon, pour l’intelligence de ce qui suit, de jeter les yeux sur le planisphère placé à la fin de cet ouvrage , ou de suivre la méthode que nous allons indiquer, et que l’on nomme méthode des alignemens. Elle consiste à déterminer la position d’une étoile que l’on cherche par le prolongement d’une droite menée par deux autres que l’on connaît (i). On pourrait, s’il en était besoin , s’aider d’un fil tendu dans la direction des deux étoiles connues ; ce fil couvrirait dans le Ciel une suite de points qui seraient sur un grand cercle de la sphère. Pour avoir une base dans le Ciel , il sera bon aussi de se rappeler que la distance des gardes de la grande Ourse est d’environ 5 degrés , et que le diamètre apparent du Soleil ou de la Lune est d’environ un demi-degré.

Si l’on prolonge la droite qui passe par les

(i) Les personnes qui désireront des cartes du Ciel un peu détaillées, pourront consulter cell es de Ruelle ou celles qui se trouvent dans i’UTanograpKie de Francœur dont la nôtre est extraite], ou enfin les excellentes cartes de Bode et de Harding.

gardes, sa direction rencontrera l’étoile Polaire, Cette étoile est ainsi nommée à cause de son voisinage du pôle boréal, dont elle n’est éloignée que d’un degré et demi environ. Elle arrive à-peu-près au méridien inférieur en même temps que la première des trois étoiles de la queue de la grande Ourse , la plus voisine du quadrilatère. On pourra donc savoir , au moyen d’un fila plomb , quand cette circonstance aura lieu. La Polaire fait partie de la petite Ourse , qui a presque la même figure que la grande Ourse ; elle lui estparallèle , mais dans une situation renversée. Elle présente aussi sept étoiles principales. La Polaire est à l’extrémité de la queue ; les deux dernières du rectangle /S et y sont les gardes de la petite Ourse ; elles sont des deux côtés de la ligne perpendiculaire , au milieu des deux grands côtés du carré de la grande Ourse.

La grande et la petite Ourse sont séparées par une suite d’étoiles qui forment la queue du Dragon, Cette dernière constellation enveloppe presque entièrement la petite Ourse. La queue du Dragon’ commence entre l’étoile Polaire et le carré de la grande Ourse ; elle se prolonge derrière les gardes de la petite Ourse où elle présente une étoile de 2 e grandeur a ; le corps se replie ensuite deux fois sur lui-même , et se termine sur la droite menée de l’étoile ce de la grande Ourse par les gardes de la petite. La tête du Dra-

gon présente quatre étoiles de 3e grandeur en losange très-visibles.

Les anciens supposaient que Jupiter, sous les traits de Diane , avait surpris la nymphe Calisto , et en avait eu un fils nommé Areas. Junon , irritée de la perfidie de son époux , métamorphosa Calisto en Ourse. Jupiter alors la plaça dans le Ciel , ainsi que son chien , qui forme la petite Ourse : son fils Areas forma également une constellation , sous le nom du Bouvier. Junon , pour compléter sa vengeance, pria Thétis d’empêcher la nymphe adultère de se plonger dans les ondes pures de l’Océan , et préposa à sa garde le Dragon qui serpente autour d’elle»

Calisto, dont le char craint les flots de Thétis,

Vers les glaces du nord brille auprès de son fils ;

Le Dragon les embrasse ainsi qu’un fleuve immense (1).

Delille.

Arcturus, la principale étoile du Bouvier , l’une des plus brillantes du Ciel , se trouve à-peu-près sur Valignement des deux dernières étoiles de la queue de la grande Ourse. Dans la direction du nord-est , cinq autres étoiles forment un pentagone qui appartient à la même constellation»

(i) Maximus Lie flexu siuuoso elabitur anguis

Circula , perque duas iu morem fluininis arctos,

Àrctos Oceani metuentes æquore tingi.

