‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 310 sur 362 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

l'écliptique au moment de sa conjonction, décidera si la Lune se projettera tout entière sur le Soleil , ou si seulement elle n'empiétera que sur une partie limitée de cet astre, ou même si elle sera rapportée par l'observateur à des points du firmament complètement au-dessus ou au-dessous de l'astre radieux.

Quand, au plus fort d'une éclipse, la Lune ne semble empiéter que sur une portion limitée du disque solaire, on dit que Y éclipse est partielle.

Quand , au plus fort d'une éclipse , la Lune nous dérobe la vue de la totalité du Soleil, Y éclipse est totale.

Enfin lorsque, pendant la durée d'une éclipse, il arrive un moment où la Lune se projette en entier sur le Soleil sans le couvrir; où elle nous cache la portion centrale et laisse à découvert les régions voisines du limbe ; où elle apparaît comme un disque noir entouré d'un anneau lumineux, Y éclipse est annulaire.

Les anciens astronomes, pour indiquer quelle était l'étendue d'une éclipse partielle, avaient pris l'habitude de supposer le diamètre solaire divisé en douze parties qu'ils appelaient des doigts; l'éclipsé était d'un doigt, de deux, de trois, de quatre doigts, suivant qu'au plus fort de l'éclipsé un douzième, deux douzièmes, trois douzièmes, quatre douzièmes du diamètre du Soleil étaient cachés par la Lune.

Ces désignations surannées sont encore usitées de nos jours dans quelques éphémérides astronomiques.

La Lune et le Soleil n'étant pas à une égale distance de la Terre, des observateurs diversement placés ne projettent pas les deux astres sur les mêmes points du ciel.

Voilà comment il arrive qu'une éclipse est totale en certains lieux, et seulement partielle dans d'autres; voilà comment Paris, par exemple, n'a vu quelquefois aucune trace de telle éclipse partielle de Soleil qui a été apparente à Toulouse, et réciproquement.

11 est bon d'observer aussi qu'en certaines occasions très-rares, une éclipse peut être totale dans un lieu et annulaire dans un autre. Gela arrive lorsque les diamètres apparents du Soleil et de la Lune sont presque égaux. La Lune ne se trouvant pas à la même distance de tous les points de la surface terrestre, et les différences étant dans des rapports appréciables avec la distance absolue, les uns voient la Lune plus grande que le Soleil et les autres la voient plus petite. Le même effet peut résulter d'un rapide mouvement de la Lune vers l'apogée ou le périgée.

Pour qu'une éclipse puisse être totale, il faut qu'au moment du phénomène les lignes visuelles menées aux deux extrémités d'un diamètre de la Lune, comprennent un angle plus grand que les deux lignes visuelles menées aux deux extrémités d'un diamètre du Soleil; il faut (en prenant les expressions techniques) que le diamètre angulaire de la Lune l'emporte sur le diamètre angulaire du Soleil. Si le moment où la Lune devient nouvelle coïncide avec le moment où son diamètre angulaire est au minimum, ce qui met l'astre à son apogée, aucune circonstance de projection ne pourra donner lieu qu'à une éclipse de Soleil annulaire. Si, au contraire, dans le moment de la conjonction écliptique, le diamètre angulaire de la Lune est au maximum (ceci revient à

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