LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS
sont arrivés pour obtenir la température moyenne de chaque jour de l'année; ainsi on peut prendre la moyenne de trois observations faites, la première au lever du Soleil, la deuxième à deux heures de l'après-midi, la troisième au coucher du Soleil. Il serait superflu d'entrer ici dans plus de détails sur ce sujet.
A peine ai-je besoin d'ajouter qu'après avoir déterminé la température moyenne de chaque jour de Tannée, on obtient la température moyenne de cette même année en additionnant les 365 premières déterminations et en divisant la somme par 365, nombre de jours dont Tannée se compose.
On a trouvé que sous l'horizon de Paris on pourrait arriver à avoir la température moyenne de Tannée en prenant seulement la moyenne du mois d'octobre, ou bien en faisant la moyenne de toutes les températures indiquées chaque jour entre huit et neuf heures du matin.
Lorsqu'on veut avoir la température moyenne d'un lieu, dégagée des effets provenant de circonstances accidentelles qui tantôt l'augmentent et tantôt la diminuent, on groupe 10, par exemple, de ces températures moyennes et Ton divise leur somme par 10. Ce n'est qu'au prix de ce groupement qu'on obtient la température moyenne d'un lieu donné, à une fraction de degré près.
La température moyenne d'un lieu est aussi la température constante que présente une couche plus ou moins profonde du sol. A Paris, les observations thermoinétriques faites depuis trois quarts de siècle, dans les caves de TObservatoire , ont montré qu'à une profondeur de 25 h 26 mètres on rencontre une couche qui se trouve
garder invariablement à peu près la température moyenne de Tair à la surface. Les sources qui jaillissent d^une petite profondeur donnent aussi la température moyenne de la contrée. Sous Téquateur, d'après les obsen'ations de M. Boussingault, on a immédiatement la température moyenne du lieu en plongeant un thermomètre dans un trou foré à 30 centimètres de profondeur dans un sol abrité et non humide.
L'existence des couches à température invariable démontre évidemment que Tétat de l'intérieur de notre globe, que la chaleur propre de la Terre, n'influe en rien sur les modifications énormes que subit la température extérieure de chaque lieu. Ce sera donc dans les phénomènes du calorique rayonnant que nous devrons chercher l'explication des saisons.