VlRG. Georg »

La main supérieure du Bouvier, formée de trois petites étoiles , est près de la queue de la grande Ourse, et tient en lesse les deux Lévriers, placés au-dessous de cette même queue. Le cœur de Charles , étoile de 3e grandeur, est sur le cou d’un des lévriers dans l’alignement de et de la queue du Dragon, et de £ de celle de l’Ourse. La position de la main du Bouvier rappelle deux vers d’une des plus jolies compositions d’Anacréon (i).

Cassiopée est directement opposée à la grande Ourse ; l’étoile Polaire sépare en deux parties àpeu-près égales l’intervalle d’une de ces constellations à l’autre. Cinq étoiles de 3e grandeur , très-remarquables , forment Cassiopée , et représentent à-peu-près la lettre M , dont les jambages seraient fort écartés.

Céphée est entre cette dernière constellation et la petite Ourse ; elle présente trois étoiles de 3e grandeur sur un arc qui tourne sa convexité vers le Dragon. La ligne droite , qui passe par les gardes de la grande Ourse et la Polaire , passe aussi par l’extrémité de cet arc.

(i) S Tpétpslett or AçkIqç

Ketlet Xëïçct TW (ZocûIqv. *

Ode III*.

* Lorsque déjà l’Ourse tourne autour de la main du Bouvier.

Cassiopée était femme de Céphée , roi d’Éthiopie , et mère d’ Andromède. Elle eut la vanité de se croire , avec sa fille , plus belle que Junon et que les Néréides. Neptune, pour les punir, envoya un dragon qui fit des ravages épouvavantables ; et Céphée se vit obligé de lui exposer sa fille Andromède , enchaînée sur un rocher. Versée , armé de la tête de Méduse , et monté sur Pégase , métamorphosa le monstre en rocher, et obtint de Jupiter que Cassiopée serait placée parmi les astres. Cette fable a été fort bien décrite dans le quatrième livre des Métamorphoses d’Ovide.

La ligne droite , qui passe par les gardes de la grande Ourse et la Polaire , étant prolongée audelà de Cassiopée , va traverser le milieu du carré de Pégase ? formé de quatre étoiles de seconde grandeur. La plus boréale des quatre forme la tête d’ Andromède ; celle qui lui est opposée se nomme Markab; les deux autres'y et jS sont Algénib etSchéat . La diagonale du carré qui passe par Markab ou et rencontre successivement , à des distances presque égales , ci la tête d’Andromède , /3 la Ceinture, y le Pied, et passe près d e et , la tête de Versée. Ces sept étoiles, disposées à-peu-près de la même manière que celles de la grande Ourse , mais plus régulièrement , sont très-brillantes , et forment ce qu’on appelle la Grande-Croix.

La diagonale du carré de la grande Ourse rencontre aussi la tête de Persée ; et , prolongée un

peu au-delà , elle passe par la tête de Méduse ou Algol ; cette dernière étoile fait partie de la constellation de Perséc : elle est remarquable , en ce qu’elle change de lumière tous les trois jours. Persée offre deux files d’étoiles, dont l’une forme un arc qui tourne sa concavité vers le nord ; l’autre se dirige vers le midi , le long d’un cercle horaire.

La diagonale du carré de Pégase , menée par Schéat et Algénib, se dirige au nord-ouest vers la queue cl du Cygne ou la Croix . Cette étoile est de seconde grandeur , et forme , avec y et /S , la grande branche de la croix qui se trouve avec Cassiopée et Persée, dans la partie blanchâtre du Ciel, nommée la Voie Lactée . L’autre branche de la croix , syc f , ou bien les ailes du Cygne sont dans la direction de la tête du Dragon.

Des deux côtés du Cygne , et un peu plus bas , se présentent Y Aigle vers l’orient , et la Lyre vers l’occident. La première de ces deux constellations se compose de trois étoiles en ligne droite , et assez rapprochées : celle du milieu , Altdir, est de première grandeur. La Lyre est aussi représentée sous la forme d’un vautour tombant y tandis que Y Aigle s’élance vers le nord. La Lyre se distingue par une étoile de ire grandeur Wéga, qui est l’une des plus belles du Ciel.

