‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 331 sur 362 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

MM. Béer et Msedler dans l'éclipsé de Lune du 28 décembre 1833. Ce phénomène trouve son explication dans ce fait bien connu des physiciens, que toute lumière blanche comparativement faible, placée à côté d'un rouge intense, paraît par voie de contraste être d'un bleu prononcé.

Le cône dans lequel la Lune pénètre quand elle cesse d'être visible, devant avoir pour axe la ligne passant par le centre du Soleil et le centre de la Terre, il semble impossible que la Lune éclipsée se voie jamais au-dessus de l'horizon en même temps que le Soleil.

Gléomède disait déjà qu'une telle observation mentionnée par des auteurs plus anciens que lui était un conte fait à plaisir pour embarrasser les astronomes.

Cependant il est certain que, dans l'éclipsé du 16 juin 1666, observée en Toscane, la Lune se leva éclipsée, le Soleil étant encore au-dessus de l'horizon occidental , ce qui semblait impliquer que les deux astres n'étaient pas diamétralement opposés relativement au centre de la Terre. On peut citer encore l'éclipsé observée à Montmartre, le 26 mai 1668, par les membres de l'Académie des sciences, où les mêmes circonstances se reproduisirent.

Le phénomène n'est en désaccord avec la théorie des éclipses qu'en apparence.

La réfraction atmosphérique fait que le Soleil et la Lune se montrent dans des places qu'ils n'occupent pas en réalité. La réfraction hâte le lever de la Lune et retarde le coucher du Soleil.

Quoique dans les deux cas que nous venons de citer

les deux astres fussent couchés l'un et l'autre, les rayons lumineux, partis des divers points de leur disque, arrivaient à l'œil de l'observateur en suivant dans l'atmosphère une route curviligne.

En prenant dans les tables (liv. xx, chap. xiv, p. 195), la valeur de la réfraction atmosphérique horizontale , on explique le phénomène de l'apparition simultanée des deux astres, en 1666 et en 1668, jusque dans les plus petits détails numériques.

Depuis le commencement d'une éclipse jusqu'à la fin, l'ombre paraît avoir sur le disque de la Lune une forme circulaire. Cette remarque fut faite par les plus anciens observateurs.

Manilius, qui vivait vers l'an 10 de notre ère, apporte en preuve de la rondeur de la Terre la forme de son ombre durant les éclipses de Lune; car l'ombre doit toujours ressembler plus ou moins au corps opaque qui en est la cause, surtout lorsque le corps lumineux qui l'éclairé a de petites dimensions.

Cléomède, qui vivait sous Auguste, avait fait la même remarque.

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