LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
le siège serait la partie inférieure de la Lune, si on supposait que les rayons de l'étoile éprouvent la plus forte réfraction.
Mais comment cette explication servirait-elle à rendre compte du phénomène, lorsqu'il se manifeste aux extrémités du diamètre horizontal. On peut d'ailleurs la renverser par sa base, en faisant remarquer que tous les rayons de lumière, ceux qui émanent d'un ver luisant, du bois pourri ou du Soleil , doivent se réfracter de la même manière. Je me bornerai, car cela suffit, dans la circonstance présente, à rapporter les résultats suivants, déduits d'observations de hauteurs des astres faites à travers un seul et même prisme, le 18 août 1809 :
Sirius 2/4'32"
a d'Hercule 2/t 30
a d'Ophiucus 2/i 33
a de la Lyre 2/i 38
Le Soleil 2Zi 39
On remarquera que la lumière de la Lune qui n'est que celle du Soleil réfléchie, doit incontestablement se réfracter comme celle de ce dernier astre.
Lahire rendait compte en 1699 de l'apparition des étoiles sur le disque de la Lune, en supposant que le disque réel était accompagné d'une lumière parasite, ou, comme on eût dit jadis, d'un cercle de dissipation, qui augmentait son diamètre, et à travers laquelle l'étoile se montrait avant de se cacher derrière la partie opaque du globe lunaire.
Cette explication me paraît satisfaire à toutes les circonstances dont le phénomène est accompagné, pourvu
qu'on admette que la zone parasite n'est pas un effet d'irradiation, mais qu'elle résulte de ce que l'observateur ne voyait l'astre que d'une manière un peu indistincte, l'oculaire de l'instrument n'ayant pas été placé trèsexactement au foyer. Ceux qui chercheront à substituer une autre explication à celle de Lahire, ne devront pas oublier que l'apparition mystérieuse de l'étoile peut s'offrir à un observateur et ne se point montrer à d'autres placés à côté du premier.