LIVRE XXIII. — ATTRACTION UNIVERSELLE
& des étoiles très-distantes les unes des autres, telles que Y et a de Céphée, !f du Cygne, a de la Lyre, i d'Hercule, c du Dragon, ainsi qu^on peut le voir sur la carte céleste de r hémisphère boréal (fig. 102, 1. 1, p. dâ6). Le mouvement du pôle s'accomplit en 25,765 ans, si on admet 50^'. 3 pour la valeur de la précession des équinoxes donnée par les plus récentes observations, et 25,870 ans si on prend 50^^ pour exprimer la précession eo nombre rond.
C'est à Hipparque que revient Thonneurde la découverte de la précession des équinoxes ; il signala toutes les conséquences de ce mouvement avec une parfaite netteté.
Pour expliquer le mouvement de précession, deux théories se présentent k Tespril ; Tune consiste à supposer, dans Thypothèse de Timmobililé de la Terre, que la ligne d'intersection de son équateur avec Técliptique reste fixe et que l'ensemble des étoiles éprouve de Torient à l'occident un déplacement d'environ 50'^ par an. Dans Pautre supposition, l'axe du monde circulerait autour du pôle de l'écliptique en entraînant l'équateur qui lui est perpendiculaire, et dès lors en changeant tous les ans de 50'' la direction de l'intersection de ce plan avec le plan de l'écliptique.
Quand on a eu le malheur, en cherchant l'explication des phénomènes naturels , de s'engager dans une fausse route^ chaque observation précise jette le théoricien dans de nouvelles complications. Sept sphères de cristal emboîtées ne suffirent plus à la représentation des phénomènes, aussitôt que l'illustre astronome de Rhodes eut découvert la précessîon. 11 fallut alors une huitième
sphère pour rendre compte d'un mouvement auquel toutes les étoiles participent à la fois.
Après avoir arraché la Terre à sa prétendue immobilité, Copernic, au contraire, satisfit d'une manière trèssimple aux circonstances les plus minutieuses de la pré* cession. Il supposa que Taxe de rotation de la Terre ne reste pas exactement parallèle à lui-même; qu'après chaque révolution entière de notre globe autour du Soleil cet astre s'est dévié d'une petite quantité; en un mot, au lieu de faire marcher d'une certaine manière l'ensemble des étoiles circompolaires à la rencontre du pôle, il fit marcher le pôle à la rencontre des étoiles. Cette hypothèse débarrassa le mécanisme du monde de la plus grande complication que l'esprit de système y eût introduite.
Mais la précession des équinoxes ne s'effectue pas aussi simplement qu'on l'avait supposé avant l'invention des lunettes. Après avoir appliqué aux positions des étoiles les corrections dépendantes de l'aberration de la lumière, Bradley parvint à mettre en évidence des variations consistant en ce qu'une même étoile, après s'être rapprochée du pôle boréal, s'en éloigne ensuite ; il vit que les changements lents observés pour une certaine étoile s'accordaient avec ceux de même nature observés pour toutes les autres. L'illustre astronome pensa que ces variations devaient provenir de ce que l'axe de la Terre éprouvait une oscillation de part et d'autre de sa position moyenne. Cette oscillation périodique a été nommée la nutation.
Voilà donc une nouvelle complication dans la marche de la Terre à travers l'espace dans sa course annuelle
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autour du Soleil , et sa rotation diurne autour de Taxe de ses pôles. Supposons que S étant le Soleil , la courbe MN soit récliptique (fig. 321) et EE la ligne équinoxiale ou
Fig. 3il. -- Précession des équinoxcs.
l'intersection du plan de Fécliptique avec le plan de l'équateur du monde; menons une perpendiculaire SV au plan MJN ; cette perpendiculaire sera l'axe del'écliptique. Supposons la Terre en T en un moment donné; menons par le point T une parallèle TV à SV ; l'axe de rotation de la Terre sera alors une ligne TP, l'angle V'TP étant la valeur de l'inclinaison de l'équateur terrestre sur récliptique; la ligne E'E' parallèle à EE sera la trace de l'équateur terrestre dans récliptique.
Eh bien , si le phénomène de la précession des équi- ' noxes n'avait pas lieu, lorsque la Terre dans sa course autour du Soleil dans le sens de la flèche aft, reviendrait
en T, un an après Tinstant d'abord considéré, l'axe des pôles de notre globe se retrouverait en TP. Il n'en est pas ainsi, et c'est là la découverte d'IIipparque. L'axe des pôles terrestres est après un an TP'; par conséquent la trace de Péquateur terrestre est nécessairement e' e\ et la ligne équinoxiale ee^ parallèle à e' e\ a rétrogradé. Kn outre, raiigle V'TP' fait par l'axe des pôles terrestres avec l'axe des pôles de l'écliptique , ne reste pas absolument égal à lui-même. Cet angle tend en moyenne à diminuer quelque peu , à devenir moindre que la valeur observée au milieu de ce siècle ( u que 23'* 27' 30" ; sa variation séculaire est de 48'', par conséquent sa variation annuelle de 0".48. Mais en outre, cet angle éprouve une variation autour de la valeur moyenne qu'il a pendant un siècle. Il s'écarte tantôt en plus, tantôt en moins de la valeur moyenne d'une quantité qui s'élève jusqu'à 9". 65. Au lieu de décrire sur la sphère étoilée une courbe GH (fig. 322) autour du pôle V de l'écliptique dans un temps de 25,000 à 26,000 ans, le pôle P rétrograde en tournant sur une petite ellipse xr\j$ dans l'espace d'environ 18 ans deux tiers; le grand axe de cette çllipse taest de 19".3 et son petit axe xy de 14"./|. Le pôle revient en .s chnciue fois que le nœud ascendant de la Lune se trouve à l'équinoxe du printemps (liv. xxi, chap. i, t. m, p. 377), et on voit là une analogie de mouvements qui doit faire penser qu'il y a peut-être identité entre les causes qui les produisent. La nutation de l'axe de la Terre consiste en ce (|ue cet axe au lieu d'être dirigé suivant TP l'est successivement suivant les lignes T&-, X^;, Tr, Ty et les lignes intermédiaires. L'angle