‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 349 sur 362 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

cevoir des traces de la couronne pendant les deux minutes qui suivirent le moment de l'émersion. A Danzig, M. Goujon aperçut la couronne quatre à cinq secondes avant la disparition du dernier rayon solaire.

En faisant une éclipse artificielle de Soleil , les astronomes Lahire et De l'Isle virent, autour du corps opaque qui couvrait l'astre, une couronne lumineuse semblable, à quelques égards, à celle dont la Lune est entourée pendant les éclipses naturelles. L'expérience des académiciens de Paris remonte à l'année 1715. Depuis cette époque, on s'est presque généralement accordé à regarder les deux phénomènes comme identiques ; l'auréole lunaire a été, dans l'opinion de la plupart des observateurs, le résultat de la déviation que les rayons solaires éprouvent en passant près des arêtes, près des surfaces terminales des corps qui existent sur le bord de la Lune; on l'a considérée, pour me servir de l'expression des physiciens, comme un effet de diffraction,

La conclusion , je crois, a été un peu hâtive. Pour que l'éclipsé artificielle pût être légitimement comparée à l'éclipse naturelle, il aurait fallu dans l'expérience de cabinet que, semblable à la Lune, le corps opaque occultant se trouvât dans le vide. Aujourd'hui on peut se croire autorisé à chercher, du moins en partie, la cause de l'auréole artificielle dans la lumière diffuse qui était répandue en tout sens par la couche d'air qui entourait le corps opaque.

Le vide est encore, à d'autres égards, une condition essentielle de la même expérience. Il paraît résulter de diverses observations, contredites au surplus par des phénomènes de diffraction, que l'air va croissant de densité

à mesure qu'on approche de la surface des corps solides, et que l'étendue dans laquelle cette condensation s'opère est très -sensible. Une réfraction, dirigée du dehors en dedans du corps occultant, en d'autres termes la production d'une auréole lumineuse serait la conséquence inévitable d'un pareil état des couches atmosphériques.

Dans l'expérience de De l'isle, comme dans les expériences ordinaires de diffraction, l'observateur se trouve place très-près du corps opaque. N'aurait-il pas fallu, avant d'appliquer aux phénomènes célestes des résultats obtenus dans de telles conditions, chercher minutieusement ce qui arriverait, lorsqu'aux distances de deux à trois mètres on substituerait les quatre-vingt-seize mille lieues dont la Lune est éloignée de la Terre?

Je le dis avec regret, le désaccord que l'on trouve avec les observations faites en divers lieux par des astronomes également exercés, sur la couronne lumineuse, dans une seule et même éclipse, a répandu sur la question de telles obscurités, qu'il n'est maintenant possible d'arriver à aucune conclusion certaine sur la cause du phénomène. Veut-on faire de la couronne et de tous ses accessoires l'atmosphère du Soleil? je demanderai pourquoi elle ne se voit pas en tous lieux au même moment, avec la même forme et la même grandeur? pourquoi la couronne totale est quelquefois partagée en deux couronnes distinctes, tandis que dans d'autres cas on ne voit plus qu'une dégradation de lumière uniforme depuis le bord de la Lune jusqu'au point où le phénomène se perd dans l'obscurité du ciel.

Veut- on, d'autre part, comme le prétend Maraldi,

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