LIVRE XXI. — LA LUNE
cerne l'action de notre satellite sur la partie gazeuse de la Terre, on en est encore à l'étude des faits. Examinons ce qu'il est possible de déduire à ce sujet des observations barométriques convenablement combinées.
Si la Lune agit sur l'enveloppe gazeuse de notre globe, de la même manière que sur la mer, c'est-à-dire par voie d'attraction ; si elle produit un double flux et reflux diurne ; si les heures des marées atmosphériques changent chaque jour, comme les heures des marées de l'Océan , avec l'heure du passage de la Lune au méridien, pour déterminer toute l'étendue de l'effet il faudra comparer entre elles, jour par jour (on me pardonnera l'expression que je vais employer) les hauteurs barométriques correspondantes aux hautes et aux basses atmosphères.
Dans les syzygies, c'est-à-dire dans les nouvelles et dans les pleines Lunes, la Lune passe au méridien supérieur ou inférieur à midi. Si , en chaque lieu , comme il paraît naturel de le supposer à cause de l'extrême mobilité de l'air, le maximum des faits coïncide, à peu près, avec la présence de l'astre au méridien, les moyennes des seules observations faites à midi les jours de syzygies, seront des moyennes de hautes atmosphères.
A toutes les époques de la lunaison, les hautes et les basses atmosphères semblent devoir être séparées entre elles comme le sont les hautes et les basses mers, par des intervalles d'environ six heures. Les observations faites à midi, les jours où la Lune passe au méridien vers six heures du soir ou vers six heures du matin, c'est-à-dire vers le premier et vers le second quartier, ou, ce qui est A. - m. 33
la même chose en d'autres termes, à l'époque des quadratures, correspondent à de basses atmosphères.
Comparer les observations méridiennes syzygies aux observations méridiennes quadratures, c'est donc comparer entre elles de hautes et de basses atmosphères lunaires.
On remarquera sans doute que je n'ai pas annoncé encore comment les hautes atmosphères devront se manifester; on demandera s'il faut s'attendre à un mouvement ascensionnel du baromètre. Je me bornerai à répondre qu'il m'était inutile en ce moment de décider cette question. Il me suffira, pour arriver au but vers lequel je tends, d'observer que les deux syzygies, si l'action lunaire pouvait être assimilée à celle qui s'exerce sur l'Océan, si en un mot elle était attractive, devraient donner les mêmes résultats ; qu'il en serait également ainsi des premiers et des seconds quartiers comparés entre eux ; or, ces conditions ne sont pas satisfaites. Les inégalités de pression que les observations ont fait reconnaître, doivent donc tenir à quelque cause différente de l'attraction, à quelque cause d'une nature encore inconnue, mais certainement dépendante de la Lune. Cette conséquence serait capitale. Voyons si nous n'aurions pas, dès ce moment, quelque moyen de la fortifier.
Par une action évidemment liée à la position du Soleil , le baromètre baisse tous les jours entre neuf heures du matin et midi. Ce mouvement, qui fait partie de l'oscillation connue sous le nom de variation diurne , est souvent masquée en Europe par des fluctuations accidentelles; mais on le retrouve constamment dans les moyennes,