‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 157 sur 588 · LIVRE XXVI. ^ MËTftOKfiS COSMIQUES · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. ^ MËTftOKfiS COSMIQUES

gier publia Taimlyse de Taérdiibe tombé à Juvé»as. (1821, page 200).

Ce chitniâte trouva, en effet, que eet aérolitiie ne ren-^ fermait pas de traces de nickel, tandis que ee métal est une partie constituante très- appréciable des aérolithes tombés dans d'autres lieux.

. Quelle ressen^lance, d'ailleurs, aurait-on aujourd'hui le ifaroit d'établir entre le fer météorique dont on a pu fermer des armes en le forgeant, et les pierres, car ce nom leur a été donné justement, qui dans teura cassures senbient une simple agrégation de matières terreuses, et de petites parcelles de métal disséminées çà et là ? Les aérolitfaea, en effet, ont des compositions chimiques qui sÊgnalent uae certaine variété d'origine. Voici comment s'exprime à cet égard M. le professeur Bammelsberg, dans le Cosmos de H. de Humboldt :

tOn a coutume de diviser les pierres météoriques proprement dites en deux classes, d'après leur aspect eatérieur. Les unes contiennent dans leur masse, en apparence bomogène, des grains et des paillettes de fer météorique^ attirables à l'aimant, et qui présentent absolument les mômes caractères que les aérolithes de la même substance. A cette classe appartienneat les pierres de Blansko (183d, page 202), de Lissa (1808, page 196), de l'Aigle (1803, page 195), d^Ensisheim (là92, page 189), de Cliantonnay (1812, page 197), de Kleinwendan, près de Nordhausen, d'Ersleben (1812, page 197), de Ghftteau-Renard (18àl, page S02) et d'Utrecht (18&5, page 20â). La seconde classe est pure de tout alliage métallique et se présente plutôt sous l'aeipect d'un mé-

lange cristallin de diverses substances minérales. Telles sont, par exemple, les pierres de Juvénas (1821, page 200) , de Lontalar (1813, page 198) et de Stannem (1808, page 196).

« Après les premières analyses chimiques des pierres météoriques, faites par Howard, Klaprotb et Yauquelin, on fut longtemps sans songer que -ces corps pouvaientêtre formés par Tassemblage de combinaisons différentes. On se bornait à chercher en général les éléments qui les composaient, à extraire à Taide d'un aimant le fer métallique qu'elles pouvaient contenir. Lorsque Mohs eut appelé Tattention sur l'analogie que présentaient quelques aérolithes avec certaines pierres telluriques, Nordenskjôld entreprit de prouver que Taérolithe de Lontalar, en Finlande, était un composé d'olivine, de leucite et de fer magnétique; mais c'est à Gustave Rose que l'on doit d'avoir démontré par ses belles observations, que la pierre de Juvénas est formée de pyrite magnétique, d'augite et d'un feldspath très-semblable au labrador. Guidé par ces résultats, et appliquant, comme Gustave Rose, l'analyse chimique, Berzélius, dans un travail plus étendu, publié en 18â&, rechercha la composition minérale de diverses combinaisons que présentent les aérolithes de Blansko, de Chantonnay et d'Alais. Depuis, beaucoup de savants ont suivi la route heureusement frayée par Berzélius.

€ Dans la première classe des pierres météoriques proprement dites, qui est aussi la plus nombreuse, dans celle qui contient des parties de fer métallique ^ ce métal existe, tantôt en parcelles semées çà et là, tantôt en masses plus considérables, qui offrent quelquefois l'aspect

d'un squelette de fer, et forment une transition entre les aérolithes purs de tout nnélange métallique et les masses de fer météorique dans lesquelles, ainsi qu'on le voit dans la masse de Pallas, les autres éléments disparaissent.

t La seconde classe, beaucoup moins nombreuse, a été aussi moins étudiée. Parmi les aérolithes qui la composent, les uns contiennent du fer magnétique, de Tolivine et un peu de substances feldspathiques et augitiques; les autres sont formés uniquement de ces deux derniers minéraux simples, et le feldspath y .est représenté par l'anortite.

cLes pierres météoriques de la seconde classe sont, par l'effet de la présence de l'olivine, riches en magnésie; rdivine est l'élément qui est décomposé lorsque ces pierres sont traitées par les acides.