La fable rapporte que Jupiter, pour séduire Léda, se métamorphosa en cygne , et se réfugia

auprès d’elle, en ayant l’air de fuir devant Venus, qui s’était transformée en aigle, Léda mit au monde Castor et Pollux , dont les astres furent placés au Ciel. La Polaire se trouve à-peu-près entre cette dernière constellation et les deux premières.

Les têtes , et et jS , de Castor et Pollux , ou des Gémeaux, se trouvent dans la direction cT/3 de la diagonale de la grande Ourse ; elles sont assez rapprochées , et forment , avec plusieurs autres étoiles , un quadrilatère oblique très -reconnaissable. Les Pieds sont tournés vers le sud.

Entre les Gémeaux et Persée , se trouve encore une constellation bien facile à reconnaître , c’est le Cocher ; elle se compose de cinq étoiles principales , disposées en pentagone irrégulier ; l’une d’elles , la Chèvre , est de preînière grandeur ; elle est vers le nord , sur la direction du côté boréal du carré de la grande Ourse. On nomme aussi le Cocher, Érichton > ou bien encore Phaèton . On sait que ce jeune imprudent voulut conduire le chai' du Soleil ; mais , effrayé à la vue du Scorpion , il abandonna les rennes ^ et fut précipité dans YEridan .

Dans l’espace du Ciel compris entre les Gémeaux, le Cocher, Persée , Cassiopée , la grande et la petite Ourse , l’on trouve peu d’étoiles marquantes. Cette partie contient plusieurs constellations modernes, telles que la Girafe , le Lynx * le Renne „

Pour compléter la description des principales constellations situées dans notre hémisphère boréal , il nous reste à parler de celles qu’on remarque entre la Lyre et le Bouvier, et plus bas que le Dragon. Sur la ligne menée d’Arcturus à la Lyre , on rencontre d’abord la Couronne et Hercule, La Couronne est une petite constellation située près du Bouvier ; elle est facilement reconnaissable par les sept étoiles disposées en demi-cercle, dont elle est composée ; l’une d’elles est de seconde grandeur. Hercule est plus rapproché de la Lyre ; cette constellation se distingue par un quadrilatère d’étoiles de 3e grandeur ; la diagonale qui se dirige vers le midi t va passer entre la tête cl d’Hercule et la tête cl d’Ophiuhus , étoile de 2e grandeur, qui en est voisine. Hercule a un genou et un pied appuyés sur la tête du Dragon ; Qphiuchus , ou le Serpentaire , tourne au contraire les pieds vers le sud ; il est enveloppé du Serpent y dont la tête, au-dessous de la Couronne , forme une espèce d’Y oblique. Au bas de l’Y, on trouve cl 9 le cœur du Serpent ; le reste de cette constellation offre une file immense d’étoiles qui traverse le Serpentaire, et va aboutir vers l’Aigle, où se trouve la queue du Serpent.

En allant de la Tête d’Ophiuchus à la Lyre, on voit on petit groupe d’étoiles qu’on nomme Cerbère ou le Rameau ; dans son voisinage et dans la voie lactée , se trouvent encore plusieurs petites cons-

tellations dont nous n’ayons pas parlé : telles que le Renard qui enlève Y Oie, plus bas que le Cygne ; la Fléché d’Hercule, au-dessus de l’Aigle; etàcôté de cette dernière constellation , le Dauphin , bien remarquable par quatre petites étoiles en losange; enfin , Àntinoiis et YÉcu de Sohieski 9 tous deux dans la voie lactée , au-dessous de l’Aigle.

Avant de parler des constellations qui sont dans le voisinage de l’équateur et qui sont de la plus grande importance en astronomie , nous allons nous occuper de déterminer la position des constellations à un instant donné. Nous avons dit qu’en réglant la pendule d’après le temps sidéral , il fallait qu’elle marquât oL o’ o” au moment où l’équinoxe du printemps passait chaque jour au méridien. Orrce point, que nous déterminerons par la suite , arrive au méridien presque en même temps que plusieurs étoiles remarquables , telles que et d’Andromède et y du carré de Pégase , /S d’Andromède , S' de la grande Ourse au-dessous du pôle. Lorsqu’on tendra un fil dans cette direction, Ton aura donc la position du cercle horaire qui contient l’équinoxe , et quand cette ligne coïncidera avec le méridien, la pendule marquera ok o’ o” ou bien 2 4h o’ o” , en supposant que l’aiguille des heures parcourt 24 divisions dans l’intervalle d’un retour à l’autre d’une même étoile au méridien.

