LIVRE XX. — LA TERRE
93 et 94, t. i, p. 224 et 257). Ils reposent tous sur le principe dont nous avons indiqué l'usage pour la détermination des distances angulaires des étoiles (liv. vi, chap. î, t. i, p. 216) et pour celles.de leurs distances angulaires à l'équateur, c'est-à-dire de leurs déclinaisons (liv. vm, chap. ii, t. i, p. 307). C'est là une des plus difficiles et des plus importantes recherches qu'un observateur puisse entreprendre ; aussi a-t-elle été de tout temps l'objet des travaux des astronomes et des artistes les plus célèbres. Tout le monde connaît , sans que nous ayons besoin de remonter à des temps plus éloignés , les grands instruments que Tycho, le landgrave de Hesse et Hévélius firent construire pour faire leurs observations de distances angulaires d'étoiles. Ces observations, quoique bien supérieures, sans contredit, à celles que Ptolémée nous a conservées, laissaient cependant encore beaucoup à désirer ; les grandes dimensions des secteurs permettaient d'apercevoir sur le limbe de petites divisions, mais n'ajoutaient que fort peu de chose à l'exactitude de l'observation, car Terreur de pointé était plus considérable que celle de la lecture.
Les lunettes fournissaient le moyen de remédier au défaut dont nous venons de parler, puisqu'en agrandissant les angles que sous-tendent les objets éloignés, elles nous font découvrir des espaces qui, à l'œil nu, auraient été insensibles; cependant, ces instruments ne furent employés pendant longtemps que dans des observations de simple vision, telles que celles des diamètres des planètes et de leurs phases, celles des configurations des satellites de Jupiter et de leurs éclipses, etc. C'est
Simon Morin qui , le premier, eut l'idée d'adapter une lunette à un instrument divisé; c'est à Picard et à Auzout que nous sommes redevables des premières observations précises qui aient été faites avec ces instruments. Cette invention, d'où date l'exactitude de l'astronomie moderne et qui depuis a été jugée assez capitale pour que les savants anglais aient cru devoir la revendiquer en faveur de leur compatriote Gascoigne, fut, à son origine, rejetée par plusieurs astronomes, et entre autres par Hévélius; ce savant , dont les nombreux travaux avaient été faits avec des pinnules, chercha, malgré les objections de Hooke, à en faire prévaloir l'usage, et la grande réputation dont il jouissait avait déjà fait ranger plusieurs observateurs à son avis; mais bientôt la mesure de la Terre, exécutée en entier par Picard avec des instruments de la nouvelle construction, vint montrer leur grande supériorité et leva tous les doutes. Il se présente cependant, dans l'usage de ces instruments, une difficulté sur laquelle Hévélius avait beaucoup insisté , et qui tient à celle de déterminer avec exactitude la position de l'axe optique de la lunette, par rapport aux divisions de l'arc de cercle auquel elle est adaptée. L'ouvrage de Picard renferme la description des divers moyens qui peuvent servir à faire cette rectification; mais le seul qui paraisse susceptible de quelque exactitude est celui du retournement, qui consiste à observer la même étoile dans deux positions diamétralement opposées de l'instrument; le défaut de parallélisme entre l'axe optique et la ligne de foi, influe en sens contraires sur les deux mesures partielles , qui diffèrent par conséquent l'une de l'autre du double de