■ Comme l'olivine ordinaire, l'olivine météorique est un silicate de magnésie et de protoxyde de fer. La partie qui résiste à l'action des acides est un mélange de substances feldspathiques et augitiques dont on ne peut déterminer la nature qu'en calculant les éléments qui le composent, et qui sont : le labrador, l'hornblende, l'au* gite et l'oligoclase.

« Le chromate de fer, produit par la combinaison du protoxyde de fer et de l'acide chromique, se trouve, en petite quantité , dans presque toutes les pierres météoriques. L'acide phosphorique et l'acide titanique, découverts dans la pierre si remarquable de Juvénas, peuvent faire soupçonner la présence de Tapatite et de la titanite. >

%n ÂSTBONOIIIE POPULAIRE.

Si Ton ne doit pas absolument nier ^e quelquesmns des «éroHthes peuvent provenir des votcang liHiaires, il faut cependant admettre que d^autres causes leur donnent -aussi parfois naissance. N*y a-t-ii pas , dans les espaces planétaires, une sorte d'anneau plus ou moins épais, formé par des ccnrps animés d'un mouvement de circulation rapide autour du Soleil ? Cet anneau couperait )e plan de f édiptîque sur une certaine largeur, et lorsque ia Terre arriverait vers ces régions , elle rencontrerait quelquesr unes de ces masses errantes et les soumettrait à son attraction, les ferait tomber à sa surface, après les avoir fait pénétrer dans son atmosphère , où elles subiraient souvent wîe incandescence momentanée. f>fe pourrait-on pas concevoir aussi un grand nombre de petits corps répandus dans Pespace et formant dans le système so^ laire comme une sorte de nébuleuse dont tes divers éléments seraient en quelques points nf)oin6 éloignés les uns des autres que dans d*autres régions?

Dans ces hypothèses , il devrait y avoir une certaine périodicité dans Tapparition des chutes d'aérolitbes. En résumant dans un tableau les chutes certaines des aérofithes proprement dits et des poussières météoriques dont la date a été constatée, on trouve 206 phénomènes de ce genre pour lesquels on connaît le mois de l'événement, et ils se partagent de la manière suivante entre les douze mois de Fannée :

Hois. CbfitiQs d'aérolîtl^ai.

ianvfer • ik

Février 10

Mars 22

LIVRB XXVI. — MÉTÊOIIES COiSMlQUES. 923

Mois. QuitM d'iéroUUies.

Avril...., ,.... 15

Mai 20

ffttiD 48

Septembre 17

Octobre 18

Novembre 20

Décembre 13

On voit que les météores qui viennent rencontrer la âurCace de notre planète scxnt en moindre quantité de déceaibre à juin (seize par mois en nooyenne), et plus fréquents, au contraire, de juillet à novembre (dix-neuf par mois en onoyenne). Les niois de mars, de mai; de juillet, d'octobre et novembre présentent d'ailleurs des maxima. La Terre , en circulant dans son orbite autoiu* du Soleil t rencontrerait donc plus d'aérolithes en allant de l'aphélie au périhélie, ou du solstice d'été au solstice d'hiver ; elle en trouverait sur sa route un moins grand ooaihre en marchant du périhélie à l'fitphéhe, ou du solstice d'hiver vers le solstice d'été.

On doit cependant remarquer que les chutes <l'aéro- Uthes, constatées dans les pays dont la civilisation est afisez avancée pour avoir des annales historiques, ne peuvent être qu'une fraction du nombre total des phénomènes de ce genre dont l'existence serait authentiquement prouvée si Ton avait de constants observateurs ^ur toute la surface des mers et dans toutes les parties de la terre ferme. Quoi qu'il en soit, en parcourant les catalogues on est porté à admettre non-seulement une certaine périodicité des phénomènes selon que la Terre

%*i ASTRONOMIE POPULAIRE.

occupe telle ou telle position sur réclîptîque, mais encore entre de certaines années où l'on voit les chutes tf aérolithes se presser en quelque sorte après qu'il s'est écoulé de longs intervalles pendant lesquels elles ont été assez rares,

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