I CHAPITRE XIV
DU 8T8TÈMB MÉTRIQUE
Les opérations géodésiques entreprises pour trouver la longueur des degrés des divers méridiens et les obser* valions du pendule, faites en différents climats» avaient donné Vidée d'une mesure universelle et invariable, dont Torigine serait prise dans la nature. Picard, qui avait lié entre eux les deux systèmes d'observations, afin qu'on pftt en tout temps retrouver la longueur de la toise, proposait la longueur du pendule pour cette mesure universelle, et lui donnait le nom de rayon astronomique. Honton, en 1670, pensait qu'on devait prendre pour unité universelle la nûnute du degré qu'il appdait mille ^ et dont les divisions et sous-divisions Paient toutes décimales. Cassini , dans son ouvrage sur la Grandeur et la Figure de la Terre , exprimait à peu près cette même idée en proposant un pied géométrique qai serait la six -millième partie de la minute d'un méridien , ou bien une brasse de deux de ces pieds et qui serait la dix-millionième partie du rayon de notre globe, ou enfin une toise de six de ces mêmes pieds, en sorte que le degré eût été de 60,000 toises.
Quelques auteurs ont prétendu que les anciens avaient eu, comme les modernes, l'idée d'une mesure universelle et prise dans la nature ; mais on n'a donné aucune preuve décisive qu'un tel système de mesures eût été exécuté, ou même réellement conçu. Le véritable chaos
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dans lequel avait mis toutes les relations sociales, à la fin du XVIII* siècle, Tincroyable et incohérente diversité des mesures qui changeaient pour ainsi dire de \111age à village , détermina une réforme qui , chaque jour, tend de plus en plus à devenir universelle. Après que plusieurs projets eurent été successivement proposés et repoussés, PAssemblée constituante adopta enfin, en 1790, sur la proposition de Talleyrand, un décret par lequel TAcadémie des Sciences fut chargée de chercher un modèle invariable pour toutes les mesures et pour les poids. En conséquence de ce décret, une commission composée de Borda, Lagrange, Laplace, Monge et Gondorcet posa, dans un rapport du 19 mars 1791, les bases du système métrique décimal ainsi qu'il suit : prendre pour unité de longueur usuelle la dix-millionième partie du quart do méridien terrestre, et rapporter la pesanteur de tous les corps à celle de l'eau distillée , en adoptant le système décimal pour relier toute mesure principale de dhaque espèce aux mesures plus grandes et plus petites.
Les opérations jugées nécessaires par TAcadémie poeir que le nouveau système pût entrer dans la prertique., furent sanctionnées immédiatement par TAsseniblée nationale, qui voulut qu'on se mît à l'œuvre sans aucun retard ; elles consistaient 1* à déterminer la différence de latitude entre Dunkerque et Barcelone , et en général à faire sur cette ligne toutes les observations astronomiques qui seraient jugées utiles ; 2* à vérifier les anciennes bases qui avaient servi à la mesure du degré faite à Paris et aux travaux de la carte de France ; S* à vérifier par de nouvelles observations et à prolonger en Espagne la suite