LIVRE XXXIV. — HÉL. OBANOGRAPHIQOBS
par le centre du globe lunaire; le plan perpendiculaire à cet axe s'appelle l'équateur lunaire. Le mouvement des étoiles s'effectue pour le Sélénite avec beaucoup de lenteur. Le temps qui s'écoule entre deux levers successifs est égal à environ 27 de nos jours et 8 heures; conséquemment la vitesse apparente des étoiles, même de celles qui sont proches de l'équateur lunaire, ne doit guère être supérieure à celle de l'étoile Polaire pour un observateur situé sur la Terre.
Le mouvement apparent du Soleil, comme celui des étoiles, est aussi très-peu rapide ; l'intervalle compris entre deux levers et deux couchers successifs, pour un Sélénite qui u'a pas changé de place, est égal à environ 29 1/2 de nos jours.
Pour un lieu déterminé de la Lune, à un jour continu dont la durée s'élève à environ quinze de nos jours terrestres, succède une nuit continue de même longueur (liv. XXI, chap. XXX, p. A86). On conçoit, sans déplus amples explications, quelle chaleur on doit éprouver pendant quinze jours de la présence contiaw. du Soleil et quel froid extrême on doit ressentir là où pendant quinze de nos jours consécutifs le Soleil a été au-dessous de l'horizon. Mais ce qui doit particulièrement étAnner un Sélénite, ce sont les phénomènes que la Terre \iii présente. ,■;;: v- );
Un astronome placé sur la Lune voit la Terre /qi^i^j^'^i^'^i^ pour lui est un astre brillant ayant un diamètre en^-ii-li!^"'^ ron quatre fois plus grand que celui de la Lune vu de ■,'^>' notre globe, et une étendue superficielle seize fois plus considérable, présenter des phases comme la Lune en offre pour un habitant de notre globe.
m ASTRONOMIE POPULAIRE.
Concevons, maintenant, une ligne menée du centre de la Terre au centre de la Lune, et supposons Tobservateur situé au point de rencontre de cette ligne avec la surface lunaire; cet observateur aura ainsi la Terre à son zénith, il la verra correspondre successivement à de? étoiles de plus en plus orientales, mais elle paraîtra à peu près fixe relativement à la ligne qui joint les centres des deux globes, c'est-à-dire relativement à la verticale du lieu que l'observateur occupe.
Ailleurs, le globe éclairé de la Terre sera élevé de 45' au-dessus de l'horizon et restera invariablement dans cette position. D'autres observateurs, convenablement placés sur la surface lunaire, verront la Terre vers la partie orientale de leur horizon près de se lever et ne se levant jamais; il y en aura, par exemple, qui n'apercevront au-dessus de l'horizon vers le couchant que la partie orientale du disque de notre globe, tandis que la partie occidentale sera couchée, et cette situation d'un astre à demi visible sera permanente pendant des espaces de temps très-considérables.
Les Sélénitcs ont eu certainement besoin d'une grande pénétration pour découvrir les causes réelles des étrange^^ phénomènes que nous venons de signaler.
La Terre examinée avec une lunette par un Sélénite, lui paraîtra douée d'un mouvement de rotation sur son centre, d'une durée égale à 2/i do nos heures; un tel mouvement amènera successivement en vue les continents et les mors qui composent notre globe. Ces continents et ces mors se distingueront les uns des autres par leur éclat; les parties les plus brillantes correspondront aux