‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 352 sur 362 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

doit-on craindre de ne jamais parvenir à constater la présence simultanée de ces deux lumières dans la blancheur totale de la couronne lumineuse? La question «bien examinée ne se présente pas sous un point de vue aussi décourageant; il est probable que les phénomènes de polarisation fourniront les moyens de la résoudre.

Supposons, en effet, que la lumière blanchâtre de la couronne bien observée offre des traces sensibles de polarisation. La polarisation ne pouvant procéder de la diffraction, il sera indispensable de l'attribuer à la lumière provenant, par voie de réflexion, de la lumière diaphane dont le Soleil serait alors indubitablement entouré.

Telle est la raison pour laquelle j'avais tant recommandé, en 1842 , aux astronomes d'étudier la couronne au point de vue de la polarisation. Mon appel n'a été qu'imparfaitement entendu.

M. Aii y nous apprend qu'il s'était muni, en 1851, des appareils propres à faire connaître l'existence de rayons polarisés, mais que surpris par la réapparition du Soleil il n'eut pas le temps d'en faire usage

Un de ses collaborateurs, M. Dunkin, dit qu'il a été gêné par les nuages ; que cependant il a essayé de voir des traces de la polarisation dans la couronne, mais sans succès. 11 est difficile de deviner de quel procédé M. Dunkin faisait usage dans cette recherche, même après avoir lu le passage suivant de son Mémoire : « Aucune trace de polarisation n'a pu être aperçue ni aucun défaut dans les couleurs prismatiques, le vert étant certainement aussi brillant que les autres couleurs. »

M. Carrington, qui observait à Lilla-Ider, rapporte A. — m. 39

qu'il ne vit aucune trace de polarisation, avant l'éclipsé totale, sur la portion non encore couverte du Soleil en se servant d'un prisme de Nicol; il ajoute : « J'essayai ce moyen sur la couronne pendant un instant, mais avec le même résultat. »

M. Carrington dit, de plus, que son instrument était en bon état, puisque, étant dirigé sur l'atmosphère à une distance convenable du Soleil , il indiquait l'existence de rayons polarisés.

M. d'Abbadie, qui observait à Fredericksvœrk , dit avoir reconnu des traces de polarisation dans la lumière de la couronne, tandis que rien de semblable ne s'apercevait sur le disque gris de la Lune.

Vu l'importance du résultat, je vais citer les propres paroles de l'observateur : « J'avais inséré une plaque de quartz entre l'objectif et l'oculaire de ma lunette, et en portant devant ce dernier, comme analyseur, un prisme biréfringent, je reconnus que la lumière de la couronne paraissait fortement polarisée. Je ne pus distinguer aucune trace de couleur sur le disque obscur de la Lune , mais les nuages ont pu être moins transparents à cet endroit. Je regretterai longtemps, ajoute M. d'Abbadie, que ces appréciations n'aient pu être rendues plus certaines par des mesures faites au polariscope, ainsi que vous l'aviez indiqué. »

Le polariscope eût été bien suffisant si, pointant sur les diverses parties de la couronne, il avait indiqué des polarisations dans des places différentes. Toutefois, malgré le vague dont il est entouré, le résultat de M. d'Abbadie me paraît avoir sur ceux des astronomes anglais la

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