‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 213 sur 588 · LIVRE XXVI. — MÉTÉORES COSMIQUES. 85M · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. — MÉTÉORES COSMIQUES. 85M

cas, quoique ces corps ne deviennent en général visibles pour nous qu'en approchant de notre planète, ils doivent cependant se projeter sur l'astre radieux. Or, le disque du Soleil s'obscurcit parfois momentanément, et sa lumière s'aiïaiblit à tel point qu'on voit les étoiles en plein midi. M. de Humboldt rappelle avec raison « qu'un phénomène de ce genre, qui ne peut s'expliquer ni par des brouillards, ni par des cendres volcaniques, eut lieu en 15/(7, vers l'époque de la fatale bataille de Mûlhberg, et dura trois jours. Kepler, ajoute mon illustre ami, voulut en chercher la cause d'abord dans l'interposition d'une materia comclica^ puis dans un nuage noir que des émanations fuligineuses, sorties du corps même du Soleil, auraient contribué à former. Chiadni et Schnurrer attribuaient au passage de masses météoriques devant le disque du Soleil les phénomènes analogues des années 1090 et 1208, qui durèrent moins longtemps, le premier pendant trois heures, le second pendant six heures seulement. »

Messier rapporte que le 17 juin 1777, vers midi, il vit passer sur le Soleil, pendant cinq minutes, un nombre prodigieux de globules noirs. Ces globules ne faisaientils pas partie de l'un des anneaux d'astéroïdes dont toutes les observations des météores cosmiques tendent à faire admettre l'existence? Deux autres obscurcissements du Soleil, celui du commencement de février llOft et celui du 12 mai 1706, pendant lequel, vers 10 heures du matin, la nuit devint telle que les chauves-souris se mirent à voler et qu'on fut obligé d'allumer des chandelles, ne paraissent pas pouvoir s'expliquer autrement.

tn ASTRONOMIE POPULAIRE.

Des astronomes, entre autres M. Erman et M. Petit, en ont conclu avec quelque vraisemblance qu*on devrait chercher dans l'interposition entre la Terre et le Soleil d'une grande quantité d'astéroïdes, d'une épaii^scur con- «dérable de Tun des anneaux dont il s'agit, la cause des abaissements de température qui se rencontrent périodiquement en février et en mai.

Voilà que des corps dont l'existence ne nous était révélée que par des phénomènes d'incandescence dans le voisinage de notre planète, nous apparaissent par l'obscurcissement de l'astre radieux, foyer de toutes les orbites des corps planétaires. Mais si ces corps forment des anneaux d'une certaine densité, comment ne nous deviennent-ils pas visibles, au moins dans leur ensemble, en réfléchissant la lumière du Soleil ? Dominique Cassini, en étudiant la lumière zodiacale (liv. xv, t. ii, p. 183 à 197), a été conduit à admettre l'existence d'une immense nébuleuse, répandue circulairement autour du Soleil, à une grande distance, à peu près suivant le plan de l'équateur de l'astre radieux. Ce seraient les corps de cette nébuleuse rencontrés par notre globe dans son mouvement de circulation autour du Soleil , qui donneraient naissance à tous les météores cosmiques étudiés dans ce livre. Ainsi, les divers phénomènes de la voûte étoi'.ée et de la météorologie, lors même qu'ils paraissent déjouer par leur hiconstance toute la perspicacité des hommes, finissent, à la suite d'une étude approfondie, par se rattacher les uns aux autres dans une sublime coordination.

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