LIVRE XXI. - LA LUNE
Les petits cratères, suivant rastronome de Lilienthal, seraient plus modernes que les grands. Il croit même en avoir vu un se former pendant ses observations dans l'enceinte d'Hévélius.
Le cratère de Tycho se distingue des autres par des circonstiances qui en font un type à part.
Des raies brillantes partent des bords de ce cirque, comme d'un centre commun , et se prolongent à des distances plus ou moins considérables.
Ces sillons brillent du même éclat que les bords et le centre du cratère. Il faut donc supposer qu'ils sont formés de la même matière. *
.Comme diverses circonstances ne permettent pas d'expliquer ces longues lignes lumineuses par des torrents de lave, on est obligé de les attribuer à des matières lancées de l'intérieur de la Lune à l'époque de la formation de Tycho.
Ce serait, qu'on me pardonne ce rapprochement, une série de blocs erratiques qui , en tombant sur la surface lunaire, auraient formé des lignes continues.
On peut faire de très-sérieuses objections contre une pareille explication de la longueur considérable des sillons lumineux, quoique sur la Lune la force de projection volcanique doive produire de plus grands effets, en raison de l'absence presque absolue d'une atmosphère, et de la faiblesse de la pesanteur à la surface de notre satellite.
Un observateur anglais, M. Nasmyth , s'est probablement plus approché de la vérité, en assimilant le phénomène offert par le cratère de Tycho et par les rayons divergents qui partent de ses bords , , à ces cassures
m ASTRONOMIE POPULAIRE.
ctoilées que présentent quelquefois les carreaux de vitre lorsqu'ils ont été frappés par une pierre de petite dimension, ou même par une balle de fusil.
La force de percussion provenant de Tintérieur de la Lune, à laquelle on peut attribuer la formation de Tycho^ aurait ainsi produit à la surface compacte environnante de la Lurie, les sillons en rayons divergents, à travers lesquels, la matière inférieure, très-réfléchissante, analogue à celle dont les parois et le fond du cratère sont formés, serait venue apparaître au jour.
MM. fieer et Maedler, en^ s' occupant de ce même objet, ont adopté Topinion, peu compromettante, que les rayons brillants résuttetit de modifications dans la iiature de la surface, {)r*oduites par les mêmes causes qui ont soulevé des cratères.
Tout ce qui peut nous éclairer sur là manière dont ie relief de la Lune a été formé est très-digne d'intérêt.
Il est des régions où Ton est parvenu à discerner des traces manifestes de stratification.
Schrœter rapporte que dans les gi'ands'creux, comme ClavinSy Schf'încr, Arzachet^ Agrippa^ surtout ddiUS Copernic^ oh distingue des traces de plusieurs couches horizontales superposées.
Sir John tlerschel nous apprend aussi qu'en se servant de puissants télescopes, il est parvenu à apercevoir, çà et là, des divisions semblables à celles qui, sur la Terre, marquent les dépôts successifs et superposés des matières volcaniques.
Pouf expliquer comment notre satellite, en circulant autour de là Terré, nous présente toujours la même face,