Il faut bien observer que la pendule astrono

mique ne s’accordera à marquer midi en même temps que nos pendules ordinaires qu’une fois par an , à l’équinoxe du printemps ; les jours suivans , elle avancera de plus en plus , et au bout d’un mois elle sera en avance de près de deux heures , au bout de trois mois , elle sera en avance de près de six heures , et ainsi de suite. Il arrivera de là que , quand nos pendules marqueront midi un mois après l’équinoxe de printemps, qui a lieu vers le 21 mars, la pendule astronomique marquera à-peu-près 2 heures , et le cercle horaire qui contient l’équinoxe fera avec le méridien un angle d’environ 3o degrés.

Quand on ne voudra qu’une estimation approchée , on pourra déterminer la direction du méridien, comme nous l’avons indiqué à la page 12 ; ou bien se placer de manière à avoir derrière soi la Polaire. Il ne faudra pas perdre de vue que le pôle est à i° 1/2 environ de la polaire en allant de cette dernière étoile vers la plus petite étoile cf du carré de la grande Ourse.

Ce qui précède étant admis , supposons que nous soyons placés dans la direction du méridien , le 2 1 mars à midi , nous aurons devant nous le Soleil ; et si sa lumière trop vive ne nous empêchait de voir à l’œil nu les astres qui parent le Ciel, nous apercevrions encore au méridien & et j3 de Pégase , et /S de Cassiopée vers le zénith. Or , comme l’observation en a été faite pour la

première fois en i635, par Morin, nous pouvons les apercevoir effectivement soit au moyen de fortes lunettes , soit à travers de tubes forts alongés. C’est le premier de ces moyens que l’on emploie dans les observatoires, et l’on reconnaît ainsi que le disque du Soleil se trouve dans l’équateur sur le cercle horaire qui passe près des étoiles dont nous avons parlé précédemment.

La constellation des Poissons, dans laquelle est alors le Soleil , présente une longue file de petites étoiles qui forme le cordon auquel sont attachés les deux Poissons ; l’un des Poissons est ! placé le long du côté méridional du carré de Pé- ! gase , et l’autre à l’orient du meme carré.

Deux heures après, cette constellation s’est déjà portée vers l’occident , et le Bélier vient se présenter au méridien. Le Bélier offre deux étoiles de troisième grandeur , assez voisines l’une de l’autre , dont la plus occidentale fi est accompagnée d’une plus petite étoile de quatrième grandeur, appelée y, ou la première étoile du Bélier, parce qu’elle était autrefois la plus voisine du point équinoxial. Nous verrons bientôt que le Soleil paraît alternativement plus haut et plus bas que l’équateur , et que cet astre ne se trouve que deux fois par an dans le plan meme de l’équateur, une fois vers le 2 1 mars et une fois encore environ six mois après. La première position se nomme le point équinoxal ou Y équinoxe de prin~

temps, l’autre est l’équinoxe d’automne. Or, le point équinoxial se déplace très-lentement dans le Ciel ( voyez Chap. 5 , 3e Partie. ) , et autrefois il se trouvait dans le Bélier.

A côté du Bélier , et vers le nord-est , est située la Mouche, qui présente trois petites étoiles ; vers le nord et plus bas que la Ceinture d’Andromède , on voit le Triangle , également formé de trois étoiles moins rapprochées que les précédentes; vers l’ouest, un des Poissons ; et enfin, vers le sud , la Baleine, constellation immense , qui occupe une grande partie du ciel. La ligne menée de la Ceinture d’Andromède entre cl et £ du Bélier , va passer sur l’étoile cl de la mâchoire de la Baleine / étoile de 2 e grandeur , qui fait partie d’un parallélogramme. La base cl y prolongée passe sur la changeante o , puis près d’un grand quadrilatère de la Baleine , formé de quatre étoiles de 3e grandeur, et enfin sur la queue j3, qui est une étoile de 2e grandeur. Cette même droite cl y , prolongée plus avant encore , passe près de Fomaïhaut, étoile de ire grandeur du Poisson austral qui s’élève peu surl’horizbn de Paris.

