‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 209 sur 588 · COSMIQUES · texte numérisé non relu

COSMIQUES

Dans la vie de Lysander, Plutarque s'exprime ainsi : t Quelques philosophes pensent que les étoiles filantes ne proviennent pas de parties détachées de l'éther qui viendraient s'éteindre dans l'air aussitôt après s'être enflammées ; elles ne naissent pas davantage de la combustion de l'air qui se dissout, en grande quantité, dans les régions supérieures ; ce sont plutôt des corps célestes qui tombent, c'est-à-dire qui, soustraits d'une certaine manière à la force de rotation générale, sont précipités ensuite^irrégulièrement, non-seulement sur les régions habitées de la Terre, mais aussi dans la grande mer, d'où vient qu'on ne les retrouve pas. •

Ces aperçus sont bien voisins des idées que Ton accepte généralement aujourd'hui sur l'origine des météores cosmiques. Dans cet autre passage de Diogène d'Apollonie, on retrouve d'une manière encore plus nette l'opinion des modernes sur la circulation de ces météores dans l'espace avant qu'ils deviennent visibles en s' enflammant ou en tombant sur notre planète. € Parmi les étoiles visibles, dit le philosophe d'ÂpoIlonie, se meuvent aussi des étoiles invisibles auxquelles, par conséquent, on n'a pu

donner de nom. Celles-ci tombent souvent sur la terre et s'éteignent, comme cette étoile de pierre^ qui tomba tout en feu près d'iEgos Potamos. » A ces idées exactes se joignirent sans doute des hypothèses erronées qui provenaient surtout de cet esprit de système qui assigna pendant tant de siècles une origine terrestre à tous les phénomènes, et qui voulait que Ton considérât notre globe comme corps central de Tunivers, d'où tout venait et auquel tout se rapportait.

L'explication de l'inflammation des météores cosmiques qui consiste à admettre une combinaison de leur matière avec celle de notre atmosphère, à la suite d'une élévation de. température causée par la résistance de l'air et l'énorme vitesse dont sont animés les étoiles filantes et les bolides, a trouvé une objection dans la grande hauteur à laquelle beaucoup de ces phénomènes se manifestent. Mais il n'est pas diflicile de tourner cette difficulté et de trouver des raisons pour expliquer comment les matières ignées peuvent s'enflammer bien au delà des dernières couches de l'enveloppe gazeuse de notre planète. Poisson, dans ses Recherches sur la probabilité des jugements, s'exprime ainsi à cet égard :

f A une distance de la Terre où la densité de l'atmosphère est tout à fait insensible, il serait diflicile d'attribuer, comme on le fait, Tincandescence des aérolithes à un frottement contre les molécules de l'air. Ne pourraiton pas supposer que le fluide électrique, à l'état neutre, forme une sorte d'atmosphère qui s'étend beaucoup au delà de la masse d'air, qui est soumise à l'attraction de la Terre, quoique physiquement impondérable, et qui

Page 1