‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 223 sur 588 · LIVRE XXVH. ^ JUPITER. ZSH · texte numérisé non relu

LIVRE XXVH. ^ JUPITER. ZSH

deux bandes sont remarquables par leur permanence sinon absolue, du moins relative. Cassini affirmait, en 1691, qu'il les voyait depuis quarante ans. J*ai dit per^ manence relative, car il paraîtrait que ces deux bandes centrales s'effacent quelquefois. Uévélius rapportait, en effet, dans sa Sélénographie^ qu'en 16i7 il ne voyait pas de bandes sur Jupiter, quoiqu'il y aperçût des nuages. William Ilerschcl affirme aussi dans un Mémcire publié en 1793, qu'il vit une fois la planète sans aucune trace de bandes. En 183/i et 1835, la bande boréale n'existait pas ; elle s'était effacée sur tout le pourtour de la planète. En décembre 1835, Maedler vit la bande australe se diviser longitudinalement en deux.

Le 16 décembre 1690, Cassini apercevait, outre les deux bandes permanentes, deux bandes méridionales et deux autres septentrionales qui ne faisaient pas le tour entier de la planète, en sorte que Jupiter était sillonné par six bandes exactement parallèles entre elles.

Quelle qu'en puisse être la cause, il existe dans Jupiter sous toutes les latitudes des matières obscures ayant une tendance à se ranger en bandes parallèles aux bandes équatoriales.

Ces bandes accidentelles ne font pas ordinairement le tour entier de la planète; elles sont interrompues de manière que le retour de leurs extrémités à une position déterminée sur le disque apparent peut aussi servir à lixer la durée de la rotation. Ces fractions de bandes n'ont qu'une courte durée, elles naissent et disparaissent dans un petit nombre de jours, et môme parfois dans un petit nombre d'heures.

Nous venons de dire que les diverses bandes sont exactement parallèles entre elles ; des observations faites à Berlin, en 1834 et 1835, par Masdler et Béer, astronomes que nous avons si souvent cités, conduiraient à la conséquence que quelquefois elles présentent une légère inclinaison à Téquateur de la planète ; ils disent avoir trouvé que la ligne médiane de la bande centrale boréale formait avec Téquateur un angle de 4^.

Les opinions ont très-peu varié quant à la cause des bandes; Huygens, dans son Systema saturniurriy les attribuait à des nuages parallèles à Téquateur de Jupiter. On a vu que Huygens trouva de son temps ces bandes plus lumineuses que le reste du disque.

Cassini, ayant égard à la permanence de la bande méridionale qui, suivant lui, n'était pas conciliable avec un phénomène atmosphérique, crut d'abord que cette bande obscure provenait d'une moins forte réflexion de la lumière sur la matière spéciale qui lui correspondait, par exemple à la présence d'un large sillon équatorial liquide compris au nord et au midi entre deux régions solides et susceptibles de réfléchir beaucoup plus de lumière. Seulement, si 9es traînées d'un liquide analogue à l'eau sont la cause des bandes, il faut supposer, dit Cassini, que le globe de Jupiter est couvert de vallées parallèles à son équateur, semblables aux cannelures d'une boule grossièrement façonnée au tour.

Voici maintenant à peu près en quels termes Herschel formulait son opinion sur la cause de ces mêmes bandes de Jupiter, dans un Mémoire sur Vénus, publié en 1793 : t Je suppose que les bandes brillantes de Jupiter

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