‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 96 sur 362 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

hauteurs divisée par 9 sera donc ce qu'il faudra ajouter à la première, pour la ramener à ce qu'on aurait trouvé avec un baromètre entièrement purgé d'air. Je m'abstiendrai ici de plus amples détails; le lecteur remarquera seulement que si ce procédé réussit, comme tout le fait espérer, les voyageurs n'auront plus à craindre les ruptures des baromètres , puisqu'ils pourront transporter le mercure dans une fiole en fonte de fer, construire le tube lui-même en fer forgé, réduire toute la partie fragile de l'instrument à un cylindre de verre épais de 8 à 10 centimètres de long, qui ne se vissera sur le tube en fer qu'au moment de l'observation, et qu'on renfermera immédiatement après dans un étui semblable aux étuis des thermomètres et assez court pour être placé dans la poche d'un habit. »

J'ai fait établir plusieurs baromètres sur ce principe ; l'un d'eux construit par un des artistes les plus habiles que la France ait possédés, par Gambey, a été présenté à l'Académie des sciences en 1844. Je disais alors : « Le baromètre se monte et se démonte facilement; toutes ses parties sont contenues dans une boîte de peu de volume , et il n'y a plus de chances de rupture , la boîte tombâtelle de la hauteur d'un cheval. » M. Kupffer en a fait exécuter plusieurs pour les observatoires de Russie ; on comprend, en effet, que la faculté de diminuer ou d'augmenter la chambre barométrique fournit une vérification importante, à laquelle on doit désirer pouvoir soumettre les instruments étalons des observatoires.

Un changement de pression atmosphérique n'est pas la seule cause qui puisse faire varier la longueur de la

colonne de mercure qui est contenue dans le tube du baromètre. Les physiciens ont reconnu , en effet, que la chaleur dilate tous les corps et que le froid les resserre ; de là il résulte que le poids de mercure qui fait équilibre à celui de l'atmosphère, occupera dans le tube un espace d'autant plus grand que la température de ce liquide sera plus élevée. Les observations du baromètre ne seront donc comparables que lorsqu'on les aura réduites à la même température; et c'est pour cela qu'on enchâsse dans la monture de cet instrument un thermomètre dont la boule touche le tube, et qu'il faut consulter, si l'on vise à une grande précision, toutes les fois qu'on observe le baromètre. Les recherches des physiciens ont montré que la longueur d'une colonne de mercure augmente de sa 5550me partie pour chaque degré centigrade d'élévation dans sa température. Dans les calculs de correction qu'on effectue pour ramener les hauteurs barométriques observées à ce qu'elles seraient si l'appareil se trouvait à la température de 0°, il faut aussi avoir soin de tenir compte de la dilatation de l'échelle de laiton, de verre ou de toute autre substance qui porte les divisions en millimètres ou en lignes. On a construit des tables qui permettent d'effectuer ces corrections avec une grande promptitude.

Il est enfin une dernière cause d'erreur contre laquelle il est utile de se prémunir, et qui tient à ce que la force de la capillarité produit sur la colonne de mercure un abaissement d'autant plus grand que le diamètre du tube est plus petit. A cet égard les meilleurs baromètres sont ceux dont les tubes sont le plus larges. Des expériences et des calculs dus à d'illustres physiciens et géomètres,

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