LIVRE XXXIV. — MÉL. UBANOGRAPHIQUES
les voir avec des lunettes s'éloigner du Soleil jusqu'à de cerlaincs distances un peu variables, tantôt à l'orient, tantôt à l'occident. Mars lui-même doit être rarement visible h l'œil nu, puisque dans ses plue grandes digressions ii ne s'éloigne du Soleil que de 16'. Saturne est pour l'astronome de Jupiter, une planète supérieure oflrant dans son mou\ement annuel tantôt une marche directe, tantôt une marche rétrograde, ces deux mouvements dissemblables étant séparés les uns des autres par des positions dans Icstjucties (a planèle est stalionnaire.
L'équatcur de Jupiter coïncidant à peu près avec le plan de l'orbite, le Soleil doit se présenter toujours de la même manière aux dilTérents points de la planùte; les quantités de lumière et de chaleur que ces divers points reçoivent du Soleil étant les mêmes dans tous les temps, il n'y a pas lien de distinguer dans les deux hémisphères un hiver et un été. On jouit donc sur Jupiter d'un printemps perpétuel, pourvu qu'on attache à cette expression son sens véritable (liv. xxsni, chap. xli, p. 721) , qui, dans ce cas, signifie seulement que l'action éclairante et calorifique du Soleil est toujours la même dans chaque point déterminé de la planète ; ce qui n'implique pas qu'elle doit êlre égale quand on compare entre eux les points situés sous des latitudes différentes.
]^cs satellites, ou plutôt les Lunes de Jupiter, font leur révolution dans des temps fort conrls comparés au temps (|ue la Lune emploie à faire le tour de la Terre. La première de ces Lunes, la plus rapprochée de la planète, parcourt les 30' de son orbite en 1J.77. Le géographe, le marin de Jupiter doit trouver dans la rapidité
de ce mouvement des moyens très-précis de déterminer les longitudes des points où il se transporte. Les éclipses de cette Lune résultant de son passage dans l'ombre que Jupiter projette derrière lui à Topposite du Soleil, les éclipses partielles de Soleil occasionnées par les interpositions incessantes de cette première Lune entre l'astre radieux et la planète, doivent conduire, sur Jupiter, chaque jour à des moyens non moins exacts de perfectionner la géographie et la navigation.
Le père Kircher disait dans son Voyage extatique, que sur Jupiter Tair était salubre, que les eaux étaient trèsclaires et les terres aussi brillantes que l'argent. Tout cela est à la rigueur possible, mais les observations ne justifiant pas de telles conséquences, nous avons dû nous abstenir d'en faire mention.
Nous ne parlerons pas non plus des influences heureuses que Jupiter et Vénus, suivant le père Kircher, doivent exercer sur les habitants de la Terre. De telles conjectures n'appartiennent pas à l'astroiwmie ; elles sont du ressort de l'astrologie, prétendue science qui depuis longtemps a perdu tout crédit.