Continuons à examiner l’état du Ciel, le ai mars, aux différentes heures du jour. A midi* avons nous dit, le Soleil se présente au méridien en même temps que l’Equinoxe ; à 2 heures , on y voit le Bélier.

A 4 heures , le Taureau se présente au mé-

ridien , précédé par les Pléiades ou la Poussinière , groupe très-remarquable d’étoiles ramassées audessous de Persée. JJ Œil du Taureau ou Aldébaran , étoile rougeâtre et de ire grandeur, termine la branché inférieure d’un Y oblique formé de 5 étoiles disposées sur le front du Taureau : ce sont les Hyades . Au-dessous du Taureau et du Cocher brille Qrion , la plus belle constellation du Ciel. Elle se compose d’un grand rectangle ; aux extrémités d’une des diagonales sont deux étoiles de ire grandeur ci Adaher et /3 Rigel ; et aux extrémités de l’autre diagonale sont y et k, deux étoiles de 2e grandeur ; ci et y, vers le nord, forment les épaules d’Orion , fi est sur le pied gauche. Au centre du rectangle , trois étoiles de 2e grandeur très-rapprochées forment la ceinture, les Trois Rois , le Rateau , ou bien encore le bâton de Jacob . Plus bas , une traînée d’étoiles dessinent Y épée ; et le bouclier, formé d’une autre file de petites étoiles, s’élève entre l’épaule occidentale y et Aldébaran. Près de Rigel, s’étend dû côté de la Baleine et vers le sud , une suite d’étoiles de 3e et 4e grandeurs, c’est YÉridan . Un quadrilatère de quatre étoiles de 3e grandeur dessine 1 e lièvre, au-dessous d’Orion et à droite du grand' Chien , autre quadrilatère plus grand, adjacent à un triangle. On y remarque Sinus, la plus belle étoile du Ciel ; avec cinq étoiles de 2 e grandeur, Sirius forme avec Adaher d’Orion et avec ti

Procyon du petit Chien mi triangle équilatéral. j3 est une autre étoile remarquable du petit Chien, qui se trouve avec cl sur une droite dirigée vers y , aux pieds des Gémeaux.

Cette partie du Ciel est sans contredit celle qui mérite le plus de fixer Inattention par le grand nombre d’étoiles de ire et 2e grandeurs qu’elle renferme. La constellation d’Orion surtout efface toutes les autres par son éclat ; elle a été chantée plusieurs fois par les poètes ; Nieuwland lui a consacré une ode , dont voici à-peu-près le commencement :

Qui donc sur l’Océan, dans l’ombre et le silence,

Elève avec orgueil son front majestueux;

Et bravant de Phébé le disque lumineux,

Devant son trône même insulte à sa puissance ?

C’est toi, noble Orion : tes feux étincelans Des soleils de la nuit effacent la lumière ,

Comme le Dieu du jour, entrant dans la carrière,

Efface de Phébé les rayons pâlissans.

Sur le trône des airs fais briller ta couronne;

Viens, héros indompté, régner sur nos climats:

Lève-toi ! que nos yeux, attachés à tes pas,

Contemplent à loisir l’éclat qui t’environne.

Perçant des sombres mers les nocturnes brouillards ,

Sous l’orgueilleux fardeau de ta pesante armure ,

Je te vois déployer ta superbe ceinture ,

Et de l’homme étonné commander les regards.

Près de Pastre qu’à peine un faible éclat décèle ,

Le rougeâtre Adaher , par une agrafe d’or Soutient ton large glaive, et plus brillant encor,

Rigel avec orgueil à tes pieds étincelle.

