‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 248 sur 362 · LIVRE XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE

d'apercevoir notre satellite, on le voit tout entier, jusque dans ses plus petits détails; aucune partie de sa surface ne nous est cachée par un nuage lunaire.

Des esprits systématiques ont prétendu que pendant les quinze jours consécutifs, sans intermittence, que dure l'action du Soleil sur l'hémisphère de la Lune visible de la Terre, l'atmosphère de cet hémisphère passe en totalité dans l'hémisphère opposé, et donne naissance à des phénomènes analogues à ceux dont la Terre est le siège.

On peut répondre qu'un phénomène semblable devrait se reproduire dans les quinze jours pendant lesquels l'hémisphère invisible est seul éclairé , que l'atmosphère de ce second hémisphère devrait passer à son tour dans l'hémisphère tourné vers la Terre. Or, la facilité que l'on trouve à observer tous les détails de la Lune à l'aide de la lumière cendrée , dont nous parlerons plus loin , rend cette hypothèse inadmissible.

Les occultations d'étoiles sont peut-être un des meilleurs moyens de soumettre la question à une épreuve définitive.

Supposons, pour fixer les idées, qu'une étoile s'immergeant vers un point du contour de la Lune , le point de l'émersion soit situé à l'autre extrémité du diamètre passant par le point d'immersion. Si les rayons lumineux se meuvent en ligne droite en rasant le bord de la Lune, la durée de la disparition de l'étoile devra être égale au temps que la Lune emploie à se déplacer dans le ciel d'une quantité égale à son diamètre, temps qu'il est facile de déterminer avec une grande précision , sans rien supposer

relativement à la question qu'on se propose d'éclaircir ; jusque-là il n'y a donc pas de cercle vicieux. Supposons maintenant que les rayons partis de l'étoile et arrivant à l'œil de l'observateur aient rencontré une atmosphère dont la Lune serait entourée et douée d'une densité graduellement décroissante avec la hauteur, ainsi que cela s'observe dans l'atmosphère terrestre. En traversant l'atmosphère lunaire, les rayons stellaires décriraient une courbe dont la concavité serait tournée vers la surface de l'astre. L'inflexion ferait donc paraître l'étoile, après son coucher, derrière l'horizon de la Lune, tangente à son bord, comme nous voyons le Soleil, par une cause semblable, après qu'il s'est réellement couché. Au moment de l'émersion l'étoile paraîtrait, avant d'être véritablement parvenue au plan tangent au bord de a Lune, dans le point où elle s'est montrée.

Les réfractions éprouvées à l'entrée et à la sortie de l'étoile devraient l'une et l'autre raccourcir la durée de la disparition ; eh bien, cette durée a été souvent comparée à celle de la disparition calculée dans la supposition où la la lumière n'aurait éprouvé aucune réfraction, et les deux résultats, celui du calcul et celui fourni par l'observation, se sont toujours parfaitement accordés; la méthode aurait fait ressortir une réfraction de 2", c'est-à-dire une réfraction égale à celle que pourrait engendrer la petite quantité d'air qui reste dans le récipient de nos meilleures machines pneumatiques.

Cette méthode n'a qu'un inconvénient, celui de supposer que le diamètre angulaire de la Lune est connu avec une très-grande précision.

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