‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 92 sur 362 · Du grec aôp.o;, vapeur · texte numérisé non relu

Du grec aôp.o;, vapeur

parmi lesquelles je me contenterai de citer l'augmentation de volume d'une vessie incomplètement remplie d'air et fermée qu'on place sous une cloche où l'on fait le vide, et la force de répulsion qui repousse un piston lorsqu'on veut l'enfoncer dans un corps de pompe fermé à une extrémité.

Personne n'ignore que si l'on verse un liquide quelconque dans un tube recourbé et ouvert par les deux bouts, il s'élève également dans chaque branche, car l'atmosphère, quel que soit d'ailleurs son poids absolu, pressant également sur les deux colonnes, il n'y a pas de raison pour que l'une devienne plus longue que l'autre. Supposons maintenant qu'un des deux côtés du tube soit hermétiquement fermé et purgé d'air : pour qu'il y ait équilibre, il faudra évidemment que la pression qu'exerce la colonne verticale de fluide que renferme cette dernière partie du tube, contre-balance les efforts réunis de l'atmosphère et de la portion de fluide contenue dans le tube qui communique librement avec l'air. On comprend dès lors que l'excès d'une des deux colonnes sur l'autre sera la mesure de la pression atmosphérique.

Si le liquide contenu dans le tube était de l'eau, la différence dont nous venons de parler serait, au niveau de la mer, d'environ 10 mètres et demi, tandis qu'en employant du mercure, qui pèse environ douze fois et demie plus que l'eau, l'excès d'une des deux colonnes sur l'autre ne serait, dans les mêmes circonstances, que de 760 millimètres. Quoi qu'il en soit , il est clair que si la pression atmosphérique vient à augmenter, le fluide s'élèvera dans le tube fermé, et s'abaissera dans l'autre,

et réciproquement. En général , comme cet instrument fournit à chaque instant la mesure de la pression atmosphérique, on lui a donné le nom de baromètre, ou mesure de pesanteur.

Ai-je besoin de dire ici que si nous ne nous apercevons pas de la pesanteur de l'air qui cependant presse sur toutes les parties de notre corps, à chaque instant, cela tient uniquement à ce que les pressions exercées en différents sens sur nos organes s'équilibrent d'ellesmêmes ; les fluides de notre corps subissent les variations qui ont lieu dans la pression de l'air atmosphérique luimême, et cela est si vrai que si l'on s'enfonce très-vite dans la mer à l'aide d'une cloche à plongeur, ou bien si l'on s'élève très-rapidement dans l'air à l'aide d'un ballon, on éprouve de vives douleurs dans les oreilles, qui disparaissent lorsque , par un mouvement de déglutition souvent renouvelé, on tient en communication l'air extérieur et l'air contenu dans cet organe, ainsi que M. Bixio l'a constaté dans les voyages aéronautiques célèbres qu'il a faits avec M. Barrai.

Les baromètres qu'on construit, comme nous venons de le dire, avec un tube recourbé, s'appellent, par cela même, baromètres à siphon, et sont très-commodes dans un observatoire fixe : ils ont seulement l'inconvénient d'exiger qu'on lise séparément la hauteur des deux colonnes, et de ne donner par conséquent l'indication définitive du baromètre qu'après un petit calcul; ce défaut, quoique compensé au moins en partie par les vérifications auxquelles se prête cet instrument, et par l'avantage exclusif qu'il a sur tous les autres baromètres, de donner

des hauteurs indépendantes de l'action capillaire, a déterminé les artistes à adopter habituellement un autre genre de construction.

Le baromètre ordinaire, réduit à sa plus grande simplicité, est formé d'un tube de verre fermé hermétiquement à une de ses extrémités. On y verse une certaine quantité de mercure, et on fait bouillir ce mercure assez longtemps afin de le purger d'air et de faire entièrement évaporer la petite couche d'humidité qui adhère avec une très-grande force aux parois du tube. Lorsqu'il est bien exactement plein, on bouche le tube avec le doigt, et, après l'avoir redressé, on le plonge dans une cuvette d'un assez grand diamètre, qui elle-même est remplie de mercure jusqu'à une certaine hauteur. Il est facile de voir, d'après ce que nous avons dit plus haut, que le mercure se maintiendra dans le tube au-dessus du niveau de la cuvette, à une hauteur telle que la colonne de ce liquide fasse équilibre à la pression de l'atmosphère. Cette différence de niveau se mesure sur une échelle divisée avec soin, et qui s'étend depuis la partie supérieure du tube jusqu'au réservoir inférieur. Pour plus de précision, on y adapte un vernier mobile, à l'aide duquel on subdivise les parties immédiatement tracées sur l'échelle en dix, en douze ou même en cent parties.

Il est facile de concevoir que pour qu'un tel baromètre donne avec précision la hauteur de la colonne de mercure qui fait équilibre à la colonne atmosphérique correspondante, il est indispensable que le zéro de l'échelle coïncide avec la ligne du niveau de la cuvette. Or, cette condition ne peut être rigoureusement remplie que pour

Page 1