‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 14 sur 347 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

disant que si la Terre tournait la tourterelle n'oserait plus s'élever de son nid, car bientôt elle perdrait inévitablement la vue de ses petits.

Mais la réponse à l'objection que nous examinons, sous quelque forme qu'on la présente, est d'une extrême simplicité. Personne n'a prétendu, en effet, que la Terre dans son mouvement de rotation n'entraînât pas l'atmosphère avec elle, et que sauf l'action des vents et des courants, les molécules matérielles dont cette atmosphère gazeuse se compose, ne participassent pas aux mouvements de la partie solide de notre globe avec laquelle elles sont immédiatement en contact. Personne n'a supposé, non plus, que le mouvement de ces molécules gazeuses, en contact avec la Terre , ne se soit pas communiqué aux couches superposées jusqu'aux dernières limites de l'atmosphère.

Ainsi l'objection est sans valeur.

J'examinerai maintenant avec toute liberté, sans aucune réticence, une difficulté jadis célèbre, empruntée à une source respectable, à l'Écriture sainte.

Josué, prétendait-on dans les temps d'ignorance, n'aurait pu commander au Soleil de s'arrêter, si cet astre n'avait pas marché. En raisonnant de la même manière, on pourrait afDrmer que les astronomes d'aujourd'hui ne croient pas au mouvement de la Terre, car ils disent généralement, le Soleil se lève, le Soleil passe au méridien, le Soleil se couche ; leur langage est d'accord avec les apparences, sans cela ils ne seraient pas compris. Si Josué s'était écrié : «Terre, arrête -toi! » aucun des soldats de son armée n'aurait certainement su ce qu'il

voulait dire. Il faut remarquer que la Bible n'est pas un ouvrage de science, que le langage vulgaire a dû y remplacer souvent Je langage mathématique : ainsi on voit quelque part un passage dans lequel il est question d'un vase circulaire , qui a un pied de diamètre et trois pieds de circonférence ; or, tout le monde sait qu'un cercle d'un pied de diamètre a plus de trois pieds de circonférence ; ajoutons même que la circonférence du vase en question n'aurait pas pu être assignée mathématiquement , alors même qu'on eût consenti à mettre 150 décimales à la suite du chiffre 3, puisqu'il n'existe pas de commune mesure entre la longueur du diamètre d'un cercle et celle de la circonférence qui le termine.

Ces vues sur les objections tirées du texte de la Bible, sont maintenant admises par les personnes les plus pieuses, même dans la capitale du monde catholique.

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