Le Taureau loin de toi récule épouvanté :

Il roule avec effroi sa prunelle sanglante;

Tandis que vers le nord s’enfuit l’Ourse tremblante Aux éclairs menaçans de ton glaive irrité.

Vers 6 heures , on voit au méridien la constellation des Gémeaux , dont nous avons déjà parlé ; et vers 8 heures , celle du Cancer ou VEcrépisse , qui est à peine visible. A io heures, le Lion se présente au méridien ; c’est un grand trapèze très-remarquable , situé dans la direction de la Polaire et des gardes de la grande Ourse. On y compte deux étoiles de 2e grandeur sur la petite base et deux autres de ire grandeur sur le côté opposé ; Régulus ou le cœur du Lion, et la queue qui est plus à l’est. Le Petit Lion est plus vers le nord , au-dessous de la grande Ourse.

La Vierge , qui se présente ensuite vers minuit , lorsque déjà les Poissons sont à leur passage inférieur , occupe un grand espace dans le Ciel, sans être une constellation bien remarquable. Elle renferme cependant une belle étoile de ire grandeur , Y épi de la lierge ou cl sur la diagonale cl y du carré de la grande Ourse. On y remarque aussi cinq étoiles de 3e grandeur formant

un Y ouvert. Au nord de la Vierge, l’on trouve la chevelure de Bérénice , petit groupe blanchâtre d’étoiles ; et vers le sud, la Coupe et le Corbeau , et plus bas encore Y Hydre, qui s’étend jusque sous le Lion et le Cancer. A i4 heures, ou bien 2 heures après minuit , la Balance atteint sa plus grande hauteur : elle se compose principalement de deux étoiles de 2e grandeur ci et /3 , qui sont les bassins . Ces deux étoiles forment un carré avec deux étoiles de 3e grandeur.

Le bassin austral de la Balance est entre Y épi de la Y ierge et Antarès ou le cœur du Scorpion : ces trois étoiles, ainsi que Régulas , sont trèsvoisines de l’écliptique. On distingue encore dans le Scorpion une suite d’étoiles en forme d’arc, dont l’une £ est de 2e grandeur ; la queue se prolonge vers l’horizon.

Deux heures après le Scorpion, et vers 18 heures , Ton voit arriver au méridien le Sagittaire. Cette constellation contient plusieurs étoiles de 3e grandeur disposées en trapèze dont deux étoiles sont à leur tour sur le côté d’un autre trapèze plus petit. U arc et la flèche , indiqués par deux files d’étoiles , sont dirigés vers le Scorpion.

La ligne menée de la Lyre à l’Aigle 'rencontre plus bas que l’équateur deux étoiles de 3e grandeur qui sont sur la tête du Capricorne . Cette constellation se présente au méridien à 20 heures, et deux heures avant le Verseau , situé au-dessous

du carré de Pégase. En allant du Dauphin à Fomalhaut , on passe d’abord par le petit Cheval , trapèze de quatre étoiles de quatrième grandeur, et puis entre les deux épaules a (6 du Verseau : ces deux étoiles forment avec y un triangle trèsaplati ; la base se prolonge en une file d’étoiles vers le Capricorne. A l’orient , une traînée d’étoiles qui se dirige vers le sud indique l’eau qui s’échappe de l’urne.

Enfin , lorsque le lendemain la pendule marquera encore 24b., la même constellation des Poissons se représentera encore au méridien; mais elle ne sera pas tout -à-fait à la même place , si l’on a compté le temps d’après les montres ordinaires ; car nous avons déjà fait la remarque que nos montres ne marchaient pas d’accord avec les pendules astronomiques ; celles-ci étant réglées d’après le cours des étoiles , les autres d’après le cours du Soleil , qui a dans le Ciel un mouvement propre , dont il sera parlé plus loin.

