‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 8 sur 588 · LIVRE XXIM. ^ ATTRACTION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

LIVRE XXIM. ^ ATTRACTION UNIVERSELLE

intense qaMI ne put vérifier son oalcal et qu*fl M obligé de confier ee soin à un de ses amis.

L'idée de faire dépendre d'un prindpe nni^ie tous les phénoroèflies de l'univers A'était pas nouvelle. On la retrouve dans tous les ouvrages physiques d' Arirtote. « Mais, conime le fait remarquer mon ami Alexaadre de Humbo4dt , rétat faaiparfait de la seimce , Tigneranee Mi Vûm était à cette époque de !a méthode expérimentale , qui consiste à susciter les phénomènes dans des conditions déterminées y ne permettait pas d^embrasser le lien de causalité qui ui^ ces phénomènes, même en les divisant en groupes peu nombreux. Tout se bornait aux oppoei** tiens sens cesse renaissantes du froid et do chaud , de la sécheresse et de Thumidité, de la raréfaction et de la dmâté primitive, et aux altérations produites dans le monde matériel par une sorte d'antagonisme intérieur, cpri rappelle les hypothèses modernes des polarités oppo* sées et le eontraete du plus et du moins. •

Platon a eu de fattraction universelle une idée moins confuse qu' Aristote , nais le grand philosophe n'a pas saisi Funité du système du monde. « Il a bien vu , dit M. Th. H. Martin dans son beau travail sur le Timée^ que le globe terrestre est de tous cdtés un centre d'attrac* tion pour les corps pesants qu'on en détache. Il a bien prouvé, contre Anexagore, qu'aucun hémisphère n'est le haut ou le bas, plutdt que Thémisphère opposé. Mais, voyant que le flamme se dirige vers le ciel, il n'a pu croire qu'elle fût attirée vers le même centre que Teau ou les pierres. En conséquence , il admet que les choses de m6me nature s'attirent mutuellement. » Suivant Platon ,

il y a quatre espèces de corps, et pour chacune de ces quatre espèces existe une régipn particulière où se trouve la masse principale de chacune d'elles , et où toutes les particules de même nature, éparses dans Tunivers, tendent à se réunir.

L'idée de symétrie efface Tidée d'attraction chez la plupart* des philosophes grecs ; les stoïciens^ les épicuriens, les péripatéticiens s'accordent à penser que les corps tendent vers le centre du monde , mais ils admettent que les plus légers sont obligés de céder la place aux plust lourds. La belle découverte d'Archimède, qui reconnaît que tout corps plongé dans l'eau perd de son poids une quantité égaie au poids d'un volume d'eau égal au sien, ne fait qu'apporter une nouvelle confusion dans l'opinion des philosophes, et Cicéron ne sait pas si la flamme et l'air qui s'élèvent ne sont pas repoussés par les corps les plus lourds ou attirés naturellement vers les régions supérieures. «Quant à Ptolémée, dit M. Th. H. Martin, renouvelant le système de Platon, il soutenait dans son Traité de la chute des corps, cité par Siinplicius, qu'il y avait quatre régions où la masse de chacun des quatre éléments de la nature tendait à se réunir, que la pesanteur était l'effort produit par cette tendance , et qu'ainsi chaque espèce de corps dans sa région propre , par exemple l'eau dans la mer, était dépourvue de toute tendance au déplacement, c'est-à-dire de toute pesanteur, et il invoquait l'expérience des plongeurs qui ne sentent pas le poids de l'eau. »

Plutarque a introduit dans le système de Platon une heureuse modification. Du principe de l'attraction des

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semblables» il conclut que le tout attire la partie ; qu'ainsi la Terre attire les substances terrestres, la Lune les substances lunaires , le Soleil les substances solaires , et de même pour tous les autres corps célestes. Il ne va pas cependant jusqu'à admettre que les corps célestes s'attirent les uns les autres, mais il sent qu'il y a lieu d'examiner pourquoi la Lune ne tombe pas sur la Terre ; je prends la traduction d'Âmyot :

t Et toutefois, il y a le mouvement de la Lune qui , en garde qu'elle ne tombe, et la violence de sa révolution , ne plus ne moins que les pierres et cailloux, et tout ce que l'on met dedans une fronde sont empeschés de tomber ' parce qu'on les tourne violemment en rond. Car chaque corps se meut selon son mouvement naturel , s'il n'y a autre cause qui l'en détourne. C'est pourquoi la Lune ne se meut point selon le mouvement de sa pesanteur, estant son inclination déboutée et empeschée par la violence de sa révolution circulaire. •

L'idée de la gravitation se précise d'âge en âge. Nous venons de voir les idées de Platon et d'Aristote, &00 ans avant notre ère. Au vi* siècle, Simplicius exprime d'une manière générale cette pensée que l'équilibre des corps célestes tient à ce que la force centrifuge a la haute main sur la force qui attire ces corps vers les régions inférieures. Vers le même temps , Jean Philopon , . élève d* Ammonius Herméas , attribue le mouvement des planètes à une impulsion primitive et à un effort constant pour tomber. Copernic , au milieu du xvi* siècle , estime que la gravité est une attraction naturelle qui fait de chaque corps céleste un centre agissant sur le reste de

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r univers. C'est là une vue nouvelle, claûreinent exposée , que bientôt Kepler soumet pour la prenuère fois ati calcul. Mais r illustre auteur des lois des mouvements planétaires ne peut que doikner une appréciation inexacte de la gravitation réciproque de la Terre et de la Lune , siûviait le rapport de leurs masses. En eflet, convne le remarçie Delambre, t par une distraction , ou plutôt par une prénccupation difTicile à concevoir, Kepler crut que rattraetion devait décroître en raison de la sitiiple distance, quoiqu'il eût solidement établi que Tintensité de la lumière diminue en raison des surfaces sur lesquelles elle se distribue, c'est-à-dire en raison du carré de la distance* » C'est ainsi que Kepler a laissé à Newton la gloire de trouver la cause physique capable de faire parcourir aux j^anètes des courbes fermées, et de placer dans des forcea le principe de la conservation du monde.

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