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LIVRE XX. — LA TERRE. 2 M

situé au troisième angle non mesuré, on en fixe toujours la position par des lignes visuelles aboutissant au moins à deux bases différentes.

On voit combien sont nombreuses les précautions prises pour que le réseau géodésique qui est jeté sur la France donne des résultats que Ton puisse dire parfaits. La valeur de ces précautions sera mieux appréciée lorsque nous décrirons les triangulations qui ont servi à la mesure des méridiens et des parallèles terrestres. Les détails que nous venons de donner doivent suffire pour expliquer les chiffres qui sont rassemblés dans les paragraphes qui vont suivre.

Dans tous les lieux où on peut apercevoir la mer, la détermination de la hauteur absolue peut se déduire de la mesure de ce qu'on appelle la dépression de l'horizon. En effet, la ligne bleue, assez bien définie, séparation apparente du ciel et de la mer, à laquelle les marins rapportent la position des astres, n'est pas dans l'horizon mathématique ; la quantité dont elle se trouve en dessous dépend de la hauteur de l'œil de l'observateur au-dessus des eaux et des dimensions de la Terre. Si l'on mesure la distance angulaire d'un point de l'horizon au point de l'horizon diamétralement opposé, en admettant que l'état de l'air et celui de la mer soient les mêmes tout autour de l'observateur, la différence de la distance obtenue à 180° est évidemment le double de la dépression réelle de l'horizon. On peut encore avoir cette dépression en mesurant la hauteur d'un astre au-dessus de l'horizon apparent, à un moment donné, et en retranchant de cette hauteur observée celle

fournie par le calcul de la position de cet astre ainsi connue à l'avance. On comprend dès lors qu'une formule mathématique devant nécessairement établir une relation entre la hauteur d'un lieu et la dépression, pour de certaines circonstances météorologiques connues, on peut déduire l'un de ces éléments de la mesure de l'autre, après correction de la réfraction. Toutefois, comme on ne peut déterminer les circonstances météorologiques que pour le lieu où on se trouve et non pas pour les couches atmosphériques en contact avec la mer, au point de tangence avec l'Océan du plan mené par l'œil de l'observateur, comme les variations de densité de l'atmosphère dépendent beaucoup de la différence de la température de la surface des eaux et de celle de la couche d'air qui recouvre cette surface, ce moyen d'obtenir les hauteurs n'offre pas beaucoup d'exactitude, et je ne l'ai cité que pour ne rien laisser en oubli.

2. — Élévation de l'Europe au-dessus du niveau moyen de la mer.

On connaît maintenant un très -grand nombre de déterminations des hauteurs des divers points de l'Europe séparés par des intervalles bien exactement mesurés. Par une formule facile à établir on conclut de ces hauteurs obtenues par l'observation, les hauteurs moyennes de chaque grand plateau, puis de grandes étendues de pays, et enfin de l'ensemble même du continent. C'est un problème de géométrie et de calcul trèssimple que je n'ai besoin que de signaler. Je donnerai

immédiatement les solutions obtenues pour les hauteurs moyennes, en les rapprochant des hauteurs observées des principales cimes de montagnes et des lieux habités les plus importants.

Montagnes de la Péninsule ibérique et Pyrénées.

Malahasen (Grenade) 3,555 mètres.

Malahite ou Néthou (Pyrénées) 3,485

Mont-Perdu (Id.) 3,351

Le Cylindre (Id.) 3,322

Maladetta {Id.) 3,312

Vignemale (Id. ) 3,298

Pic du Midi (Id.) 2,877

Canigou (Id.) 2,785

Penalara 2,583

Cabezas de Hierro 2,370

Sierra d'Estra (Portugal) 1,700

Somo Sierra l,/i60

Sierra de Foja (Algarbes) 1,100

Passages des Pyrénées.

Port d'Oo 3,002 mètres.

Port Viel d'Estaube 2,561

Port de Pinède 2,/i99

Port de Gavarnie 2,333

Port de Gavarère 2,241

Passage de Tourmalet 2,177

La hauteur moyenne de la crête des Pyrénées est de 2,437 mètres, et la figure 249 donnée précédemment (p. 201), montre quelle est, d'après M. de Humboldt, son importance relative comparée à celle des autres grandes chaînes du globe.

Voici maintenant pour cette même partie méridionale extrême de l'Europe les hauteurs de quelques points habités :

Village de Heas (chapelle), dans les Pyrénées. 1,497 mètres.

Village de Gavarnie (auberge). Id. 1,335

Village de Barège (cour des bains). Id. 1,241

Palais de Saint-Ildefonse 1,155

Burgos 880

Saint-Sauveur (terrasse des bains), Pyrénées. 728

Astorga 727

Lech (église), Pyrénées 706

Ocafia 704

Valladolid. . 682

Guadalaxara 666

Madrid 635

Zamora 575

Aranjuez, sur le Tage 474

Miranda del Ebro 460

La hauteur moyenne de l'Espagne, d'après les dernières estimations faites par M. de Verneuil qui a rassemblé toutes les mesures prises dans ce pays, est de 711 mètres, nombre dont la grandeur ressortira plus loin par la comparaison avec celui que fournit la France.

Hauteurs des principaux pics des Jfpes.

Mont-Blanc (Savoie) 4,813 mètres.

Mont-Rose (Savoie) 4,636

. Fisterahorn (Suisse) 4,362

Jung-Frau (Suisse) 4,180

Montagne de l'Oursine (France) 4,105

Mont Pelvoux (France) 3,934

Orteler (Tyrol) 3,908

Mont Viso (France) 3,836

Col du Géant 3,426

Mont Thabor 3,180

Le grand Bérard 3,048

LeTaillefer 2,861

Col de la Vachère 2,620

Mont Ventoux 1,909

Montagne de Lure 1,827

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