11 arrive de là que si l’on ne consulte que les pendules astronomiques , il sera toujours 2 4 h. quand les Poissons seront à leur passage supérieur , et

12 h. quand ils seront au passage inférieur. Mais si nous consultons nos montres , un mois après le 2 1 mars , les Poissons ne se présenteront plus au méridien avec le Soleil, on y verra le Bélier : les Poissons seront déjà à environ 3 o degrés vers l’occident, et la pendule astronomique marquera deux heures. Nos mon-

astr. 3

très seront donc en retard d’environ deux heures en un mois, ou d’une heure par demi-mois. On pourra, quand on ne cherche qu’une valeur approchée , bien suffisante pour reconnaître l’état du Ciel , compter une heure de retard par demimois sur les pendules astronomiques , et cela à partir du 2 1 mars. Par exemple , quand une montre marquerait midi le 2 1 avril , on pourrait dire que la pendule astronomique indique 2 heures environ , et que l’on a conséquemment au méridien et dans le voisinage de l’équateur la constellation du Bélier. Les douze constellations qui se présentent tour-à-tour , vers midi , au méridien et dans le voisinage de l’équateur, ont été nommées zodiacales . Elles étaient très-connues des anciens ; leurs noms sont exprimés d’une manière très-concise dans ces deux vers latins , qui indiquent d’ailleurs l’ordre dans lequel elles se présentent (1) .*

Sirnt Àries , Taurus, Gemini* Gancer, Léo, Virgo, Libraque, Scorpius, Àrcitenens, Caper, Amphora, Pisces.

On voit , d’après ce qui précède , qu’à partir du mois d’avril , le 21 de chaque mois , lorsque nos montres marquent midi , nous avons successivement à notre méridien ces différentes constellations , en commençant par le Bélier. Prenons encore un

(1) Nous avons supposé les douze constellations zodiacales de même étendue, ce qui naest pourtant pas; il est brn de prévenir aussi qu’il ne faut pas confondre ces constellations avec les signes du zodiaque qui portent le même nom, comme nous le verrons, liv. III, cbap. 5.

core un exemple : veut-on savoir quel sera Fêtai duCielvers le milieu du mois de juin et à dix heures du soir ? du 2 1 avril au 2 1 juin on comptera deux mois. Le 2 1 juin, à midi , la constellation des Gémeaux passera donc auhnéridien, et dix heures plus tard, la constellation du Scorpion. Nous avons compté d’abord deux constellations depuis le Bélier jusqu’aux Gémeaux , à cause de la différence des deux mois depuis avril jusqu’au mois de juin ; et puis cinq constellations depuis les Gémeaux jusqu’au Scorpion , à cause des dix heures , car chaque constellation met à-peu-près deux heures à passer au méridien ; de sorte que vers 10 heures du soir et au milieu de juin , le Scorpion commencerait à passer au méridien après la Balance.

Le tableau donné à la page 26, fait encore connaître l’instant du passage des étoiles de première grandeur en temps sidéral. Par exemple , Aldébaran ou F œil du Taureau passe au méridien 4 ii 26’ après le point équinoxial , situé dans le signe des Poissons. Quand on connaîtra donc chaque jour 1 instant du passage du point équinoxial, par la table précédente, on reconnaîtra à quelle heure passeront les étoiles principales, puisque les intervalles de temps s’y trouvent indiqués.

Les dénominations des constellations tirent évidemment leur origine des travaux , des usages et des croyances religieuses des anciens peuples*

Voulait-on désigner, par exemple , la saison des pluies et des tempêtes, on le faisait en annonçant le retour des constellations qui paraissent alors le soir. Ainsi les Pléiades , les Hyades , et plus souvent encore l’orageux Orion (i) , marquent le retour des sombres nuits d’hiver , comme on le voit souvent dans Virgile et dans ces vers d’Hésiode :

Que ton frêle vaisseau sur la mer orageuse N’aille point affronter la saison dangereuse Où Fhumide Orion , sous un ciel nébuleux,

Terrible , et précédé des vents tumultueux,

S’élance sur les pas des Pléiades tremblantes.

Voulait-on indiquer la saison des chaleurs , lorsque le Soleil , dans toute sa force , entre dans la constellation du Lion, on représentait cet astre précédé dans sa marche par. Sirius ou la Canicule :

Déjà le Chien brûlant dont ITnde est dévorée Vomissait tous ses feux sur la plaine altérée;

Déjà Tardent Midi desséchant les ruisseaux ,

Jusqu’au fond de leur lit avait pompé les ea^ix. (2)

Delille.

