‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 216 sur 362 · LIVRE XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE

vers le Soleil, et dont la concavité légèrement elliptique fait face à l'orient.

Ce cercle et cette ellipse paraissent se couper sous des angles très-aigus en deux points diamétralement opposés, qu'on appelle les cornes.

La ligne droite qui joint les deux cornes est un diamètre de la demi-circonférence de cercle qui termine la phase du côté de l'occident.

Fie. 291. -Phases de la Luni

La largeur du croissant va graduellement en augmentant (B), mais en conservant à ses deux limites les mêmes formes géométriques circulaires et elliptiques, à mesure qu'on s'éloigne du jour où la Lune a commencé à devenir visible ; enfin, lorsque l'astre est arrivé à une distance angulaire du Soleil égale à très-peu près à 90°, sa portion visible (G) est terminée par un cercle à l'occident et par une ligne droite à l'opposite. La Lune a pour ce jour-là la forme d'un demi-cercle; c'est pour cela qu'on dit alors

que notre satellite est à son premier quartier; il passe alors au méridien vers six heures du soir.

Le lendemain du premier quartier, la portion de h Lune visible de la Terre (D) surpasse un demi- cercle, sa partie occidentale est toujours circulaire et sa partie orientale elliptique; mais à l'inverse de ce qui avait lieu avant le premier quartier, la concavité de l'ellipse se trouve alors tournée vers l'occident.

La phase va en augmentant graduellement de jour en jour; enfin, quand la Lune est en opposition avec le Soleil, lorsqu'elle passe au méridien à peu près à minuit, la portion orientale et la portion occidentale de l'astre ont exactement la même forme ; ces deux portions sont toutes deux circulaires (E) , et l'on dit que la Lune est pleine.

Immédiatement après le moment de la pleine Lune , l'astre commence à perdre une partie de sa lumière du coté occidental de son disque ( F ) ; il se trouve alors terminé à l'orient par un cercle et à l'occident par une ellipse.

Le jour de la seconde quadrature il se montre à moitié éclairé (G), sa partie orientale est circulaire, et à l'occident sa ligne de séparation d'ombre et de lumière est droite ; il passe alors au méridien à peu près à six heures du matin; ensuite, à partir de cette époque où l'on dit que la Lune est à son dernier quartier, sa phase se creuse, une ligne courbe elliptique, concave vers l'occident (H), termine la portion do la Lune visible de la Terre, qui, du côté de l'orient, a toujours la forme circulaire. Le phénomène se présenta en sens inverse de ce que nous avions observé peniant la Lune croissante, c'est-à-dire entre la conjonction et la pleine Lune.

Enfin, lorsque l'astre précède de très-peu le Soleil à son lever, il a la forme d'un croissant très-délié (K), terminé à l'orient par un cercle et à l'occident par une courbe légèrement elliptique dont la convexité est tournée vers l'orient.

On comprendra la cause de ces apparences singulières si l'on remarque que la Lune est un corps opaque et rond; que le Soleil qui l'éclairé est aussi un corps rond, fort éloigné de la Lune. Quoique le diamètre du Soleil soit en réalité beaucoup plus considérable que celui de la Lune, les diamètres angulaires apparents de ces deux astres ne diffèrent pas beaucoup, de manière que les rayons partant des bords du Soleil , qui iront raser les bords correspondants du corps lunaire formeront un cône très-peu ouvert, presque un cylindre, dont l'axe sera la ligne qui joindra les centres des deux astres.

Sur la Lune la ligne de séparation d'ombre et de lumière, c'est-à-dire la ligne qui séparera la portion éclairée du globe lunaire de celle qui ne l'est pas, formera un grand cercle de la Lune dont le plan sera perpendiculaire à l'axe dont il vient d'être question.

Un corps sphérique tel que la Lune, vu de très-loin, d'un point de la Terre, par exemple, s'il était lumineux partout, se présenterait sous la forme d'un cercle dont la circonférence serait la section faite par un plan mené par le centre de cet astre perpendiculairement à la ligne qui joint ce centre à l'œil de l'observateur.

Mais les portions de la Lune ou de l'hémisphère, que nous appellerons l'hémisphère en vue n'étant pas toutes éclairées par le Soleil, il en résultera que l'astre se mon-

trera à nous sous des formes variables et dépendantes des positions relatives du Soleil , de la Lune et de la Terre.

Nous avons vu que la ligne de séparation d'ombre et de lumière est un grand cercle de la Lune ; que la courbe qui sépare , pour un observateur situé sur la Terre , l'hémisphère en vue de l'hémisphère opposé, est aussi un grand cercle contenu dans un plan perpendiculaire au rayon visuel partant de l'observateur. Ce dernier plan doit couper l'hémisphère éclairé suivant un demi grand cercle.

Mais ce qu'on aperçoit perpendiculairement se voit dans sa forme réelle, donc la portion éclairée de la Lune, située dans l'hémisphère en vue , sera toujours terminée par un demi-cercle ; donc, la Lune paraîtra constamment circulaire vers le côté d'où lui viennent les rayons du Soleil , c'est-à-dire à l'occident dans la première partie du mois lunaire et vers l'orient pendant la seconde partie de ce même mois.

Examinons maintenant comment doit se terminer la phase du côté opposé. En réalité, cette ligne terminatrice ou la ligne de séparation d'ombre et de lumière sur la surface de la Lune, est la circonférence d'un grand cercle; cette circonférence sera coupée en deux parties égales, par le plan qui sépare, pour un observateur situé sur la Terre, l'hémisphère en vue de l'hémisphère opposé. Deux circonférences de grands cercles se coupent toujours sur la sphère en deux parties égales, ayant pour diamètre commun le diamètre de la sphère. Ainsi, la ligne droite qui joindra les points de rencontre de cette

Page 1