LIVRE XXIII. — ATTRACTION UNIVERSELLE
primitive et fluide, avait une homogénéité parfaite. Lorsque, en cherchant à résoudre de grands problèmes, on admet de telles simplifications; lorsque, pour éluder des difBcultés de calcul, on s'éloigne si essentiellement des conditions naturelles et physiques, les résultats se rapportent à un monde idéal , ils ne sont vraiment que des jeux d'esprit.
Bour appliquer l'analyse mathématique d'une manière utile à la détermination de la figure do la Terre, il fallait bannir toute hypothèse d'homogénéité, toute similitude obligée entre les formes des couches superposées et inégalement denses ; il fallait examiner aussi le cas d'un noyau central solide. Cette généralité décuplait les difficultés du problème , mais elle n'arrêta pas deux géomètres français d'un rare génie* Grâce aux efforts de Clairaut et de d'Âlembert, grâce à quelques développements essentiels dus à leurs successeurs immédiats , et particulièrement à l'illustre Legendre , la détermination théorique de la figure de la Terre a acquis toute la perfection désirable. Il règne maintenant le plus bel accord entre les résultats du calcul et ceux des mesures directes qui ont servi ainsi à donner une démonstration a posteriori des lois de l'attraction. La Terre a donc été originairement fluide, et c'est là la cause de son aplatissement.