La Balance indiquait l’époque de l’année où la durée de la nuit est égale à celle du jour. Le

(1) Assurgens nimbosus Orion. Virg.

(2) Jam rapidus torrens silientes Sirius Indos Ardebatcœlo, etc. Géorg. , liv, IV,

Scorpion , par son lever , annonçait ensuite l’époque des maladies et des fléaux destructeurs. Nous avons déjà eu occasion de voir comment Phaéton ou le Cocher , qui se couche en même temps que FEridan , passait pour avoir été précipité dans ce fleuve, à la vue du Scorpion qui se lève alors dans la partie opposée du Ciel. Les allégories relatives aux constellations du zodiaque ne s’expliquent pas avec moins de facilité ; mais nous nous proposons d’en parler plus particulièrement quand nous aurons fait voir que le Soleil, par son mouvement apparent , les parcourt successivement dans l’espace d’une année. Nous engageons, du reste, les lecteurs qui désireraient de plus amples renseignemens sur l’origine et l’explication des constellations , à recourir aux ouvrages de Dupuis et des autres savans qui ont traité de cette matière.

L’astronomie , ainsi que les autres connaissances humaines , a vu s’élever des imposteurs qui en ont abusé pour tirer parti de la crédulité et de l’ignorance. On supposait les destinées humaines soumises à l’influence de certains astres, et l’on prétendait expliquer l’avenir et pouvoir deviner les événemens futurs. On observait surtout attentivement les astres qui se présentaient au méridien lors d’un événement important , la constellation zodiacale qui se levait en même temps que ses paranate lions ; c’est ainsi qu’on

nommait les constellations qui bordaient l'horizon en meme temps qu’un signe du zodiaque; enfin, on observait le lever et le coucher hêliaque des étoiles, c’est-à-dire les étoiles qui se levaient ou se couchaient en même temps que le Soleil (i). C’est ainsi qu’on tirait Yhoroscope d’un enfant à l’instant de sa naissance. Cette science chimérique que l’on s’était créée se nommait astrologie . Cependant , il faut l’avouer , plusieurs astronomes s’en sont occupés , pleinement persuadés de sa réalité ; et leurs recherches , dirigées vers un but futile, nous ont valu d’utiles découvertes, comme l’exemple s’en est présenté plus d’une fois dans l’histoire des sciences. L’astrologie paraît avoir été cultivée particulièrement chez les Chaldéens et les Egyptiens ; . elle s’introduisit ensuite à Rome , malgré les décrets nombreux du sénat : les Grecs seuls et les astronomes de l’école d’Alexandrie paraissent en avoir fait peu de cas. On retrouve encore l’astrologie chez les Arabes , et surtout en Europe , pendant tout le moyen âge. A la régénération des sciences , les plus grands esprits en étaient encore imbus : Cardan, mathématicien habile pour son temps, osa déduire , de la configuration des astres au moment de la naissance de Jésus - Christ , les

(1) On dit aussi le lever ou le coucher cosmique ou achro nique d’un astre, selon qu’il a lieu le matin ou le soir.

divers événemens de sa vie. Et ce qui pourra étoimer , c’est qu’il le fit impunément dans le pays où Galilée fut enfermé à l’inquisition , quelque temps après , pour avoir été le défenseur de la vérité. On doit regretter que plusieurs grands hommes, sacrifiant aux idées reçues de leur temps , se soient occupés de pareilles chimères. Le système de Copernic et les découvertes des modernes, en étendant le domaine de l’astronomie , ont enfin fait tomber l’astrologie dans l’avilissement dont elle n’aurait jamais dû sortir. Aujourd’hui le mépris public ferait justice des imposteurs qui s’en serviraient encore : c’est un nouveau bienfait que l’on doit à la propagation des lumières qui tendent peu à peu à éclairer les hommes et à les délivrer des erreurs et des préjugés.

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