‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 221 sur 362 · LIVRE XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE

règle, une lune dont toute la révolution, sauf une trèspetite fraction de seconde , se verrait opérée durant les derniers jours de janvier et les 28 jours de février, devrait cependant s'appeler Lune de mars. Au reste, on trouverait des résultats tout aussi bizarres, si la dénomination de la Lune avait été empruntée au nom du mois dans lecjuel elle commence.

Voici , suivant toute apparence, une remarque qui n'a pas peu contribué à faire prendre la fin de la lunaison pour type. Considérons l'année 1767, par exemple. Dans cette année, il y a eu une Lune qui a commencé le lr' janvier et qui a fini le 30 ; ainsi , pour tout le monde, cette Lune a été celle de janvier. La suivante aurait donc dû être la Lune de février; or, cette Lune suivante a commencé le 30 janvier; elle n'aurait donc pu s'appeler que la seconde Lune de janvier, si le nom avait été emprunté au mois dans lequel elle a commencé, tandis qu'elle a appartenu, comme c'est nécessaire, au mois de février, quand on se règle sur la fin de la lunaison.

Mais, en adoptant la définition citée plus haut, de Clavius, de Blondel , des auteurs de Y Art de vérifier les dates , on trouvera des mois auxquels correspondront deux Lunes , et des années pour lesquelles le mois de février sera sans lunaison.

Citons des exemples de l'un et l'autre cas. Une lune finit dans la nuit qui sépare le 31 décembre du l,r janvier, et très-près de minuit : cette lune est celle de janvier; la Lune suivante, commençant au môme instant, finira donc avant le 30 janvier ; ce mois comptera donc deux Lunes.

Supposons maintenant, comme second exemple, qu'une lunaison finisse le 31 janvier, près de minuit; le temps de la révolution synodique de notre satellite étant en moyenne de 29j.53, cette Lune ne finira qu'en mars. Ainsi aucune lunaison ne se terminera en février, aucune Lune ne pourra donc, d'après la définition, être attribuée à ce mois.

Il est une autre difficulté dont les parieurs ne tiennent aucun compte; elle dépend de la différence des méridiens. Supposons qu'une Lune finisse à Rome une minute après le minuit qui sépare le 31 décembre du lel janvier; cette Lune, pour un habitant de Rome, sera celle de janvier ; mais le minuit de Paris arrive plus tard ; au minuit de Rome correspond à Paris le 31 décembre à llh 19m 26s. Ainsi la Lune dont la fin à Rome avait lieu une minute après minuit, et devait s'appeler la Lune de janvier, porterait à Paris le nom de Lune de décembre.

On voit, par cet exemple, à quels embarras peut donner lieu l'habitude de désigner les Lunes par les noms des mois.

Ces complications n'existent pas dans l'astronomie proprement dite, où jamais, avec raison, on n'a cherché à rapporter aux mois de l'année solaire la fin ni le commencement des lunaisons.

La science, je désire que les parieurs dont j'ai parlé tiennent compte de l'avertissement, n'a rien à faire avec des règles abstraites, qui ne sont suivies que par les computistes et les gens du monde.

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