‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 70 sur 362 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

Ce singulier phénomène paraît diminuer sous la latitude. A Calmar, dans l'île Skallon, le mouvement séculaire n'est guère que de 0m.24. On n'en trouve plus aucune trace, ni sur les côtes des provinces de Halland et de Scanie, ni plus vers l'Ouest, dans le Kattégat.

Je vais maintenant citer un exemple de terrains qui paraissent avoir monté et baissé à plusieurs reprises.

Je puiserai cet exemple dans les recherches de M. Capocci, directeur de l'Observatoire de Naples, sur le phénomène connu de l'érosion des colonnes du temple de Sérapis à Pouzzoles.

D'après des documents dépouillés par M. Niccolini, il est établi qu'à l'époque antérieure à l'ère vulgaire où l'on construisit, dans le temple de Sérapis, le pavé en mosaïque découvert sous un pavé plus récent de marbre, le niveau de la mer , dans ces parages, comparé à celui du continent, était plus bas qu'aujourd'hui de 4 mètres. Dans les premiers siècles de l'ère vulgaire, à l'époque où l'on reconstruisit les Thermes et le nouveau pavé, le niveau de la mer était de 3m.9 au-dessus du niveau actuel. Au moyen âge, le niveau des eaux était d'environ 5n\7 audessus du niveau actuel. Au commencement de ce siècle, la mer était plus basse que maintenant, de 65 centimètres.

Les récits de plusieurs témoins oculaires de la terrible éruption qui, en 1538, fit naître près du lac Lucrin une montagne nouvelle, le fameux Monte-Nuovo, viennent à l'appui de l'opinion qui attribue ces mouvements au sol et non à la mer. Le Porzio, le Toledo, le Borgia, le second des Falconi, s'accordent à dire que la mer se retira du rivage dans un espace de deux cents pas. Loffredo écri-

vait, en 1580, que cinquante ans avant cette époque on péchait là où se voyaient de son temps des ruines antiques, entre Pouzzoles et le lac Lucrin. Or, comment la mer pourrait-elle se retirer en s'abaissant ainsi d'une manière permanente en un point d'un golfe, sans s'abaisser et se retirer en même temps dans les points voisins? Et cependant elle ne se retira certainement ni à Naples, ni à Castellamare, ni à Tschia. Ce fut donc, en 1538, le rivage qui, dans une seule localité, se souleva et se trouva à sec. Le temple de Sérapis, avant cette époque, était, comme Pompéi, enterré jusqu'à une certaine hauteur, ce qui a empêché les trois colonnes restées debout d'être perforées à leur partie inférieure par la mer qui était venue les battre.

Voici, du reste, les propres paroles du Porzio, esprit rare, d'un savoir profond, et qualifié par ses contemporains de prince des philosophes de son temps : « Cette région fut agitée pendant près de deux ans par de violents tremblements de terre , au point qu'il n'y resta aucune maison intacte, aucun édifice qui ne fût menacé d'une ruine prochaine et inévitable. Mais le cinquième et le quatrième jour avant les calendes d'octobre, la terre trembla sans relâche, nuit et jour; la mer se retira d'environ deux cents pas ; sur la plage à sec, les habitants prirent une multitude de poissons, et remarquèrent des eaux douces jaillissantes. Enfin, le troisième jour, une grande portion de terrain, entre le pied du Monte-Barbaro et la mer près de l'Averne, parut se soulever et prendre la forme d'une montagne naissante. Le même jour, à la seconde heure de la nuit, ce terrain soulevé se transfor-

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